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La danse du lion?
Lundi soir, dans la chaleur de la nuit port-louisienne, les artistes du Golden Lion Circle s?entraînent encore et sansrelâche, apportant une grande attention à chaque détails. Le rituel est toujours le même. Trois fois par semaine, en soirée, les membres du Golden Lion Circle se rejoignent sur un vieux terrain de basket-ball et s?entraînent assidûment.
Les plus petits au wu-shu (kung-fu), les plus grands aux plus importantes figures artistiques, nécessitant une connaissance du wu-shu. Tout le monde s?entraide, s?observe, se sourit, comme dans une grande famille.
Par ici, une toute petite fille, arbore déjà les couleurs du club et se faufille un peu partout grâce à un joli petit sourire coquin. Par là, les grands s?appliquent à monter le décor, avec force et rapidité, comme s?il s?agissait d?une épreuve.
Plus loin, on déplie la toile et lesbambous qui forment la marionnette d?un dragon flamboyant «long de 17 mètres», annonce Alain Chan vice-président du Golden Lion Circle (GLC). «Il faut dix personnes en tout et en parfaite synchronisation pour manier le dragon».
Les couleurs rompent avec la monotonie de la nuit. De même que le son d?un tambour maladroit. C?est la petite fille de tout à l?heure qui essaie cet instrument traditionnel, pour passer le temps.
La plupart des danseurs et musiciens sont très jeunes. Depuis tout-petit, on leur enseigne les différents arts chinois. Certains se spécialisent dans la musique, d?autres dans les danses.
une plateforme symbolise la montagne
L?un des danseurs revient sur le terrain et s?installe sur l?infrastructure qui servira à la Danse du Lion, une plateforme symbolisant la montagne. De larges pilotis peints en rouge et décorés d?herbe plastique. Les socles ronds serviront d?appuis aux danseurs et forment une sorte de parcours que devra suivre le lion.
Les musiciens se mettent en place. Les danseurs s?échauffent encore. Une dure partie les attendent. A deux personnes, ils devront animer un lion mythique, le faire sauter, rouler à terre, le faire bondir d?appuis en appuis.
«Tout le monde pense que la danse du lion et la danse du dragon sont la même chose. Mais c?est faux. La Danse du Lion est réalisée par deux personnes seulement», explique Mike Wong, du GLC.
Les origines de la Danse du Lion remontent à la Chine ancienne. Des bêtes sauvages ravageaient les champs des paysans. Ces derniers ont trouvé une astuce pour pouvoir sauver leurs récoltes, celle de fabriquer un déguisement. Une tête de lion et du tissu et des casseroles, pour faire peur aux bêtes sauvages.
«Cette danse est aussi aujourd?hui symbole de bonheur et de prospérité», poursuit Mike Wong. Les danseurs se mettent en place. Le Lion soudain, prend vie.
A l?arrière, le danseur est plié en deux et se tient attaché aux hanches du danseur devant lui. Ce dernier assure l?animation de la tête du lion, dirige avec ses mains la bouche et les yeux.
Le synchronisme est parfait. Une petite erreur pourrait les faire chuter. C?est pourquoi ils répètent avec autant de rigueur. Après d?impressionnants mouvements et de sauts, le lion reprend son souffle, couché, au pied de la «montagne».
Puis viennent les acrobaties, toutes plus époustouflantes les unes que les autres. Le Lion bondit sur les pilotis, situés à plus d?un mètre de hauteur. Là, une chute serait dangereuse.
les mouvements se font plus précis
Si l?on reste très impressionné par la tête du lion, l?on ne peut néanmoins détacher son regard des pieds des danseurs, comme pour s?assurer qu?ils ne manquent pas leurs pas. Difficile de les suivre souvent, lorsque les mouvements se font soudain plus rapides. Mais aussi plus précis. La danse, rythmée par le tambour et les cymbales chinoises est telle une lutte, une épreuve. Le lion franchit la montagne, par étapes, doucement, sûrement, majestueusement.
Les deux danseurs sortent de leur costumes, quérir quelques applaudissements, amplement mérités. Leur représentation a duré longtemps et on les découvre lessivés, épuisés, mais souriants. Ils n?ont pas démérité un bon repos et un spectacle. Place au Dragon Chinois.
Pour cette danse, dix hommes sont nécessaires à la manipulation du dragon, en sus d?un homme maniant la boule. «Le dragon représente la force, dans la culture chinoise et la boule qui le dirige représente l?équilibre», explique Mike Wong.
Leur dragon mesure 17 mètres de long. Très maniable, cette marionnette de théâtre permet une grande facilité de mouvements.
La musique retentit. Guidée par la boule magique, le dragon frémit et s?agite. A l?aide de grands bâtons en aluminium, les danseurs font vivre le dragon lui donnant une incroyable flexibilité.
Le dragon tourne, virevolte et chavire au son des tambours. Point de mouvements impossibles, les danseurs que l?on imagine souvent coincés, s?en sortent d?une pirouette d?apparence très simple.
Le dragon court, vole, avec une telle aisance, mais l?on oublie que des hommes le manipulent. Leur précision et leur attention sont aussi très impressionnantes. Chaque mouvement est calculé. Le chef de file des danseurs crie de temps à autre les mouvements à venir et la danse se déroule sans aucune encombre. Le numéro n?en finit pas. Quels que soient les mouvements indiqués par la boule, le dragon s?exécute. Humblement.
Les danseurs plus âgés, situés aux postes-clés, se relaient de temps à autres. On se rend compte de la difficulté de manier une telle créature, de faire voler un dragon et l?espace d?un instant, lui donner vie. Les jeunots ont cédé leur place aux plus anciens. La synchronisation requise pour ce numéro est capitale et difficile à obtenir.
Mais, à la fin du spectacle, reprenant les places de leurs aînés, les plus jeunes s?amusent à faire bouger le dragon. Dans quelques années, ce sera leur tour et leur honneur de poursuivre la tradition et d?animer lions et dragons.
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