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La corruption provoque des échanges animés

24 novembre 2004, 00:00

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lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

?ToM deor si to enn vre zom, governman mafia.? Ces mots, adressés à Navin Ramgoolam, sont du député mauve Veda Baloomoody. Les échanges acerbes ont en effet fusé de toute part, hier au Parlement, lors de la dernière Private Notice Question (PNQ) de l?année.

Le leader de l?opposition, Navin Ramgoolam a axé sa PNQ sur la détérioration du rang de Maurice au classement, selon la perception de corruption, compilé par le World Economic Forum et Transparency International. Elle a provoqué des échanges virulents entre le Premier ministre, Paul Bérenger, le député de la majorité Veda Baloomoody et Navin Ramgoolam.

Tout a commencé lorsque le chef du gouvernement a déclaré qu?il préfère faire circuler une réponse parlementaire du 9 novembre, car elle répond à la PNQ. Il a cependant souligné que l?opposition a cessé de faire des ?allégations irresponsables? après que deux commissions d?enquête ont établi qu?elles étaient infondées. L?une portait sur le site d?enfouissement technique de Mare-Chicose et l?autre sur l?achat de deux portiques par la Cargo Handling Corporation (CHC). Toutefois, lors des débats sur le Sports Act, le député travailliste James Burty David a fait des allégations à l?encontre du ministre des Sports, Ravi Yerrigadoo. Le député de l?opposition a allégué qu?il y aurait eu cover-up de la part du ministre dans une affaire de malversations au sein de la Mauritius Table Tennis Federation. Il a avancé que le prix d?achat des médailles par la Mauritius Badminton Federation aurait été augmenté.

Le Premier ministre a affirmé avoir soulevé la question avec le leader de l?opposition, pour lui demander si le député David est disposé à faire ces allégations par écrit. Au même moment, Navin Ramgoolam a interpellé le Premier ministre, lui demandant s?il n?est toujours pas d?accord avec le fait que la corruption a gagné du terrain. Paul Bérenger a répondu que seuls les gens de mauvaise foi ne reconnaîtraient pas que l?indice de corruption a reculé depuis septembre 2000. Le gouvernement a mis tous les moyens en ?uvre pour combattre ce fléau, a-t-il avancé.

Ce n?est pas l?impression du leader de l?opposition. Il a déclaré que bon nombre d?allégations ?sont restées lettres mortes?. Paul Bérenger lui a fait remarquer que les membres du gouvernement actuel sont des personnes responsables. A l?inverse du gouvernement de Navin Ramgoolam, au sein duquel deux membres ont eu affaire à la police par rapport à la corruption. Un troisième un ex-ministre travailliste est interrogé par l?Independent Commission against Corruption sur l?ouverture d?un compte bancaire fictif. ?Au lieu de faire des allégations à la Valayden, l?honorable membre devrait apporter des preuves concrètes?, a lancé Paul Bérenger. Navin Ramgoolam a rétorqué que c?est lui qui avait pris l?initiative d?ouvrir une enquête sur les deux ex-membres de son gouvernement.

Au même moment, le député de l?opposition Madan Dulloo est intervenu pour dire qu?il n?est pas normal que des ex-juges qui décrochent des contrats avec le gouvernement soient nommés présidents de commissions d?enquête.

Son avis est partagé par le leader de l?opposition. Le Premier ministre a affirmé qu?il est honteux de la part des membres de l?opposition de croire que les deux ex-juges ne peuvent pas faire leur travail en toute indépendance.

Navin Ramgoolam a argué que cela ne valait pas la peine de faire des allégations, car le gouvernement a une mainmise sur tout le mécanisme. Il cite à ce propos la dissolution de l?Economic Crime Office (ECO). Paul Bérenger a répondu que l?ECO était politisé. Il a lancé un défi à Navin Ramgoolam pour qu?il prouve son allégation.

C?est à ce moment que Veda Balloomoody a lancé au leader de l?opposition ?tombe deor si to enn vrai zom?. Il réagissait à un commentaire fait à l?époque par ce dernier à propos de l?avenir de l?ECO. Le leader de l?opposition avait affirmé que la mafia avait infiltré le gouvernement. ?La mafia est out there. Il n?y a pas lieu de jeter de la boue sur les ex-juges respectés et le gouvernement?, a conclu le Premier ministre

Peu après la PNQ, le leader de l?opposition et le Premier ministre ont eu une brève conversation dans l?hémicycle.

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