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A la découverte du parler mauricien

31 août 2003, 20:00

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On le lit et le relit, inlassablement, par peur d?avoir oublié quelque chose. On revient sur les choses qui nous ont plu, sur celles auxquelles on n?a pas accordé l?importance méritée.

L?ouvrage de Pravina Nallatamby, Mille mots du français mauricien, Réalités lexicales et francophonie à l?île Maurice est un superbe livre de référence dans lequel on redécouvre, avec plaisir, la forte présence de la langue française dans notre quotidien. Il a été publié en 1995, avec l?aide du Conseil international de la langue française.

La démarche de Pravina Nallatamby, docteur ès Sciences du langage ? et qui était récemment en vacances à Maurice ? est avant tout scientifique. Il s?agit là d?une étude sociolinguistique destinée à apporter des connaissances de toute nature sur l?utilisation du français dans la vie quotidienne.

Il représente en cela un ouvrage capital, tant pour l?étude linguistique mauricienne que pour la dictionnairique francophone. Les mille mots sélectionnés témoignent d?une richesse linguistique inhérente à Maurice en ce qu?elle naît d?une communauté constituée de locuteurs d?origines géographiques et ethniques diverses.

Pravina Nallatamby préfère ainsi parler de ?français mauriciens? plutôt que d??un français mauricien? unique car la communauté francophone comprend des locuteurs ayant le français comme langue maternelle, et des locuteurs ayant le français comme langue seconde.

Ainsi, l?on retrouve aux côtés de mots français, des locutions en langue étrangère mais vulgarisées dans le parler français courant, tels que les anglicismes sick-leave, fancy fair, les créoles katchak charlie?

Le lexique français mauricien se divise en plusieurs unités lexicales, dont Pravina Nallatamby donne plusieurs exemples en guise d?attrait.

Le vocabulaire relatif à la flore est relativement plus élevé à Maurice que dans l?hexagone, climat tropical oblige. L?on trouve également des ?acceptions vieillies?, telles un ber (berceau), ou le limon (citron), et des compositions (gros pois, petit planteur) spécifiques à l?usage mauricien du français.

Ces quelques exemples ne peuvent qu?inciter à une lecture attentive du reste de l?ouvrage. Un lexique, un dictionnaire, tout simplement mais qui nous rapproche d?une réalité purement mauricienne. Et l?on ne se lasse pas d?aller à sa découverte.

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