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La dernière marche de « Dalida »

24 avril 2005, 00:00

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À l?époque, on l?appelait Dalida. À chaque fois que Monique se produisait sur scène, on l?acclamait, on l?adulait. Moi qui n?étais qu?un gosse, je pleurais en coulisses car je voulais chanter avec elle », confie Mario Armel, avec un sourire triste. C?est ainsi que le chanteur de variétés qui fête cette année ses 40 ans de carrière pleure sa s?ur aînée, Monique Paul, 63 ans, disparue dans un tragique accident, survenu mardi dernier à cité Vallijee.

C?est Monique qui lui a insufflé le feu sacré de la chanson. Dans le village, elle était demandée pour animer tous les bals, les anniversaires et autres fêtes.

« C?était une femme joviale qui aimait les courses de chevaux et qui portait le pantalon. Elle avait les cheveux courts. D?ailleurs, quand nous étions plus jeunes, les gens se trompaient souvent et la prenaient pour moi », raconte le chanteur.

Il frissonne encore en se remémorant le récit des témoins présents lors de l?accident. Monique Paul était allée rendre visite à une de ses tantes qui habite à cité Vallijee. Comme d?habitude, elle a pris l?autobus qui l?a déposée à quelques mètres de la cité. Selon les témoins, Monique a traversé la route en dehors du passage clouté. Elle avait déjà posé un pied sur le trottoir lorsque soudain, le drame s?est produit.

<B>La sexagénaire est projetée en l?air</B>

Une voiture arrivant à toute allure la heurte de plein fouet. Sous le choc, la sexagénaire est projetée en l?air puis retombe par terre avec un bruit sourd. Encore abasourdie par le choc, Monique n?a pas le temps de se relever. Une secon-de voiture lui passe sur le corps. À l?hôpital Jeetoo, on ne peut que constater son décès, causé par des blessures multiples.

La première voiture qui l?a heurté s?est arrêtée quelques mètres plus loin.

« D?après les témoins, le conducteur est allé garer son véhicule près de Dry Cleaning. Puis il est revenu sur le lieu de l?accident. Lorsqu?on lui a posé des questions, il a affirmé qu?il n?avait heurté personne. »

Le conducteur n?a pas modifié sa version. Il a expliqué aux policiers que la victime a été heurtée par une voiture qui le précédait. Le deuxième conducteur impliqué dans l?accident, a, quant à lui, affirmé à la police qu?il n?avait pas pu éviter la dame parce qu?elle s?était retrouvée sur la chaussée. « Nous attendons les résultats de l?enquête pour déterminer qui a réellement provoqué la mort de cette dame », explique un enquêteur. Les chauffeurs, libérés sous caution, ont été inculpés d?homicide involontaire.

Cette situation exaspère les familles Paul et Armel, réunies dans le deuil pour la troisième fois en un an et demi. « Nous avons perdu notre mère en août 2003. Quel-ques mois plus tard notre oncle l?a suivi dans la tombe. Aujourd?hui, c?est au tour de ma s?ur », soupire Mario Armel. Il lance un appel aux deux chauffeurs impliqués dans l?accident pour qu?ils reconnaissent leur responsabilité. « La famille souffre beaucoup de cette disparition. Il est triste pour nous de constater combien certaines personnes peuvent se montrer insensibles, face au malheur des autres. »

Et les exemples ne manquent pas, affirme Mario Armel. Ainsi, à l?hôpital, lorsqu?il est venu pour récupérer le corps de sa s?ur. « Nous étions seuls devant son corps recouvert d?un drap blanc. Il n?y avait personne pour nous expliquer ce qui s?était passé. Des infirmières nous voyant venir, nous ont lancé :?tou sa dimounn la kot pe ale là ?? J?ai gardé mon sang-froid mais je leur ai lancé une réplique bien sentie. »

Stefano Paul, le dernier enfant de Monique, regrette, lui, qu?une radio ait insinue que sa mère était sous l?influence de l?alcool au moment de l?accident.

« Ma mère était diabétique, l?alcool lui était donc interdit. Je conseille à ces personnes de prendre la peine de mieux s?informer avant de dire n?importe quoi à la radio. »

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