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La der de Galfione
Comme pour boucler la boucle, Jean Galfione a choisi Helsinki, où il a conquis sa première médaille (bronze) internationale en plein air aux Championnats d?Europe 1994, pour disputer le dernier concours de sa carrière de perchiste, lors des Mondiaux d?athlétisme qui débutent samedi.
À 34 ans, l?ancien champion olympique (1996) rangera définitivement ses perches après les qualifications, mardi, ou la finale, jeudi. Il pourra ensuite se consacrer à plein temps à son nouvel emploi de préparateur physique du K-Challenge, le défi français pour la Coupe de l?America à la voile.
D?ici là, l?heure n?est pas à la nostalgie. ?Evidemment, j?ai conscience que ça va me faire drôle, mais seulement quand je sortirai du stade, assure-t-il. Je rentrerai pour aller à la ?baston?, pas pour aller serrer les mains des potes et dire au revoir.?
Son jubilé attendra, sans doute, l?hiver prochain. Le Parisien s?entraîne ?à fond? pour ne pas rater l?occasion de finir en beauté.
?Dans ces moments-là, j?arrive à me transcender, alors pourquoi pas maintenant ? ajoute-t-il. Je suis capable de passer les qualifications, qui se joueront probablement autour de 5,70 m. Après, lors des derniers meetings ça n?a pas sauté très haut, donc les podiums pourraient se jouer à 5,80, 5,85 m.?
?Les 6 m c?était magique?
Cette saison, il n?a pas fait mieux que ses 5,75 m de Saint-Étienne le 10 juillet, synonymes de billet pour la Finlande. Mais c?est justement avec un bond à 5,85 m qu?il avait remporté son premier bronze européen à Helsinki, il y a 11 ans. ?C?est drôle, j?ai sorti la photo d?une boîte il y a trois jours en cherchant un portrait?, raconte Galfione, également revenu bronzé des Championnats d?Europe 1998 à Budapest et des Mondiaux-1995 à Goeteborg. Autant de souvenirs qu?il a du mal à hiérarchiser.
?Evidemment les JO restent un super souvenir, précise-t-il. À chaque record personnel battu, c?était aussi une sensation fabuleuse. J?avais l?impression de mesurer quelques centimètres en plus. Les 6 m (le 6 mars 1999 lors de sa victoire aux Mondiaux en salle à Maebashi au Japon) c?était magique. La barre reste et ça explose d?un coup alors qu?aux Jeux, ce n?était pas instantané. Après mon saut (à 5,92 m), je n?avais pas encore gagné.?
Maudites blessures
Pour les mauvais souvenirs pas d?hésitation. ?Les blessures?, répond-il immédiatement. Depuis son échec en qualifications aux Jeux de Sydney (2000), lors desquels il était handicapé par une tendinite à la cheville gauche, son corps l?a empêché de participer à toutes les compétitions internationales en plein air.
Et quand il a été victime d?une déchirure aux ischio-jambiers début juin, il a eu peur d?un nouveau forfait. ?Déjà, je n?étais pas sûr de mon coup car à l?entraînement c?était la galère de jongler avec K-Challenge, explique-t-il. Il me restait un maigre espoir.?
Cette fois-ci, il a bénéficié d?un dernier sursis avant de tourner la page de la perche. Ensuite, ce sera sa nouvelle aventure à la voile jusqu?en juillet 2007. Après, ?je garde la porte ouverte à plein de choses?, dit-il évoquant ses activités dans le monde de l?image ou dans l?humanitaire. Et il envisage même de revenir dans l?athlétisme ?pour faire passer un savoir?, comme a su le faire son entraîneur Maurice Houvion avec qui sa ?relation va perdurer?.
Quoi qu?il arrive, après Helsinki, Galfione ne sautera pas dans l?inconnu.
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