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La Cour de Libye annule des condamnations à mort
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La Cour de Libye annule des condamnations à mort
?La cour a retenu l?appel interjeté par les infirmières et le médecin et renvoie le dossier à la juridiction de première instance, en vue d?un nouveau procès?, a déclaré Ali Alouss, le juge qui préside la Cour suprême de Libye. Il a ainsi annulé hier les condamnations à mort prononcées contre cinq infirmières bulgares et un médecin palestinien, ordonnant qu'ils soient rejugés par le tribunal qui a traité l?affaire en première instance.
Détenus depuis 1999, les cinq infirmières bulgares et le médecin palestinien avaient été condamnés à mort par peloton d'exécution, en mai 2004, pour avoir inoculé sciemment le VIH à 426 enfants libyens à Benghazi, sur la côte méditerranéenne. Une cinquantaine d?enfants sont morts. Les infirmières disent avoir fait des aveux sous la torture. Selon des spécialistes du sida, les cas de séropositivité s'étaient déclarés avant l?arrivée des infirmières et étaient probablement dus à un manque d'hygiène.
Les accusés clament néanmoins leur innocence et Sofia, Washington et Bruxelles ont demandé plusieurs fois leur libération. L'affaire est devenue un sérieux obstacle aux efforts de Tripoli pour sortir de son isolement diplomatique.
Selon les avocats de la défense, ce jugement signifie que les condamnations à mort vont être annulées et que le tribunal de Benghazi qui les avait prononcées va devoir les rejuger.
Ce jugement, porteur d'espoir pour les accusés, intervient quelques jours après la création d'un fonds de solidarité aux familles des enfants séropositifs, auquel ont adhéré, outre la Bulgarie et la Libye, les Etats-Unis, la Grande-Bretagne et la Commission européenne.
?La Cour suprême a accepté les appels interjetés sur le fond et sur la forme. Cela signifie qu?elle a annulé les condamnations à mort et qu?une juridiction inférieure va rejuger les accusés et prononcer un nouveau jugement?, a déclaré Mahmoud Maghribi, l?un des avocats des infirmières.
Le ministère bulgare des Affaires étrangères a salué ce verdict. Un porte-parole a déclaré que Sofia espérait que le nouveau procès et l'annulation des condamnations à mort équivalaient à ?reconnaître que le procès a été marqué par de graves vices de procédure?.
Réunis à proximité du tribunal, des proches des enfants malades ont exprimé quant à eux leur colère. ?Le jugement rendu aujourd?hui retarde encore le jugement définitif dans ces affaires et prolonge les souffrances des familles. Ce verdict les fait souffrir parce qu?ils voient leurs enfants mourir à petit feu?, a déclaré Mohamed Salah, dont la fille est séropositive.
Le président de l'Association des familles des enfants contaminés par le VIH, Ramdane Fitouri, a déclaré que le tribunal de première instance confirmerait au terme du nouveau procès les condamnations à mort. ?Il ne fait aucun doute que cela prolonge nos souffrances mais le jugement d?aujourd'hui ne signifie pas que les condamnations à mort ne seront pas confirmées en première instance. Ce tribunal peut à nouveau prononcer les condamnations à mort?, a-t-il dit.
La Libye avait laissé entendre que ces condamnations pourraient être cassées si de l'argent était débloqué pour les familles des victimes et pour financer le traitement des enfants contaminés.
Salah SARRAR
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