Publicité

La crise désamorcée

6 août 2005, 20:00

Par

Partager cet article

Facebook X WhatsApp

lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

Des débris de pétards rouges jonchent l?entrée du terrain de foot de Camp-Levieux où des ex-squatters ont élu domicile, sous des tentes, il y a 20 jours. Signe qu?on a fêté un heureux événement. S?agit-il d?une naissance ou d?un anniversaire ? Non, ce vendredi, les sans-logis fêtaient l?espoir retrouvé.

Jacques Veerasamy, porte-parole des ex-squatters de Camp-Levieux, rayonne de bonheur. « Notre problème de logement sera résolu dans une semaine, c?est l?assurance que nous a donnée le ministre du Logement, Asraf Dulull, aujourd?hui (NdlR : vendredi) », affirme-t-il. Trois cents sans-logis sont descendus à Port-Louis pour une manifestation pacifique, ce jour-là. La rencontre avec le ministre devait changer la donne.

« Des terrains seront mis à la disposition des 248 familles de Chebel, Camp-Levieux, La Tour Koenig. Que leurs revenus avoisinent Rs 4 000 ou plus, ils pourront y construire des abris temporaires avec l?aide du Trust Fund for the Social Integration of Vulnerable Groups (TFSIVG) », ajoute Jacques Veerasamy.

Le Trust Fund avait effectué une enquête sociale sur les squatters qui avaient élu domicile dans les maisons de la National Housing Development Company (NHDC) à la veille des élections. Le TFSIVG avait préconisé que ceux touchant plus de Rs 4 000 devaient retourner à leur ancienne résidence.

Depuis, il a été décidé que chacun devra prendre l?engagement d?ouvrir un compte Plan épargne logement à la Mauritius Housing Company Ltd.

« Nous remercions les travailleurs sociaux qui nous ont aidés, le Père Labour, les ministres Sheila Bappoo et Xavier Duval ainsi que les deux avocats à qui nous devons une fière chandelle », ajoute Jacques Veerasamy.

Le sourire de Roger Perreau, 49 ans, traduit la joie qu?il ressent. « Nou soulaze », dit-il, tenant sa petite-fille dans les bras. Vivre sous une tente pendant 20 jours avec femme, enfants leurs conjoints et leurs enfants, n?est pas de tout repos. Les petits ont attrapé froid, certains ont même eu la gastroentérite. Pour se laver et faire la vaisselle, ils doivent utiliser l?eau froide du canal La Ferme qui coule à quelques mètres de là.

Natasha Lajoie, mariée et mère de famille, prend son mal en patience. Elle a occupé illégalement un appartement de la NHDC pendant deux semaines, avant d?atterrir sous une tente. « Seki monn apran lundi nou sitiasion pe debloke. Nou pran ankor enn ti pasians. »

Les enfants crient aussi leur bonheur. « Nou kontan nou gagne enn lacaz e nou espere minis tini so parol ».

Publicité