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La conservation a un juste prix
La formule pour la gestion de la réserve naturelle de Ferney demeure la pomme de discorde : un droit d’entrée de Rs 90 pour les adultes et de Rs 45 pour les moins de 18 ans, fixé par le groupe CIEL, propriétaire des terres, ne fait pas l’unanimité.
Mahebourg Citizens Welfare Organisation (MCWO) et l’écologiste Vina Balgobin, qui s’étaient impliqués dans la campagne pour sauver la vallée de la construction d’une route, n’approuvent pas cette décision des propriétaires. Ils veulent d’un droit d’entrée uniforme de Rs 25 et que le parc soit considéré comme “national” (géré par l’Etat et le privé) et non “naturel”.
Le groupe CIEL assure qu’elle souhaite que la réserve naturelle soit accessible à tous. Il étudie la possibilité d’introduire des tarifs spéciaux dits “spécial vacances” ainsi que d’autres actions de promotion pour les Mauriciens. Par contre, un tarif plus élevé sera appliqué pour les touristes.
Rallier protection et gestion est le défi que tentent de relever les propriétaires. “Le principe premier est de trouver un consensus entre les impératifs de conservation et les impératifs d’accessibilité”, explique David Martial, directeur de la communication de cette compagnie. Les visiteurs, par groupes de 20, sont accompagnés d’un guide qui donne une dimension pédagogique à la promenade et s’assure aussi du respect des lieux par les visiteurs, dont le nombre total est limité à 80 par jour.
Dans son plan de gestion, le groupe CIEL a prévu la clôture d’une zone pour la protection des espèces de plantes, l’interdiction de développement immobilier et la création d’un trust avec une gestion conjointe gouvernement-secteur privé. Le groupe propriétaire suggère aussi que les profits générés par l’exploitation de la vallée soient reversés au trust pour aider à financer la conservation du site.
La réhabilitation, au coût estimé de Rs 250 000 par hectare, est un autre objectif majeur du plan établi. “Les forêts sont envahies par des espèces indigènes, comme les goyaves de Chine. Elles mangent le système des plantes endémiques”, souligne David Martial. Ainsi, dix employés seront dédiés au nettoyage et à l’élimination de ces plantes. La création d’une pépinière de plantes endémiques est prévue, de même que la réintroduction d’espèces telles que le pigeon des mares ou la grosse cateau verte.
Les efforts entrepris pour la conservation de ce site sont louables. Mais il faut se rappeler qu’ils coûtent cher, assurent les responsables.
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