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La compensation sur le tapis
L?appel d?offres lancé par le gouvernement pour agrandir le Centre d?enfouissement technique (CET) situé à Mare-Chicose, a fait revenir une nouvelle fois sur le tapis la question de compensation réclamée, dans le passé, par les habitants pour délocaliser le village vers Rose-Belle.
Balkrishna Goorcharan et Mahendranath Boyjenath, président et membre du comité des Forces vives, proposent à l?Etat de leur donner la somme initialement prévue pour la construction d?une voie alternative pour l?acheminement des ordures vers le CET. Cette voie, selon eux, ne résoudra pas le problème de pollution. L?argent de la compensation faciliterait leur relogement.
Rappelons qu?en septembre 2001, à la suite de vives protestations des habitants de cette localité et de Banane, de Cluny, de Saint-Hilaire, de St.-Hubert et d?autres villages avoisinants affectés par l?acheminement des déchets vers le site par des camions compacteurs, le gouvernement avait dit son intention de construire une route périphérique conduisant aux villages. La nouvelle voie, longue de 7,5 kilomètres, aurait évité les régions habitées.
Les conducteurs passeraient alors dans les champs à Rose-Belle. (Voir hors-texte).
Le coût des travaux pour la construction de cette nouvelle voie avait été estimé à Rs 80 millions. Mais cette décision n?avait pas pour autant rendu plus optimistes Goorcharan et Boyjenath qui siègent tous deux au sein de l?Environmental and Local Government Watch Network. Ce comité, composé d?officiers des ministères de l?Environnement, des Administrations régionales, de la Santé, des personnels de la Société de traitement et d?assainissement des Mascareignes (STAM ) et de consultants, se réunit chaque mois pour suivre l?évolution de la situation à Mare-Chicose.
Maux de tête
?Nou bisin reconnaître qui fine éna beaucoup zefforts de la part du gouvernement pou essaye trouve ban solutions pour empêche l?odeur propagé et évite ban habitants ici surtout gagne problèmes mais nou trouvé qui situation toujours pareil?, fait remarquer le président des Forces vives.
C?est pour cette raison qu?ils insistent pour que le gouvernement accorde une attention particulière à leur proposition de compensation qui leur permettra d?être relogés ailleurs.
En attendant, les membres des Forces vives lancent un appel au ministère de la Santé pour qu?il prenne des dispositions pour permettre aux habitants d?effectuer des analyses plus poussées en vue d?identifier les causes réelles de leurs fréquents maux de tête et autres symptômes comme l?irritation de la gorge et des problèmes respiratoires. ?Nous demandons aux autorités de rendre publiques les analyses au lieu de se contenter de déclarer que les habitants d?ici souffrent des mêmes maux que tous les Mauriciens?.
Et Mahesh Cossy, père du petit Charvin, âgé de trois ans, d?ajouter sa voix au chapitre des doléances. ?Chaque fois mo bisin galoupé alle pharmacie. Mo ti garçon gagne la gratelle et tout qualité taches lors so figure?.
Selon Goorcharan, Mahendranath et Mahesh, l?eau ou l?odeur provenant du site pourrait être une des causes de ces allergies. Comme Mahesh, les mères de familles réunies au sein de l?Association des dames de Mare-Chicose, sont aussi inquiètes de l?état de santé de leurs enfants.
Joytee Mathoora, mère de deux enfants, habite non loin du ruisseau Tranquille. Elle pense, comme ses voisines Lilawtee Shiburn et Rajwantee Beeharry que le cours d?eau est à l?origine des affections respiratopires dont souffrent les enfants et même des adultes. ?Bien souvent nou gagne malade la tête, étouffement et brûlures l?estomac, les yeux ek d?autres symptômes?.
Selon Rajwantee qui vit dans cette agglomération depuis plus de trente ans, les habitants éprouvaient autrefois un immense plaisir à pêcher les crevettes dans le ruisseau. Ce n?est malheureusement plus possible aujourd?hui. ?Zordi quand la pluie tombé, pas capave sorti dehors pou respiré, senti ène mauvais l?odeur?.
Quant à Goorcharan et Boyjenath, ils souhaitent que les autorités prennent au sérieux la proposition de compensation. ?Nous ne voulons pas que nos enfants et nos petits-enfants connaissent le stress permanent que nous avons connu depuis l?ouverture de ce site à Mare-Chicose. Il est temps pour nous de vivre paisiblement?.
Du côté du Stam, un haut cadre affirme que toutes les dispositions ont été prises pour atténuer l?odeur émanant du CET. ?Et avec le suivi qui se fait par les membres du Local Watch Network, le travail se fait dans la transparence. Par exemple, les membres siégeant au sein de ce comité peuvent constater que nous avons maintenant une couverture journalière des déchets et pris d?autres dispositions pour l?extraction du biogaz?, dit-il.
Selon ce haut cadre, même s?il reste beaucoup à faire pour éliminer complètement l?odeur, STAM ne lésine pas sur les moyens pour y arriver.
Jonction
A travers champs
La nouvelle route emprunterait un chemin de terre de 5,8 km, actuellement utilisé pour le transport de la canne à sucre vers l?établissement sucrier de Riche-en-Eau. Un nouveau tronçon de 1,2 km permettrait de faire la jonction entre les champs et le site d?enfouissement. Selon le tracé du nouveau tronçon qui avait été dessiné par un cabinet d?ingénieurs, les camions transportant les déchets devraient quitter la route de Cluny à la hauteur de Bemanique, pour passer à l?intérieur des champs de cannes afin de rallier le site de Mare-Chicose, évitant ainsi le village.
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