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La chronologie de Khalid Nazroo

26 novembre 2007, 00:00

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Khalid Nazroo revient avec un nouveau titre : «Chronologie». Du 26 au 30 novembre, à la galerie IBL à Port-Louis, l?artiste expose plus d?une trentaine d?ensembles, environ 70 toiles réalisées entre 1997 et 2007, dont certaines à la suite de ses voyages à New York, aux Seychelles, en Inde, entre autres. Parmi, figurent aussi deux grandes toiles inédites, réalisées lors d?une résidence au CCB en 1997.

Si sa première exposition remonte à ses 18 ans, Nazroo n?avait jamais revu avec recul l?ensemble de son processus esthétique. C?est l?occasion d?un bilan et d?un projet pour cet artiste sorti de l?école des Beaux-Arts de Paris, actuellement Senior Lecturer au MIE et passionné de l?histoire de l?art. Tel un contemplateur étranger, il saisira d?un regard neuf l?essence de son ?uvre, constatera son évolution à la fois progressive et régressive et redécouvrira les lignes et les couleurs qui s?harmonisent pour fixer sur toile les traits ? conscients ou inconscients, concrets ou abstraits, mais toujours réalistes ? d?un projet esthétique.

Réaliste, car l?artiste puise toujours ses objets picturaux dans son vécu. Sa réalité exprime souvent son île natale ? comme cette série sur le séga qu?il présenta en fin d?études pour l?obtention de son diplôme. Mais elle exprime aussi sa situation insulaire comme entrave à son élan artistique. Heureusement, pour lui qui se proclame à juste titre «an island on an island», les références qui viennent d?ailleurs ne manquent pas pour enrichir son ?uvre et la tendre vers un universel artistique.

Dans la forme, ce qui domine ses compositions, ce sont les traits linéaires et cycliques. Les êtres et les choses se dévoilent à travers des silhouettes et des formes matricielles. La linéarité architecturale est un moyen artistique de graver sous une forme particulière ses pensées. Dans le fond, ces traits sont aussi l?évocation du temps dans tous ses aspects : concrets ou abstraits, linéaires ou cycliques, finis ou infinis, mais toujours trahissant l?angoisse de l?artiste devant l?expérience du présent où la fuite du temps lui rappelle la seule certitude de son existence : la mort. Si certaines toiles, comme ce «sablier», cherchent à saisir et à exprimer l?instant insaisissable et indicible, d?autres sont une volonté de comprendre le sens même de l?existence.

Liberté dans la créativité

Car c?est pour répondre à la question «comment est-ce qu?on vient à peindre ?» que l?artiste a conçu cette exposition, s?interrogeant sur le cheminement d?une ?uvre, commencée dès l?enfance, influencée par les impressionnistes américains et français qui ont marqué les années 70 et façonné l?esthétisme de son époque. Si bien qu?aujourd?hui, il déplore la place de la modernité dans la créativité contemporaine où les artistes exploitent la nouvelle technologie au détriment du véritable art. Mais, paradoxalement, il prône la liberté dans la créativité : «sans la liberté totale, il n?y a pas de création», dit-il.

Si son projet esthétique s?accompagne d?une interrogation existentielle, c?est parce que toute son ?uvre a une fonction de miroir, lui renvoyant sans cesse sa propre image. Son autoportrait, «le peintre et son modèle», concrétise cette tendance. L?art est alors appelé à obéir à la quête de soi, de l?absolu. Mais, sans doute, il ne se chercherait pas s?il ne s?était pas déjà trouvé puisque, comme le disait si bien Picasso, «en art, on ne cherche pas, on trouve?»

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