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La chrysalide devenue papillon
L?Ouest passe peu à peu du stade de chrysalide à celui de papillon. La topographie de la région a beaucoup changé avec des projets d?intérêt national et social.
Les longères de Richelieu ne sont plus qu?un mauvais souvenir. Plusieurs familles vivaient alors dans des conditions misérables dans des taudis. L?environnement était insalubre. Les pelleteuses ont effacé ce triste pan de l?histoire du village. Les familles ont été relogées dans de nouvelles demeures de la National Housing Development Company, type Firinga, un peu plus loin. Un beau jardin d?enfants a émergé à l?endroit où étaient ces maisons.
A côté, à Petite-Rivière, une piste de karting aux normes internationales fait la fierté du village. Elle abrite bien souvent des courses de moto ou de karts. Les policiers de leur côté ont abandonné leur vielle baraque en ruine pour un bâtiment flambant neuf. Les facteurs aussi. Bientôt une école secondaire ouvrira ses portes à l?arrière de l?église du Sacré-C?ur de Marie. Elle abritera les élèves du St-Mary?s de Bambous. L?autre bâtiment flambant neuf, le centre polyvalent sera très utile aux jeunes. Les travaux ont pris fin. On n?attend que l?ouverture officielle.
L?on se souviendra de Camp-Créole à Albion où plusieurs familles vivaient dans des pièces en tôle. L?on se rappellera encore de cette vielle dame qui cuisinait son repas sur un foyer à même le sol. La lueur espoir est venu du côté du Trust fund for the integration of the vulnerable groups (TFIVG) qui leur a fourni des feuilles de tôle et du bois pour une maison digne de ce nom. Le centre d?Albion a aussi connu des changements avec la volonté des habitants. La petite chapelle a cédé la place à une église.
<B>Un véritable chantier</B>
L?école de Gros-Cailloux à aussi été rénovée alors que l?école technique à côté de l?église de Bambous a fait place au collège St-Mary?s. Une troisième école primaire a aussi était construite à la rue Geoffroy. Le collège d?Etat a aussi été agrandi. Les m?urs des consommateurs ont aussi changé grâce à la venue de Winner?s.
Malgré la manifestation des pêcheurs et des plaisanciers sur la plage de Wolmar, The Sands Resort, un nouvel hôtel, est venue s?ajouter à la liste des hôtels. Il a été suivi par le Taj peu de temps après, toujours sur cette plage. Médine a aussi apporté son grain de sel. Son terrain de golf à Clarence est sur le point d?être terminé.
Le village de Tamarin a été un véritable chantier ces dernières années. Une école privée occupe désormais le terrain à côté du pont alors que l?autre côté de la route, le Club Riverland fait le bonheur des sportifs. Et au début de l?année, c?est le centre commercial Le Barachois qui a changé le paysage de Tamarin. L?attente a été longue pour les habitants de Carlos à cause de la bureaucratie. Finalement, le problème d?inondation sera réglé.
Encore un centre commercial à Rivière-Noire où Le Ruisseau-Créole a pris la place des eucalyptus. Toujours à Rivière-Noire, les habitants de Camp-Lakol ne pataugeront plus dans la boue et ne passeront plus de nuits blanches quand il pleut. Leurs maisonnnettes en tôle ont été détruites et la NHDC et des bénévoles ont bâti de nouvelles maisons en dur pour eux.
Deux nouvelles écoles ont comblé un vide dans la région sud-ouest. Le collège d?Etat de La Gaulette et le St-Esprit de Case-Noyale encouragent les jeunes pour des études secondaires.Rico L?Intelligent, conseiller de Chamarel, a cessé de protester. La route principale de 12 km reliant son village à celui-ci de Baie-du-Cap a été retapée.
Un peu plus bas, vers la côte, l?Indian Resort, un nouvel hôtel, occupe la péninsule du Morne. Les hôtels poussent comme des champignons. L?établissement sucrier de Bel-Ombre a cessé de broyer la canne à sucre depuis belle lurette. Cinq hôtels et un terrain de golf occupent désormais les terres autrefois sous canne, signe que le changement a atteint le bout de l?île.
<B>Nord
Les initiatives privées pour un certain décorum</B>
Il y a cinq ans, dans les premières éditions de l?express-Nord, nous parlions de la ferme intégrée de Panchvati, d?une nouvelle foire à Rivière-du-Rempart, de la Terre promise aux ex-travailleurs de The Mount, de l?aménagement du village de Goodlands ou encore du projet de l?Aventure du Sucre.
Mais qu?est ce qui a changé ? Question facile à répondre dans la mesure où semaine après semaine durant ces cinq dernières années, nous n?arrêtons pas de rendre compte des projets réalisés ou encore des problèmes existants.
