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La culture de l?autre

11 septembre 2003, 20:00

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?Comment dit-on livre en marathi ?? ?Pustak.? ?Le tableau ?? ?Phola?
?La chaise ?? ?Khurchi?. Les yeux de l?enseignante de langue marathie à l?école primaire de St-Benoit RCA brillent de joie quand Ronaldo Labonne répond. À six ans, il est déjà une vedette dans sa classe de langue orientale non seulement à cause de son nom mais parce qu?il est l?un des trois écoliers n?étant pas d?origine asiatique qui apprennent le marathi.

Après presque huit mois de cours, le jeune garçon connaît déjà les mots clés de cette langue. Timide au début, il répond de plus en plus facilement à mesure que l?institutrice l?interroge. ?Oui, j?aime bien le marathi?, dit-il d?une voix à peine audible.

L?institutrice raconte qu?il n?y a pas de différence entre une classe de marathi et les autres classes. ?Les enfants sont vraiment appliqués. Ils se donnent à fond?, confie-t-elle. Ronaldo, comme ses autres amis de Std 1, suivent les cours de langue orientale une fois la semaine, chaque vendredi.

Interculturalité

L?institutrice croit qu?il est nécessaire que les enfants soient initiés à une langue étrangère dès leur plus jeune âge. ?C?est beaucoup plus facile pour eux que de commencer en Standard IV par exemple.?

Qu?est-ce qui a poussé Ronaldo Labonne à apprendre cette langue ? Sa mère, Marinette, raconte que la direction de l?école avait convoqué les parents pour leur expliquer les mesures prises par le gouvernement dans le cadre de la réforme éducative. C?est ainsi que les parents ont été invités à autoriser leurs enfants à apprendre une langue orientale.

Marinette n?a pas hésité un seul instant pour que son fils aille dans la classe de langue orientale car, pensait-elle, ce serait un plus pour lui de découvrir une nouvelle culture. En outre, elle s?est basée sur le fait que Maurice est un pays multiracial (NdlR : Il y a une forte concentration d?habitants de culture marathie dans la région) pour prendre sa décision bien qu?elle ait subi des pressions de certaines personnes qui disaient que ce serait une perte de temps que d?apprendre une langue orientale. C?était optionnel.

?Je suis persuadée que cela l?aidera un jour. Nous vivons dans une société pluri-culturelle. Si un jour il part dans un pays asiatique, il pourra vite s?adapter?, explique Marinette Labonne.

Outre ces avantages, explique la mère, son fils pourra un jour servir de traducteur à son père Marcus qui est féru de films orientaux. Mais, il ne parle aucune langue asiatique.

Marinette dit que son fils apprend la langue marathie comme n?importe quelle autre matière. Un temps est aussi consacré au catéchisme. Elle estime raisonnable le nombre de sujets que son fils pratique à l?école.

Ronaldo, dit-elle, passe souvent ses après-midi à faire ses devoirs. Dès qu?il rentre chez lui à Rivière-Noire, l?écolier initie sa mère au marathi. Il lui apprend surtout les nouveaux mots qu?il a lui-même assimilés. ?C?est la première chose qu?il fait chaque vendredi en rentrant à la maison. Il me montre son livre de marathi?, dit-elle.

Marinette et Marcus sont fiers de leur fils. Eux n?ont pas eu l?occasion d?apprendre une langue orientale. Mais ils ont voulu donner l?occasion à leur enfant de se familiariser avec une autre culture.

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