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La deuxième chance
?Nous voulons un nouveau départ dans la vie.? Ce que demandent ces hommes réunis au centre d?accueil de Terre-Rouge, c?est d?avoir droit à une seconde chance. ?Nous avons fait des erreurs graves dans le passé. Nous avons eu des problèmes avec la drogue et l?alcool mais nous essayons aujourd?hui de nous en sortir. Nous assumons nos erreurs, Nous ne sommes pas parfaits mais nous voulons retrouver notre dignité?. La dignité pour ces hommes menant un dur combat contre la tentation de replonger dans le gouffre de la dépendance, c?est de pouvoir retrouver un travail. Le centre d?accueil s?est fixé pour mission de réhabiliter et de réintégrer ces hommes au sein de la société. Composé d?une équipe d?animateurs, le centre offre un traitement médical ainsi que thérapeutique. ?Nous proposons ce programme deux fois par semaine puis nous augmentons le traitement petit à petit. Nous avons aussi des pensionnaires à demeure,? nous dit le directeur José Ahchoon. La plupart des animateurs sont eux-mêmes des anciens alcooliques ou drogués ?Nous savons par quel enfer les personnes qui viennent nous voir sont passés. On sait ainsi comment leur insuffler du courage pour continuer à se battre.?
<B>Un stage en trois phases</B>
Frère René de St Jean de Dieu travaille avec un groupe de vingt personnes ?Le stage au centre se fait en trois phases. Il y a d?abord la rencontre avec les organisateurs et une séance d?écoute. Puis nous commençons le programme de réhabilitation et en dernier, le stage de réinsertion qui est le plus difficile.? dit-il. ?La réinsertion est l?étape la plus difficile car éviter de replonger dans le piège de la drogue demande un effort parfois surhumain,? explique Judex Deruisseau, responsable du programme . Les animateurs prônent un retour à la vie normale par le travail. ?Sans travail, c?est dur de s?en sortir. Les ex-toxicomanes au chômage n?ont pas d?occupation à plein temps. L?inactivité augmente le risque de rechute. Les anciens drogués, au même titre que les handicapés, devraient avoir droit à la chance d?obtenir un emploi.? ajoute Judex. Mais pour obtenir un emploi, il faut un certificat de moralité. Ceux qui suivent un stage au centre en sont conscients. ?Sans certificat de moralité, pas de travail, mais avec un passé de drogué, les firmes ne veulent pas nous embaucher. Elles ne nous font pas confiance.? L?envie de chercher un travail diminue car ils sont mal accueillis dans les entreprises. Un nombre important de rechutes est due aux étiquettes collées aux anciens alcooliques et drogués ?Nous sommes les oubliés de la société ?, disent-ils. ?Mo femme travaille, moi mo péna ène l?emploi. C?est ène situation difficile mais mo combat bizin continué.? Cet homme de 40 ans, père de deux enfants, vient chaque samedi se faire aider au centre. Au fond de sa détresse, il sait qu?il a envie de travailler pour subvenir aux besoins de sa famille. Question de dignité. Pour rappel, le centre d?accueil a ouvert ses portes le 1er mai 1986. Le programme était alors financé par deux organismes allemands. Aujourd?hui, le centre d?accueil est parrainné par la Natresa. ?L?objectif est simple, il consiste en la réhabilitation et la réintégration dans la société Nous apprenons à ces gens à faire face aux difficultés de la vie quotidienne. Nous avons sur place un médecin qui prodigue un traitement. Nous avons aussi un programme de motivation avec la participation des proches et nous nous efforçons de leur offrir des loisirs sains,? déclare le directeur.
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