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La deuxième phase du quinquennat
<B>AU LENDEMAIN </B> de la formation du gouvernement Raffarin III, Alain Juppé a estimé que Jacques Chirac, qui devait s?exprimer hier soir à la télévision, entamait ?une deuxième phase de son quinquennat? et devait ?s?investir plus encore dans la conduite des affaires intérieures?.
?Jacques Chirac entame aujourd?hui une deuxième phase de son quinquennat. Il est important d?ailleurs qu?il donne l?élan nécessaire?, a déclaré le président de l?UMP sur Europe 1.
Pour Alain Juppé, ?on a peut-être sous-estimé le changement institutionnel du quinquennat?. ?Aujourd?hui, le président de la République est en première ligne et je souhaite de tout coeur qu?il assume pleinement ce rôle en montrant le cap, en donnant le rythme des réformes et en expliquant aux Françaises et aux Français pourquoi il faut évoluer, s?adapter et le bénéfice que nous en tirerons dans notre vie quotidienne. C?est le rôle du chef de l?Etat?, a expliqué l?ancien Premier ministre, un proche de Jacques Chirac.
Durant la première moitié du quinquennat, a jugé Alain Juppé, Jacques Chirac ?a été en première ligne dans toutes les affaires internationales avec le succès et le brio que l?on sait?. ?Il doit s?investir plus encore dans la conduite des affaires intérieures?, a-t-il insisté.
Interrogé sur la durée de vie du gouvernement Raffarin III, Alain Juppé a dit espérer ?de tout coeur qu?il est là pour trois ans?.
?Ce gouvernement bien constitué comporte beaucoup d?hommes de valeur?, a-t-il dit, estimant notamment que ?Nicolas Sarkozy saura donner à la politique économique plus de lisibilité? et qu??il est bon que Dominique de Villepin, après avoir fait ses preuves au ministère des Affaires étrangères, entre un peu dans la politique intérieure?.
Il a aussi salué François Fillon, ?qui a réussi la réforme des retraites? et ?saura rétablir le dialogue avec les enseignants?, et Philippe Douste-Blazy, qui ?a déjà été à la santé et peut apporter une vision très intéressante sur la réforme de l?assurance maladie?.
Alain Juppé a mis l?accent sur la poursuite nécessaire des réformes, en dépit de la défaite électorale aux régionales. ?Les régionales, cela ne consiste pas à substituer à un gouvernement de la droite et du centre un gouvernement de gauche, ne dénaturons pas ces élections?, a-t-il lancé.
Il a affirmé qu??aujourd?hui la France a le choix entre l?immobilisme compassionnel de la gauche et l?évolution dans la sécurité?.
Il a toutefois reconnu que la droite au pouvoir depuis 2002 avait ?commis des erreurs?, comme mener la réforme de l?allocation spécifique des chômeurs, ?laisser pourrir? le conflit des intermittents du spectacle ou laisser s?instaurer un ?malentendu? entre les pouvoirs publics et les chercheurs.
Mais, a-t-il insisté, ?le casting (gouvernemental) n?est pas fondamental?. ?Ce qui compte, ce n?est pas les hommes, c?est le projet de remettre la France au premier rang des grandes nations dynamiques et en croissance?.
?Le seul filet de sécurité pour les Français, qui sont en désarroi et qui ont raison d?être en désarroi, c?est de créer des emplois, de réhabiliter le travail?, a-t-il expliqué. ?Il faut continuer à l?expliquer. Le rôle d?un responsable politique, ce n?est pas de renoncer mais de s?améliorer?, a-t-il dit.
Alain Juppé s?est par ailleurs employé à tordre le cou à la rumeur d?une guerre qui l?opposerait, en coulisses, à Nicolas Sarkozy.
?On est dans un monde aujourd?hui où un certain nombre de médias qui mènent un combat contre nous semblent détenir la vérité. Je n?ai aucune hostilité vis à vis de Nicolas Sarkozy, je travaille avec lui depuis vingt ans, ça a été un ministre de l?Intérieur tout à fait remarquable et je suis très heureux qu?il soit à Bercy parce qu?il va apporter son dynamisme et sa capacité pédagogique?, a déclaré le président de l?UMP.
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