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La dernière carte de Navin Ramgoolam

8 mai 2004, 20:00

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«La révision des attributions de la commission ne relève pas de celle-ci. C?est un problème d?ordre politique. En tant que leader de l?opposition, vous pouvez utiliser vos prérogatives pour convaincre le président de la République de revoir les attributions actuelles de la commission », explique Robert Ahnee, président de la commission d?enquête sur la gestion du site d?enfouissement technique de Mare-Chicose, à Navin Ramgoolam, leader de l?opposition.

Nous sommes le vendredi 7 mai. Il est treize heures passées de quelques minutes. Navin Ramgoolam, vêtu élégamment d?un complet noir, entre dans la salle d?audience située au neuvième étage de Max City Building, Port-Louis.

Un peu plus tôt, deux membres du Parti travailliste, Kailash Purryag et Joy Beeharry, se sont installés dans la salle.

Leur leader, Navin Ramgoolam, a rendez-vous avec le commissaire. Cette commission d?enquête, c?est un peu le bébé de Navin Ramgoolam. Elle a été instituée le 16 mars aux termes de sa Private Notice Question sur Mare-Chicose.

Ce jour-là, Navin Ramgoolam n?était pas convaincu des explications du gouvernement sur l?annulation de l?attribution du nouveau contrat de gestion du site. «Si tout cela ne sent pas la corruption, c?est quoi alors? !» Sa demande est immédiatement agréée.

«Sur la base des explications que vous avez données lors de la comparution de Madan Dulloo devant la commission, il m?a été donné de comprendre que les travaux de la commission ne toucheront pas le volet concernant l?annulation de l?exercice d?attribution du nouveau contrat.»

Les travaux de la commission traitent de la gestion du site d?enfouissement de 1997 à l?expiration du contrat en septembre 2003. Comme cela a été le cas, mercredi, pour Madan Dulloo, Navin Ramgoolam va égrener les raisons pour lesquelles, il est convaincu que les attributions de la commission devraient être étendues à la période suivant l?expiration du contrat du gestionnaire actuel, la Société de traitements et d?assainissements des Mascareignes (Stam) en septembre 2003.

Le président de la commission va l?écouter avec une attention quasi religieuse, comme s?il allait se laisser convaincre par les arguments de Navin Ramgoolam.

Mais Robert Ahnee est un ancien juge de la Cour suprême. Un homme du judiciaire qui connaît parfaitement la ligne de démarcation entre le judiciaire et la politique. Les procédures n?ont pas de secret pour lui. Son franc- parler que l?on peut facilement confondre à de l?autoritarisme est empreint de fermeté. «Je ne peux pas aller au-delà de mes attributions.» Il précisera à Navin Ramgoolam qu?il est prêt à accorder à celui-ci du temps pour qu?il défende son point de vue auprès du président de la République.

Les deux hommes se mettent enfin d?accord sur une date. Rendez-vous est pris pour le lundi 17 mai à 13 heures. Navin Ramgoolam acquiesce. Il se retire. Vont le suivre, Kailash Purryag, ex-vice Premier ministre de Navin Ramgoolam et les avocats Joy Beeharry et Sanjay Buckhory.

La porte s?ouvre. C?est Rama Valayden. Il a aussi rendez-vous avec la commission. Il est 13 h 22. Avec lui, pas de quartier. Il entre dans le vif du sujet. Il soumet des documents pour soutenir chacun de ses arguments. Sa déposition passe comme une lettre à la poste tant dans la forme que dans le fond. Il estime que l?annulation de l?exercice d?attribution du nouveau contrat de gestion du site a causé des préjudices au pays tant sur le plan financier que sur le plan de l?environnement.

Demander une commission d?enquête, c?est une chose. Mais l?obtenir sans la garantie que ses attributions permettent d?aborder les aspects sur lesquels on s?interroge, c?est comme si on remettait un chèque en blanc à quelqu?un. Il ne reste plus que huit jours à Navin Ramgoolam pour jouer sa dernière carte.

<B>« L?annulation de l?exercice d?attribution du nouveau contrat de gestion du site a causé des préjudices au pays »</B>

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