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La commission d?enquête réfère un cas à la police

2 septembre 2004, 20:00

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Prendre le taureau par les cornes. C?est la décision que semble afficher la commission d?enquête sur la vente à la barre. En effet, Sir Victor Glover et ses deux assesseurs ont décidé de référer à la police un premier cas d?abus.

Encore une fois, les dépositions d?hier mettent en évidence plusieurs anomalies du système. La séance a aussi été marquée par la détresse d?une femme, qui a perdu ses biens, ayant été menée en bateau tant par ses proches que par les hommes de loi.

Annie Lam Ching Ko est en larmes. C?est une histoire d?héritiers qui a mal tourné. Elle crie son désespoir. ?Mon met mo lespwar ar zot. Gete ki zot capav fer pou mwa.? Sir Victor Glover dit comprendre sa douleur mais sa déposition ne porte pas sur la vente à barre : ?Mo bien sagrin me nou pa capav fer narien. Di mwoin pa sa comision la.?

Un autre témoin, Balchand Malhotra, raconte sa malchance. En 1996, son cousin Sanjay demande à sa mère de lui offrir quatre perches de terrain. Cette dernière accepte sans se douter du piège qu?elle ouvre. Ne sachant ni lire ni écrire, elle se rend chez un avoué pour apposer son pouce sur les documents.

En fait, elle se porte garante d?un prêt contracté par Sanjay Malhotra d?un casseur de Surinam. Le cousin ne pouvant rembourser sa dette, le terrain a été vendu à la barre pour un prix dérisoire. Désillusion pour celle qui achète le terrain : la maison supposée s?y trouver n?existe pas. Mais il n?y a pas de contestation. ?Terin la ti telman bon marse?, précise Balchand Malhotra.

Le président de la commission souhaite une enquête policière sur la question. Une autre anomalie fait réagir les commissaires.

C?est l?histoire d?Atmanand Jooty. Il obtient un prêt de Rs 150 000 de la Prudence Mauricienne contre une hypothèque sur son terrain de 20 perches. Mais le projet qu?il prévoit n?aboutit pas et il ne peut plus honorer ses mensualités.

Son terrain est alors vendu à la barre pour Rs 150 000 alors qu?un évaluateur l?estime à Rs 750 000 et un autre à Rs 1 million. Après la saisie, la compagnie d?assurances exige qu?il rembourse la différence due. C?est un abus, a affirmé Atmanand Jooty. ?I agree with you but till the law doesn?t change, we can?t do anything?, lui répond sir Victor Glover. En effet, les créanciers procèdent souvent à la saisie des biens pour des prix négligeables avant de réclamer ensuite la différence de la dette aux débiteurs.

Autre fait étonnant qui fait sourciller les commissaires, c?est le calvaire de la famille Jhugoo. Cette dernière habite pendant longtemps sur un terrain qui appartient à la famille Chong Fi. Ayant eu vent que le terrain est menacé de saisie, les Jhugoo décident de l?acquérir pour Rs 2, 4 millions. Comme prévu par la loi, ils versent un quart de la somme payée, soit Rs 600 000.

Le même soir, les Jhugoo reçoivent un appel téléphonique qui leur apprend que leur terrain a déjà été vendu il y a deux ans. Après des démarches, la famille se rend compte que c?est hélas vrai. Elle va vite réaliser que tel est effectivement le cas. Depuis, elle mène combat pour récupérer ses Rs 600 000?

Rajdhun Seegobin confie, lui, avoir emprunté Rs 250 000 de la Delphis Bank en 1997 et s?être régulièrement acquitté de ses mensualités jusqu?en 1999. Ayant accusé un retard de trois mois, il se rattrape en payant d?un seul coup Rs 31 000 à la banque, soit presque le montant de ses paiements.

Mais c?est le début d?un bras de fer avec l?établissement bancaire concernant le reste de sa dette. Suivent des procédures pour la vente de son terrain.

Il y a un premier renvoi compte tenu de la contestation des chiffres de la dette. Pour cela, Rajdhun Seegobin remet Rs 24 000 à un avoué dont la réputation n?est plus à faire devant la commission d?enquête. Mais la saisie de son terrain a lieu en janvier 2001.

Les plus impitoyables sont sans conteste les casseurs. Marcette Anseline en sait quelque chose pour avoir reçu Rs 60 000 pour un prêt de Rs 90 000. Au final, c?est Rs 190 000 qu?elle rend. Ses nombreuses tentatives pour rembourser le casseur à travers une compagnie d?assurances qui devait lui prêter Rs 200 000 s?avèrent vaines. Et on lui saisit son terrain?

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