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La deuxième phase du VRS deux fois plus chère que prévu

15 novembre 2006, 00:00

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La campagne sucrière aura une couleur différente en 2007. L?industrie entre directement dans la réalisation de son plan de réforme au coût global de Rs 25 milliards. Dès l?entrecoupe, il est question de démarrer avec le deuxième volet du plan de retraite volontaire. Le coût , deux fois plus chère que prévu, sera supérieur à Rs 3,6 milliards pour les 6 000 employés ciblés, tant pour la compensation, les coûts sociaux et les infrastructures.

Cet aspect est longuement abordé dans la stratégie d?adaptation pluriannuelle de l?industrie sucrière portant sur la période 2006 à 2015. Le document, rendu public ce mois-ci, a été déjà soumis à l?Union européenne (UE). Il jette les nouvelles bases de l?industrie de la canne dans le sillage de la réforme du régime sucrier européen, frappé d?une baisse de 36 % du prix garanti en 2009-2010. Maurice, fournissant 38 % du quota du groupe Afrique, Caraïbes et Pacifique, est le plus touché en termes de baisse de revenus.

Ainsi, le ministère de l?Agro-industrie indique que la deuxième vague de retraite touchera quelque 6 000 employés. ?Le coût du nouveau Voluntary Retirement Scheme (VRS) sera supérieur à Rs 3,6 milliards. La compensation en cash sera déboursée la première année. Les frais des infrastructures (morcellement) et sociaux seront consentis pendant les deux prochaines année?, est-il dit dans le plan stratégique.

Ce coût initialement estimé à 47 millions d?euros a plus que doublé car l?Etat s?attend à un plus grand nombre d?employés prêts à accepter le VRS. Qui plus est, le prix pour l?aménagement des infrastructures (les morcellements pour ces retraités), a pris l?ascenceur.

Ce qui explique donc l?urgence à baisser les coûts de production. L?allègement du budget salarial est par conséquent une étape cruciale pour les propriétés, les grands et les petits planteurs, s?ils adhèrent pleinement au plan de regroupement. Au fur et à mesure que la mécanisation s?étendra, le recours à la main-d??uvre sera de moins en moins nécessaire. La finalité du VRS est de ramener la masse d?employés à un niveau raisonnable. En ce faisant, l?industrie aura à sa disposition une main-d??uvre plus flexible.

Réduction de l?âge de retraite

Pour le premier VRS, elles étaient 8 000 personnes à y avoir opté. La Banque de Maurice avait avancé une ligne de crédit de Rs 2,4 milliards aux établissements sucriers via les banques commerciales alors que le coût global a été de Rs 3,4 milliards.

Le financement du deuxième VRS proviendra des mesures d?accompagnement de l?UE à hauteur de 70 %. Et le reste viendrait, selon le document, de l?industrie sucrière. Deux options sont à l?étude : l?extension de la ligne de crédit de la Banque de Maurice ou à travers des emprunts des producteurs.

Qu?est-ce qui change ? L?âge de la retraite est réduit, passant de 50 ans à 45 ans pour les femmes et de 55 à 50 ans pour les hommes. Ils percevront chacun une compensation représentant deux mois de salaires par année de service. En ce qui concerne ces employés désireux de quitter l?industrie, ils seront dédommagés à un taux fixe de 1,5 mois par année de travail.

Par ailleurs, la centralisation et cette deuxième vague de VRS entraîneront la perte de 7 164 emplois au sein de l?industrie sucrière. La main-d??uvre passera donc à 34 191, selon les estimations contenues dans le rapport. La fermeture des sept usines aura pour conséquence une réduction du personnel par 1 200 emplois bien que l?expansion de l?usine de Savannah apportera son lot d?emplois sans oublier la construction de deux nouvelles centrales thermiques.

Par ailleurs, l?industrie emploie quelque 3 000 personnes dans le transport. Et 15 000 à 20 000 personnes trouvent indirectement leur gagne-pain grâce à l?industrie du sucre. Avec l?exécution du plan, il est question de s?assurer que la grande majorité de ces emplois soit sauvegardée.

Des pertes d?emploi sont aussi prévues dans le sillage de la refonte des organisations financées par l?industrie. Le document fait mention d?un ?petit nombre de pertes d?emplois? difficile à quantifier à ce stade.

DÉRIVÉS DE LA CANNE

Ethanol, palliatif de l?essence

■ Le plan stratégique aborde également la production d?éthanol à partir de la mélasse et du jus de canne pour réduire la dépendance du pays au pétrole. Le document analyse différents cas de figure, en tenant compte du prix du baril sur le marché mondial. Dans un contexte de hausse de prix du pétrole, l?éthanol gagne en importance. Car il est plus que jamais question de le mélanger avec de l?essence. D?ailleurs, des tests ont déjà été effectués à Maurice. Le document fait ressortir que la mélasse produite localement, soit 120 000 tonnes, est suffisante pour assurer un mélange à hauteur de 20 % avec l?essence.

Cependant, produire de l?éthanol directement du jus de canne sera tributaire du prix du pétrole. Selon les rédacteurs du document, le baril du pétrole sur le marché mondial devra être de 83 dollars pour que ce processus soit viable dans un contexte de baisse de prix de 36 %. Sur le volet investissement, le document souligne qu?un montant de Rs 540 millions sera nécessaire pour la mise en place de deux unités de production pour l?éthanol hydraté et déshydraté.

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