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La cour du roi Pétaud

7 mai 2006, 00:00

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lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

Il y plus d?une trentaine d?années, certains importateurs se mirent à inonder le marché mauricien de lait en poudre vendu à un prix fort alléchant par rapport à celui du lait frais. Et graduellement, les vachers se retrouvèrent hors circuit. De nos jours, très peu de nos gosses ont encore le privilège de goûter du lait frais. Le dumping a finalement avalé les petits vachers. Durant la semaine écoulée, celle où on a célébré la journée de la Liberté de la presse, un groupe étranger engagé dans la presse a choisi de vendre son produit à perte. Jusqu?ici, il n?y a eu aucune réaction officielle de la part de l?hôtel du gouvernement sur ce qui a tout l?air d?un dumping orchestré par un investisseur étranger visant à mettre hors service la presse locale. Il serait malséant de penser que le pouvoir attend la mort d?une institution qui a énormément contribué à l?avancement de la démocratie en terre mauricienne avant de s?en rendre compte. Rassurez-vous. Cette inconscience gouvernementale ne se limite pas à la liberté de la presse mauricienne. Elle s?infiltre aussi dans les arcanes de l?État. Si non comment expliquer cette propension populiste d?un ministre de la Justice qui s?arroge le droit de s?immiscer dans un dossier, celui de l?élevage porcin, relevant de son collègue de l?Agro-industrie. Sans que personne ne le rappelle à l?ordre. Mais il n?y a pas de quoi se morfondre puisque la cour du roi Pétaud ne se limite pas à l?enceinte de l?hôtel du gouvernement. Elle s?étend subtilement. Il n?y a qu?à se promener à la nuit tombante le long de la rue Desforges pour s?en convaincre. La partie nord de cette rue, qui vient mourir sur l?esplanade de la mairie de la capitale, se transforme chaque soir en une vaste cuisine, au mépris de la loi.

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