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La croissance
par Nazim ESOOF
Il a été beaucoup question de croissance cette semaine. Il faut dire que Rama Sithanen est passé par là. Une année sacrificielle et l?embellie pour la suite? C?est simpliste et réducteur. Les choses sont, elles, plus complexes. On est déjà après un premier budget dans la phase de l?anticipation. Les résultats ne sont pas encore là. La pression, elle, elle est bien là. Une réaction était nécessaire d?autant que Vishnu Lutchmeenaraidoo ne cesse d?affirmer qu?il existe d?autres voies que celle de la rigueur. Il fallait, entre autres, prouver le contraire. Il ne reste plus qu?à espérer que le ministre des Finances suit une logique qui n?est pas purement politicienne. Après les propos laudatifs venant des thuriféraires autant que des plus sceptiques, sinon des plus réalistes et pragmatiques, il convient de pondérer les attentes. À chaque budget, des provisions sont faites. Durant chaque année financière, il n?est pas dit que toutes les dispositions prises aboutissent. À chaque budget, ce qui est annoncé n?est pas nécessairement ce qui est réalisé. À chaque budget, ses promesses et calculs. Ses intentions pieuses et ses pseudos piétés. Il ne nous revient pas de préjuger sur la suite des événements. Mais ce serait de la crédulité que d?accorder un chèque en blanc ou de condamner en avance. L?important est ailleurs. Il est malheureusement dans une attente. Ou heureusement. Dépendant du point de vue. Rien ne se construit sans une espérance. Qui veut y croire, au-delà des résultats, risque de le payer d?une note de candeur davantage ridiculisante. En un mot, ceux qui se prononcent trop tôt le font à leur risque.
Au-delà de ces considérations, il demeure des défis qui sont les mêmes : investissement, création d?emplois, lutte contre le gaspillage et la criminalité? et surtout l?hymne à la croissance. En attendant évidemment que l?ambition de l?économie de marché ne se traduise en une société de marché bien réelle. Ce sont de telles évidences qu?on ne dit pas. À la place, il y a ce beau pari de la croissance qui devrait résorber le chômage, faire reculer la pauvreté, fortifier le continuum des classes moyennes? Bref un pari dont tout le monde souhaite la réalisation en sachant que le libéralisme économique a ses raisons que seuls ses bénéficiaires ne trouvent pas déraisonnables.
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