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La corruption coûte cher

8 août 2006, 00:00

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lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

L?Afrique sub-saharienne se mobilise à l?hôtel Le Méridien pendant trois jours pour combattre la corruption. Et la tâche est énorme. L?Afrique est à tel point gangrenée par la corruption que cela coûte au continent $150 milliards annuellement. Une situation qui interpelle les institutions internationales et qui a amené les autorités concernées à faire un effort concerté pour une lutte plus efficace.

Le Southern African Forum Against Corruption (SAFAC) tient depuis hier sa 6e réunion annuelle à Maurice. Le directeur général (DG) de l?Independent Commission against Corruption (Icac), un des organisateurs de la conférence, Anil Kumar Ujodha fait le lien entre la corruption et la mauvaise gouvernance. ?La corruption prospère dans des pays où il n?y a pas de mécanismes de contrôle, où la société civile est faible, où il n?y a pas d?institutions spécialisées dans la lutte anti-corruption et surtout où il n?y a pas de volonté politique de l?éradiquer?, a-t-il affirmé.

Anil Kumar Ujodha cite le président de la banque mondiale, Paul Wolfowitz, qui s?adressait aux hommes d?affaires à Séoul l?année dernière : ?pour chaque corrompu, il y a un corrupteur et très souvent, le corrupteur vient d?un pays riche.? Cette pratique, qu?il qualifie de ?passe temps national? à Maurice doit être éradiquée et cela ne peut se faire sans l?aide des Organisations non gouvernementales (ONG), de la société civile et de la classe politique.

Répondant sans doute à des critiques, le DG de l?Icac affirme qu?il est difficile de mesurer le succès d?une institution luttant contre la corruption. A titre d?exemple, il déclare que l?Icac de Hong-Kong est toujours, après 30 ans, en train de se battre contre la corruption. C?est dans cette optique que l?Icac a préparé un plan d?action de 3 ans, qui va opérer avec la collaboration d?une société civile dynamique, des ONG et un service civil où l?intégrité et la bonne gouvernance sont des principes sine qua non.

Amendements au POCA

Le gouvernement, par le truchement de son ministre de la Justice, se veut partie prenante de cet objectif. Pour Rama Valayden, cette détermination se lit dans les amendements apportés à la POCA et dans la restructuration de l?Icac. Il y a, d?après Valayden, une volonté de plus en plus déterminée de mettre fin à la corruption. Et Maurice souffrant d?une mauvaise perception en termes de corruption, devra faire un grand effort, surtout dans l?ouverture prochaine de son économie et dans sa volonté de promouvoir ses services financiers comme un pilier économique.

D?après l?attorney general, les différentes sanctions prévues pour ceux trouvés coupables de corruption ?ont réussi à faire peur.? Par exemple, le blanchiment d?argent est maintenant un délit qui peut être sanctionné par l?extradition.

Le ministre reste convaincu que dans peu de temps, la nouvelle Icac ?avec une direction dynamique va atteindre sa vitesse de croisière.? En soulignant le fait que ?nous ne pouvons nous permettre de perdre du temps? car la corruption coûte très cher à tous les pays affectés.

Valayden rejoint les autres membres de la conférence dans sa conviction qu?un acte concerté aura plus d?effet. Ainsi, l?adhésion de Maurice au protocole de la SADC contre la corruption, montre la volonté du gouvernement de travailler avec les pays de la région pour lutter contre la corruption.

Ils sont 12 pays à être représentés à la conférence qui durera jusqu?à jeudi. Les différents pays sont le Botswana, le Congo, le Lésotho, Madagascar, Maurice, le Mozambique, la Namibie, l?Afrique du Sud, le Swaziland, la Tanzanie, la Zambie et le Zimbabwe.

A noter qu?alors que les délibérations se dérouleront principalement en anglais, deux traducteurs, l?un portugais et l?autre français assureront une traduction simultanée pour que chaque membre de la délégation puisse participer activement aux débats.

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