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La Chine ne s?est pas vengée

8 août 2004, 20:00

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Le tenant de la Coupe d?Asie, le Japon, a surmonté son adversaire de toujours, la Chine, samedi, au stade des Travailleurs, 3 buts à 1, pour remporter son troisième succès dans cette compétition. Les supporters chinois ont laissé éclater leur colère au coup du sifflet final après que le Japon eut inscrit deux buts controversables au cours de la seconde période. Le Japon avait remporté la Coupe d?Asie en 1992 et 2000.

Koji Nakata avait donné l?avantage au Japon à la 65e minute après un but très contesté. Sur un corner, le milieu de terrain, Shunsuke Nakamura, aurait joué le ballon de la main. Keiji Tamada ajouta un second but lors des arrêts de jeu au terme d?une belle action personnelle pour corser l?addition.

?Il était important de garder son calme dans une atmosphère comme celle prévalant, samedi, à Pékin contre une équipe hostile?, a déclaré le coach du japon, l?ancienne vedette brésilienne, Zico. ?Personne ne nous accordait beaucoup de chance avant le début du tournoi mais nous avions gardé foi pour arriver au but.?

Le Japon mit sous l?éteignoir un début de partie remarquable de la Chine avant de prendre l?avantage à la 22e minute contre le cours du jeu, de la tête, par Takashi Fukunishi. Cela eut le don de réduire au silence une assistance de quelque 65 000 specateurs hostiles. La Chine revint à la 37e minute, lorsque le milieu de terrain Li Ming signa un superbe but du pied gauche des 30 mètres.

Le Japon a copieusement été hué au cours de la Coupe asiatique et son hymne national fut noyé, avant le coup d?envoi, dans une cacophonie. Quelque 6 000 membres de sécurité dont la police anti-émeutes et des forces armées étaient présents au stade pour prévenir tout débordement de violence.

Malgré tout, quelques cas isolés en dehors du stade après le match furent notés, un groupe d?une centaine de manifestants lançant des bouteilles et brûlant le drapeau japonais. La Chine, qui n?a jamais remporté la Coup asiatique, termina comme vice-championne pour la deuxième fois après avoir perdu contre l?Arabie Saoudite (2-0) lors de la finale de 1984.

Les autorités, tant chinoises que japonaises, avaient pourtant exhorté au calme les supporters avant cette rencontre potentiellement explosive. Les Chinois sont loin d'avoir oublié la très dure occupation de leur pays de 1931 à 1945 par l'armée impériale nippone, qui s'était soldée par des dizaines de millions de morts.

<B>Quand le passé resurgit </B>

Des dizaines de milliers de supporters chinois ont convergé sur le Stade des Travailleurs avant la rencontre, beaucoup en brandissant des drapeaux de leur pays ou jouant du tambour. Les quelque 2 000 supporters japonais qui avaient fait le déplacement avaient été placés à l'écart dans un coin du stade, séparés de leurs homologues chinois par plusieurs rangées de policiers en civil pour éviter des frictions. Le dispositif de sécurité a été considérablement renforcé devant la résidence de l'ambassadeur du Japon et aux abords de l'hôtel où étaient descendus les équipes.

Avant le match, de petits groupes de Chinois avaient scandé des propos hostiles aux Japonais et brandi des banderoles frappées de slogans politiques. Sur l'une des calicots arborés samedi par les supporters chinois, on pouvait lire: ?Abattez l'épée sur la tête du démon et mettez notre tête à la place.? Un groupe de Chinois s'était rassemblé autour d'un orateur criant ?mort aux Japonais?.

Une quarantaine de personnes portant l'uniforme gris des forces anti-japonaises actives en Chine dans les années 1930 et 1940 ont brandi des morceaux de papier où l'on pouvait lire entre autres messages ?300 000?, référence au nombre de personnes tuées selon la Chine par les forces japonaises lors du massacre de Nanjing, en 1937.

Un homme de 35 ans se présentant comme un ?éducateur patriote? a déclaré qu'il était important que les Japonais n'oublient pas l'Histoire. ?Nous constatons que leur fascisme d'antan commence un peu à refaire surface. Ils envoient par exemple des troupes à l'étranger?, a-t-il dit.

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