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La construction attire difficilement

28 juin 2007, 20:00

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L?exercice a été laborieux. Mais il a finalement eu lieu. Mercredi, a été lancé un programme de formation et placement dans l?industrie de la construction. Il est organisé par l?Empowerment Programme en collaboration avec la Building and Civil Engineering Contractors Association (Baceca) et l?Industrial and Vocational Training Board (IVTB).

Laborieux parce qu?en décembre dernier, la demande de main-d??uvre dans le secteur de la construction s?élevait à quelque 2 000 à 3 000 personnes. Alain Hardy, directeur du Baceca, estime aujourd?hui qu?il ?manque 1 500 ouvriers faits?. En se référant à la liste du bureau de l?emploi et des demandes au Job Fair d?avril, l?Empowerment Programme a pu trouver 600 personnes. De ces 600, seules 61 ont exprimé leur intérêt pour être formées dans la construction.

Pour ce projet pilote, 30 seront formées dans la maçonnerie, 16 dans le site surveying, sept comme ferrailleurs et huit comme charpentiers. Un salaire mensuel de Rs 4 500 leur sera versé. Ce coût sera partagé entre l?Empowerment Programme et l?employeur.

Les stagiaires passeront quatre jours en entreprise et un jour à l?IVTB, plus précisément au Sir Kher Jagatsingh Training Centre de Beau-Bassin pour le off-the-job training. L?IVTB offre ces cours gratuitement.

Sept compagnies membres de la Baceca vont accueillir les 61 stagiaires : AJ Maurel Construction Ltée, Gamma Civic, General Construction, Laxmanbhai Co. (Mtius) Ltd, Ramloll Bhooshan Renovation Building Ltd, Rehm Grinaker et Sotravic Ltée. La Baceca regroupe les quinze plus grosses sociétés évoluant dans le secteur de la construction.

Jean Claude de L?Estrac, président de l?Empowerment Programme, s?est dit heureux que ce programme de formation soit lancé. Mais il est également ?inquiet? car ?60 personnes ne suffisent pas pour faire évoluer le secteur?. Il est d?avis qu?il n?y a jamais eu autant d?opportunités dans la construction.

Avis que partage Raj Makoond, président du sous-comité sur la formation et la réorientation de l?Empowerment Programme et directeur du Joint Economic Council. Cela a été ?difficile de trouver une solution pour le problème d?inadéquation entre l?offre et la demande dans la construction?. Mais il espère que le nombre de personnes qui veulent être formées ?se multiplie sous peu?.

Importation de main-d??uvre

Raj Makoond souhaite une synergie entre les différentes parties concernées, le secteur privé, les chômeurs, l?Empowerment Programme et les organisations non gouvernementales, pour qu?il y ait une mobilisation pour l?intégration au développement économique du ?segment qui n?a pas de Certificate of Primary Education en particulier?. Parce que si ces chômeurs ?laissent passer cette opportunité, ce sera difficile pour eux de trouver autre chose?.

Pierre Ah-Sue, le président de la Baceca, souligne que ?la formation est essentielle dans le secteur de la construction car les clients sont de plus en plus exigeants?.

Jean Claude de L?Estrac estime aussi qu?il y a du travail pour tous ceux qui ont ?de l?ambition et qui sont prêts à se retrousser les manches?. Il prévient que si les jeunes ne font pas d?efforts, ils seront ?des spectateurs dans leur propre pays?, faisant référence aux travailleurs étrangers recrutés dans la construction.

En effet, en décembre dernier, certaines grosses entreprises proposaient d?importer des contingents de plusieurs centaines de travailleurs, à l?instar de Bhunjun and Sons ou Rehm-Grinaker Construction Co. Ltd. Elles avaient évalué leur besoin en main-d??uvre étrangère à environ 300 ouvriers chacune.

Ajay Gopaul, commercial manager chez Rehm-Grinaker, explique que sa compagnie a fait venir 70 travailleurs indiens. Les travailleurs mauriciens sont 950. L?entreprise ne compte pas importer davantage de travailleurs, mais met en place d?autres stratégies pour pallier le manque de main-d??uvre. A ce titre, une campagne de formation intensive pour la conversion de laboureurs en maçons ou charpentiers démarre sous peu. 50 laboureurs seraient intéressés par cette conversion. A savoir que Rehm-Grinaker accueillera 14 stagiaires dans deux semaines dans le cadre du placement-formation de l?Empowerment Programme : six maçons, quatre charpentiers et quatre ferrailleurs. Le manque de main-d??uvre est tellement cruel que le recrutement de femmes dans ce secteur est aussi envisagé.

Ces stratégies sont nécessaires parce qu?importer les travailleurs est loin d?être la meilleure solution pour équilibrer l?offre et la demande sur notre marché. Les travailleurs étrangers peuvent se révéler ?beaucoup plus cher?. Cela à cause des frais d?hébergement, de voyage? De plus, selon la loi, ?nous sommes obligés de les payer autant que les Mauriciens?, précise Alain Hardy. De sorte que l?importation semble loin d?être une astuce pour une main-d??uvre moins chère, mais une réelle ?nécessité?.

Les métiers dont on a le plus besoin dans ce secteur sont, dans l?ordre : maçon, charpentier, ferrailleur, coffreur. Ceux qui encadrent les ouvriers tels les topographes, les ingénieurs ou les métreurs (quantity surveyors) sont également nécessaires, mais dans une moindre mesure. A ce propos, Alain Hardy se félicite que l?université de Maurice ait commencé des cours en quantity surveying qu?il considère comme un ?pas en avant?.

L?Empowerment Programme s?est concentré uniquement sur les compagnies à l?intérieur de la Baceca pour le moment parce que ?ce sont de grandes compagnies qui peuvent offrir des placements en grand nombre?. Qu?en est-il des plus petites compagnies ? ?Nous n?excluons pas la possibilité de viser les petites compagnies si le nombre de personnes voulant être formées augmente?, déclare un haut cadre de l?Empowerment Programme.

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