Publicité

La conseillère Ramloll sur le gril

30 octobre 2007, 00:00

Par

Partager cet article

Facebook X WhatsApp

lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

Les noms des quinze personnes qui auraient payé en attendant d?occuper les étals de Quatre-Bornes ne figurent pas sur la liste des éventuels bénéficiaires de la municipalité. C?est qui ressort de l?enquête de l?Independent Commission against Corruption (Icac). Les enquêteurs craignent que toute cette histoire ne soit en fait qu?un coup orchestré par la conseillère Suneeta Bimla Ramloll en vue de ?duper? ces 15 personnes dans une tentative de les ?escroquer?.

Les enquêteurs entendent passer à la loupe la version de la conseillère. Sa résidence, à l?avenue Telfair Quatre-Bornes, a été perquisitionnée hier.

Tout est parti d?une opération de l?Anti-Drug and Smuggling Unit (Adsu) mercredi dernier. Les occupants d?une voiture sont interpellés à Wolmar, Flic-en-Flac. Le conducteur, Viraj Poorun, est interpellé, de même que la passagère sur le siège avant du véhicule, Bimla Ramloll, 35 ans. Rs 259 500 sont trouvées sur elle de même que plusieurs récépissés pour le permis des étals à la foire de cette ville.

Les limiers de la commission anti-corruption s?attellent maintenant à déterminer les procédures à suivre pour l?obtention des permis pour occuper ces étals et aussi les raisons ayant amené à les allouer. 500 demandes ont été faites pour ces étals. Or, étrangement, les noms de 15 personnes qui affirment avoir payé et obtenu des reçus de la municipalité ne figurent sur aucun document.

<B>Thèse de l?arnaque</B>

Les premiers éléments de l?enquête établissent que c?est le Public Health Committee (PHC), l?instance qui accorde les permis aux marchands pour l?utilisation d?un étal au marché de Quatre-Bornes les jours de foire, soit les jeudis et les dimanches. La décision avait été prise pour deux jours supplémentaires soient les mardis et vendredis, qui allaient être utilisés pour la vente de vêtements. Il semble, jusqu?ici, que l?octroi des étals se fait selon un tirage au sort.

La raison ayant amené les limiers de l?Icac à considérer la thèse de l?arnaque est que les reçus remis à ces 15 personnes seraient en fait des faux. Les enquêteurs se sont attardés sur les papiers utilisés pour fabriquer ces documents qui différent de ceux généralement utilisés par la municipalité. Il est maintenant question de soumettre ces reçus à des expertises médico-légales au Forensic Science Laboratory.

Autre fait intrigant : la signature sur les reçus. La signature est attribuée au conseiller municipal et président du PHC, Chetanand Pursun. Mais, ce dernier, interrogé hier, a nié être impliqué dans une quelconque histoire de pot-de-vin. Il allègue qu?il s?agirait d?un coup monté contre sa personne par la conseillère Suneeta Ramloll vu qu?il était lui aussi un candidat pour le poste de maire de la ville des fleurs.

Chetanand Pursun a été inculpé hier en cour de Rose-Hill pour trafic d?influence. Sa demeure sise à la rue Bassin à Quatre-Bornes a été perquisitionnée dans l?après-midi. Il est soupçonné d?avoir réclamé la somme de Rs 450 000 pour lui-même en vue d?user de son influence au sein du PHC pour l?octroi des 15 étals faisant l?objet de cette enquête. Il a été impliqué par la conseillère Ramloll.

Interrogée, celle-ci avait aussi impliqué Mohamed Domah, un agent immobilier, et Viraj Poorun, un colporteur, habitant Allée Brillant, Castel. Mohamed Domah aurait aidé Viraj Poorun à trouver des marchands. Il était aussi un des éventuels bénéficiaires des étals alors que Viraj Poorun a, lui, obtenu trois étals pour sa famille. Tous sont toujours en détention.

La conseillère a également soutenu qu?elle avait la charge de trouver 15 marchands. Interrogés, ces derniers affirment que ceux qui ont sollicité de l?argent leur ont fait comprendre que cela faisait partie des frais à encourir pour l?obtention de ces étals. La conseillère a ajouté qu?elle était uniquement un ?intermédiaire? entre Viraj Poorun, Mohamed Domah et Chetanand Pursun.

Publicité