A Panchvati, le projet de ferme intégrée refait surface cinq après. Ce projet, cher au Professeur George Chan, a été mis au frigo pour des raisons que seuls les décideurs politiques connaissent. La foire de Rivière-du-Rempart est déjà prête, mais n?est pas encore opérationnelle. Celle de Pamplemousses a ouvert ses portes, il y a une semaine. Pour les terres promises aux ex-employés de The Mount, la promesse a été tenue en partie. Le plan prévoyait des arrangements pour des infrastructures. Ces ex-employés n?ont reçu qu?un lopin de terre.
A Grand-Baie, village aux multiples problèmes, l?Etat est venu avec le projet de tout-à-l?égout.
Toutefois force est de reconnaître que Rivière-du-Rempart est le village qui a été le plus grand bénéficiaire d?infrastructures sportives ou sociales. Village faisant partie de la circonscription de l?ancien Premier ministre, ce village a été doté de facilités à faire rêver plus d?un. Un Centre de jeunesse unique dans l?océan Indien et peut-être d?Afrique. La Place Gandhi, a été rénovée, il est vrai avec du retard. Il est bon d?y passer un moment que ce soit dans la matinée ou dans la soirée. Les autobus de la Corporation Nationale du Transport (CNT) disposent d?une gare moderne.
Par contre Goodlands, le plus grand village du Nord demeure le parent pauvre dans le domaine du développement. Il n?y a eu presque aucun développement durant ces dernières années. Les promesses n?ont pas manqué. Construction d?un nouveau marché, d?une médi-clinique, d?une nouvelle route reliant le village à Grand-Gaube, de nouveaux terrains de jeux ou de nouvelles salles de cinéma, tout cela est resté au stade d?ambitieux projets.
Pourtant ce village bénéficie de la collaboration du St Antoine Development Fund, qui a mis des terrains à la disposition du village. L?autre grand village, Triolet est demeuré sans aucune réalisation majeure. Il y a toujours de nombreux projets pour ce village, qui fait partie de la circonscription de l?actuel Premier ministre, dont le fameux marché moderne. Mais on avance à pas de tortue.
<B>Même pas de lampadaires</B>
Le conseil des districts, censé apporter des infrastructures modernes, se plaint chaque mois, de ne pas disposer des moyens adéquats. Même pas de quoi acheter des lampadaires Le budget de la National Development Unit (NDU) a été réduit et ce ne sera pas dans les prochains mois que cette unité avancera des fonds pour des projets dans les villages.
On ne peut passer sous silence que certaines infrastructures, qui faisaient la fierté du Nord dans le passé, sont en décrépitude. Comme le Stade Anjalay.
Heureusement, grâce à des initiatives du secteur privé, le Nord connaît un certain décorum. L?Aventure du Sucre, l?aquarium de Pointe-aux-Piments, le Horse-Riding Delight à Mon-Choisy, une ferme où peut voir des animaux en élevage. Sinon, le tableau aurait été tout noir.
<B>Est
Un développement à deux vitesses</B>
Une tournée dans les 36 village council areas de Moka-Flacq, au fil de ces cinq dernières années, révèle un triste constat : beaucoup de villages sont encore laissés à la traîne alors que d?autres ont connu un développement accéléré. Même s?il est vrai que Flacq est l?agglomération centrale de l?Est et qu?elle doit bénéficier d?un traitement prioritaire, n?empêche que certaines améliorations auraient dû parallèlement être apportées aux villages voisins.
La nouvelle gare routière de Centre-de-Flacq et la route circulaire qui traverse à l?arrière du champ de foire pour déboucher à la hauteur du Kentucky Fried Chicken, ont nécessité des investissements importants. Projets justifiés parce que le village s?essoufflait et les embouteillages devenaient quotidiens. Mais la construction de deux complexes sociaux à Flacq, un centre communautaire à Riche-Mare et un social hall à Sainte-Anne, qui ont nécessité un investissement total de quelque Rs 15 millions, ne le sont certainement pas.
Il fallait que les autorités répartissent équitablement les budgets entre Flacq et Bel-Air-Rivière-Sèche, le village le plus peuplé de l?Est, ?Notre village n?a connu aucun développement depuis ces dix dernières années. Le terrain de foot est boueux et bosselé. J?entreprends des démarches auprès du gouvernement pour faire bouger les choses?, confiait récemment Sudesh Katoorah, conseiller de district de Bel-Air-Rivière-Sèche.
Trou-d?Eau-Douce a aussi fait les frais de ce développement inégal : les routes sont défoncées et, en l?absence de drains, plusieurs endroits sont affectés par des inondations. D?un gouvernement à l?autre, la voix des habitants, conseillers ou membres des Forces vives, n?a jamais été écoutée. A chaque consultation populaire, les candidats viennent avec leur lot de promesses farfelues.
<B>?Aucun projet à Moka?</B>
Développement à deux vitesses également entre Moka et Saint-Pierre. ?Aucun projet n?a été réalisé à Moka, ni par le gouvernement ni par le conseil des districts durant ces cinq dernières années. Plusieurs routes doivent être asphaltées et dotées de drains. Nous n?avons même pas un crématorium. Je suis conseiller depuis dix ans et je me suis toujours heurté à un mur?, explique Ved Golam, conseiller du district de Moka.
