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La communion sacrée

5 septembre 2005, 20:00

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Enfin dans la cour des grands. Yannick Lincoln le tient son Tour de Maurice et rejoint dans la légende Eric Pitchen et Patrick Haberland. On n’a eu de cesse, durant les quatre jours de la compétition de jeudi à dimanche dernier, de parler de “solidarité mauricienne”. Cette fois, les Mauriciens ont roulé pour Yannick Lincoln. Ce dernier, dit-on, a gagné en maturité et a su conquérir les coeurs des Mauriciens, public et… coureurs confondus. Analyse de Colin Mayer, un vieux briscard de la petite reine.

Sur un plan personnel, Colin Mayer explique que le but de sa participation au Tour de Maurice n’était pas “pour aider Yannick, mais bien de faire le Tour et de le terminer”. Ce sont les circonstances, confie-t-il, “qui ont fait que j’ai eu les jambes pour aider à un certain moment. J’ai recommencé à rouler il y a environ six semaines et je suis content d’avoir atteint mon objectif”.

Il n’y avait pas que Colin Mayer et le frère Christophe pour aider. Yannick a pu également compter sur Thomas Desvaux et Sébastien Hacques, pour ne citer qu’eux.

De ce côté-là, Colin Mayer est catégorique : “Yannick a changé. À la différence des années précédentes, il a su conquérir les coeurs des Mauriciens, en particulier ceux des coureurs.” C’est l’expérience, le petit plus qui lui manquait peut-être lors des tours précédents pour pouvoir prendre le pouvoir.

“On disait toujours que Yannick c’est le mauvais garçon, etc. Après quelques années, il a atteint la maturité. De par son approche et ses réactions, il a obtenu le coup de main qu’il n’avait pas obtenu lors des deux tours précédents, mais il ne faut pas se tromper, il faut être fort pour pédaler et remporter le tour”, souligne le coureur du Curepipe Starlight.

Notre interlocuteur fait également ressortir que la plus petite contribution de tout un chacun a aidé à la grande victoire finale. “Pour être un champion, Yannick est un champion, cela, il n’y a pas de doute. Mais pour gagner le tour, il faut que les circonstances soient réunies. Je trouve que Yannick a eu des coéquipiers exemplaires cette fois. Je pense particulièrement à Sébastien Hacques qui a abattu un travail remarquable. Quant à Thomas Desvaux et moi-même, nous avons aidé à un certain moment, mais aussi petite que soit notre contribution, cela a contribué à faire basculer les choses et j’en suis heureux”, explique-t-il.

Ne dit-on pas qu’un tour ne se gagne pas seul ? L’élément unificateur, selon Colin Mayer, c’est le professionnalisme et l’encadrement apportés par Gilbert Quéland et Jean-Claude Louison. “Je salue la décision de l’Association mauricienne de cyclisme qui a fait appel à ces personnes. Elles ont su insuffler la motivation et la cohésion à l’équipe de Maurice”, dit-il.

Colin Mayer prévoit un avenir brillant pour Yannick Lincoln, et même pour son frère Christophe.

“Christophe aussi a démontré des qualités exceptionnelles. Il est deuxième du tour quand même. Sur le plan international, les cyclistes atteignent la maturité à l’âge de 27-28 ans. Yannick et Christophe sont jeunes et osons espérer qu’ils ne laissent pas tomber le cyclisme après les études. Ils ont donc sept à huit bonnes années devant eux. J’espère que ce tour 2005 sera le catalyseur pour plein de bonnes choses pour Maurice. C’était super d’avoir trouvé cette communion qui n’existait pas…” Paroles de quelqu’un qui s’y connaît.

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