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La déferlante du « surfwear »
Tout a commencé dans les années 1960. Les surfeurs, hippies de la glisse, voyageaient avec la houle. Ce mode de vie a traversé la décennie suivante pendant laquelle il est devenu un mythe, un idéal de liberté. Dans la foulée, les Australiens, les Hawaïens et les Californiens, parmi les meilleurs surfeurs de la planète, ont développé le business : fabrication de planches, de combinaisons et de shorts.
Les années 80 ont vu la mondialisation de ce secteur et l?arrivée de collections et tendances pour hommes, puis pour femmes et enfants. Cette déferlante à fini par frapper les côtes mauriciennes. Le surfwear est aujourd?hui bel et bien présent à Maurice, et bientôt à Rodrigues, dans une vingtaine de boutiques.
Le secteur du beachwear en général pèse plus de Rs 150 millions par an à Maurice. Il se rapproche peu à peu du streetwear, lui-même héritage d?un style développé par la rue et les gangs de la grande Amérique. Cette distinction est de plus en plus mince, bien que les principaux leaders mondiaux, souvent d?origine australienne, ont intérêt à la conserver pour ne pas se détacher de l?image du surfer cool.
Les marques comme Rip Curl, Billabong, Quicksilver, présentes aux quatre coins de la planète, on crée et suivi le phénomène. Elles restent suffisamment proches de l?univers du surf pour justifier leur label de surf shop et diversifient depuis vingt ans dans la mode féminine et les accessoires, lunettes, chaussures? En conservant une activité directement liée à la glisse, elles perpétuent la recette triangulaire de la réussite : qualité des produits, image, novation. De cette façon, elles conservent une partie de leur clientèle originelle, séduisent les amis, fiancés et les compagnes, et universalisent un produit qui n?est pas près de disparaître. C?est un avantage certain chez nous sur le streetwear qui doit se rapprocher d?autres sports pour être valorisé : skate, football, basketball?
Le géant australien Billabong, par exemple, est arrivé à Maurice via sa filiale basée en Afrique du Sud. La licence a été développée par Patrick Laverdant et Philippe Théveneau à la fin des années 1990 à travers une petite unité de production et deux boutiques. Un timing particulièrement heureux, puisque la marque n?a fait ensuite que se développer.
Depuis trois ans, de nouveaux associés, spécialistes du détail et de la distribution, ont contribué à l?explosion sur l?île avec l?ouverture de six nouvelles boutiques exclusives, dont une à Rodri-gues. Le licensee mauricien reverse une partie de son chiffre d?affaires à la maison mère en royalties et bénéficie de la force de frappe mondiale de la marque : marketing, publicité et sponsoring.
Ce support, ajouté à des contraintes techniques importantes, a tout de même une répercussion sur les prix. Mais le brand phénomène fonctionne aussi très bien dans ce secteur pour la clientèle locale et pour les touristes, friands de grandes marques?
Précurseur, Island Style s?est installée à Maurice avant toutes les autres. Filiale d?une compagnie sud-africaine, elle a développé ses propres produits et fabriqué sous licence Quicksilver, un autre mastodonte d?origine australienne qui est aujourd?hui diversifié à l?extrême. Rachetée récemment par un groupe mauricien, la marque suit aussi la vague du détail avec plusieurs boutiques bien placées offrant vêtements et accessoires dont la marque Roxy, la ligne femme de Quicksilver.
En marge de ces gros « porteurs », d?autres enseignes proposent depuis quelques années des produits proches de cette mouvance. C?est le cas de Oneye, une marque locale qui a emprunté son nom à la vague de la pointe du Morne, ou de The Spot.
Il s?agit ici principalement de beachwear, de T-shirts et de shorts de plage avec une incidence particulière sur le marché touristique.
<B>Enfants des villes en Hawaiien</B>
Depuis 2001, un nouveau venu, Son of Beach fait parler de lui. Développée par François Bareau, propriétaire la marque, et son associé Christopher Tyack, la compagnie a ouvert quatre boutiques en trois ans et va bientôt franchiser, en France et à Maurice.
En fait, cela fait plus de dix ans que Son of Beach confectionne sur l?île. Aujourd?hui, l?entreprise emploie une quinzaine de personnes et est en constant progrès, avec la création d?une petite unité de production à Tamarin, où se trouve aussi le showroom. Elle vend à l?export et propose ses collections tout en se positionnant autour du kite surf. On voit encore une fois l?étiquette sportive dynamiser la marque sur un marché couvrant trois générations d?acheteurs.
Le magazine Forbes avait publié, il y a une dizaine d?années, un dossier sur le surf business. Il y était expliqué que les surf shops contenaient de moins en moins de surfs et de plus en plus de mode. Ainsi, 90 % de la surface des boutiques australiennes étaient déjà occupé par les collections femme et environ 58 % de leur chiffre d?affaires était déjà réalisé avec ces derniers produits.
La mouvance mauricienne se fait aujourd?hui dans cette logique, tout en procurant aux vrais surfeurs leurs shorts et autres slaps. La mondialisation a donc bel et bien rattrapé tous les mythes, même l?un des plus solides. Tant pis !
Et tant mieux pour ces enfants des villes qui se voient, ainsi accoutrés, descendre, l?espace d?un instant, une vague géante hawaiienne au milieu des requins?
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