Par contre, Saint-Pierre, village voisin de la même circonscription (Moka-Quartier-Militaire), a pu goûter pleinement aux fruits du développement : un grand complexe pour les maraîchers et les commerçants de produits de luxe, une gare d?autobus et une place de taxis, des travaux de réfection de plusieurs routes et l?installation de drains dans des endroits affectés par des inondations, entre autres.
Le village council area de Brisée-Verdière, qui comprend également les villages de Mare-d?Australia, Belvédère, Pont-Bon-Dieux, Salazie et Latapie, est le seul à n?avoir pas été doté d?un village hall. ?Jusqu?à présent, notre requête n?a pas été entendue. Nous souhaitons que l?actuel gouvernement réalise un tel projet avant la fin de son mandat?, confie Rishi Naga, président du village.
Durant ces cinq dernières années, beaucoup de projets d?embellissement de l?environnement ont été réalisés. Cependant, avec le départ graduel à la retraite des relief workers, qui ne sont pas remplacés, ces espaces verts souffrent d?un manque d?entretien.
<B>Sud
Un problème de congestion routière</B>
Les habitants de la région de Rose-Belle sont impatients. Ils rêvent depuis des années de déambuler dans un nouvel espace pour remplir leur panier de légumes et d?autres produits fraîchement arrivés sur les nouveaux étals. Les gouvernements successifs n?ont pu jusqu?ici réaliser leur rêve.
?Nou finn fatigué tan dire qui pou ena ene nouveau bazar dans Rose-Belle Ziska zordi nou encore pe pataugé dans la boue quand énan mauvais temps?, explique Soodesh R, un chauffeur de taxi qui vient tout juste de déposer un client devant le poste de police du village. Cet habitant de Vieux-Grand-Port, âgé d?une cinquante d?années, qui a travaillé pendant plus de dix ans dans la région, connaît ce village comme sa poche. Après avoir entendu les promesses qui ont été faites par les gouvernements successifs pour répondre aux besoins des habitants qui subissent chaque jour les inconvénients de l?embouteillage, de la pollution sonore, du désordre le jour du marché, les commentaires de ce chauffeur de taxi se révèlent très justes. ?Li ti pou bon si lotorité construire enn nouveau bazar ene fois?, ajoute-t-il avant de rappeler les difficultés qu?il rencontrées un dimanche matin pour traverser le village de Rose-Belle avec malade dans sa voiture en route pour l?hôpital Jawaharlall Nehru à Rose-Belle.
Avec son lot quotidien de problèmes et le nombre de nouveaux résidents qui viennent s?ajouter à ceux déjà existants, il serait temps de redessiner une nouvelle configuration pour ce village qui étouffe dans des espaces qui rétrécissent chaque jour sous la pression de la congestion routière. Il faudrait, à notre avis, délocaliser certaines activités dans la périphérie du village. Par exemple, il faudrait la construction d?une nouvelle gare routière non loin du stade de Rose-Belle, un projet qui initialement faisait partie d?un plan global pour décongestionner Rose-Belle. La construction d?un nouveau marché allait aussi dans ce sens.
<B>Projet global</B>
Ramesh Basenoo, président du conseil des districts de Grand-Port- Savanne donne son point de vue sur le retard pour la concrétisation du projet d?un nouveau marché dont la construction avait été annoncée à plusieurs reprises et tout récemment encore avant la présentation du budget 2006-2007 au parlement.
?Nous ne pouvons pas puiser des fonds du conseil pour aller de l?avant avec ce projet. Les habitants de cette région l?attendent depuis bien longtemps?. Le projet global, près de nouvelle gare routière qui devait être réalisé par la National Development Unit (NDU) avait été estimé à Rs 100 millions. Il comprenait un Food Court, un market fair, un bloc administratif, des toilettes et d?autres espaces pour la vente aux enchères, entre autres.
Le conseil des Districts de Grand-Port-Savanne compte-t-il aller de l?avant avec la construction de ce nouveau marché ?
?Certainement?, dit le président du conseil des districts de Grand-Port-Savanne. ?Nous pensons négocier une portion de terre avec l?ex- établissement sucrier de Rose-Belle pour relancer la construction de ce marché. Personnellement, je pense qu?il pourrait être réalisé selon la formule Build Operate and Transfer (BOT) avec quelques modifications au projet initial pour un projet intégré?.
Ce projet, dit-il pourrait faire la place pour des infrastructures qui pourraient éventuellement abriter les services publics tels que le dispensaire, Mauritius Telecom qui pourraient être des sources des revenus pour le conseil.
Pour réaliser ce projet, Ramesh Basenoo a déjà pris contact avec des stakeholders. ?Nous sommes en négociation?, s?est-il contenté de dire.
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