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La cause de l’empoisonnement ne sera peut-être jamais connue

23 novembre 2006, 00:00

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La cause de l’empoisonnement de l’ancien agent russe Alexandre Litvinenko ne sera peut-être jamais connue, a déclaré avant-hier soir un de ses médecins à Londres, jugeant possible qu’il n’ait pas été empoisonné au thallium.

“Sur la base des résultats (d’examens) que nous avons reçus aujourd’hui et d’analyses cliniques de M. Litvinenko, l’empoisonnement au thallium est improbable”, a précisé dans un communiqué l’University College Hospital, où Litvinenko était toujours hospitalisé dans un état grave.

Le Dr Amit Nathwani, médecin traitant l’ancien agent russe, a ensuite précisé devant l’hôpital qu’il était “très possible qu’on ne trouve jamais la cause” de son empoisonnement, en raison du délai écoulé avant qu’il ne soit transféré à l’University College Hospital, le 17 novembre.

Produit radioactif</B>

“Il est possible qu’il n’ait pas été empoisonné avec du thallium, bien que nous ne puissions pas complètement l’exclure à cause de la date où il est arrivé dans notre hôpital”, a-t-il dit.

“Nous explorons d’autres possibilités”, a-t-il ajouté.

Ce nouveau développement inattendu, contredisant les assertions antérieures d’un toxicologue ayant évoqué un empoisonnement au thallium radioactif, est venu encore ajouter au mystère de cette affaire, sur laquelle enquête la direction antiterroriste SO15 de Scotland Yard, sous la supervision du commissaire Peter Clarke.

“Il a des symptômes concordant avec un empoisonnement au thallium, et aussi des symptômes concordant avec un autre type de poison. Ce n’est donc pas du thallium à 100 %, c’est peut-être du thallium radioactif”, avait déclaré en milieu de journée le docteur John Henry, toxicologue.

Alexandre Litvinenko, ancien colonel du FSB (l’ex-KGB) très critique à l’égard du président russe Vladimir Poutine, a été empoisonné le 1er novembre et hospitalisé quelques jours plus tard dans un premier hôpital à Barnet, au nord de Londres.

Ses proches ont dénoncé la main de Moscou, une accusation rejetée par les services secrets russes.

Vieilli, ayant perdu tous ses cheveux, il est “épuisé” mais a parlé pendant près de 15 heures sur trois jours à la police, a précisé son ami et porte-parole Alexandre Goldfarb. Selon les médecins, il a seulement 50 % de chances de s’en sortir.

Dans un entretien au service russe de la BBC le 11 novembre, dont la transcription a été publiée mardi, M. Litvinenko a raconté avoir rencontré le 1er novembre une personne qui lui a transmis des papiers concernant la journaliste russe assassinée Anna Politkovskaïa.

Dans ces documents, que l’ancien espion dit ne pas avoir eu le temps d’étudier correctement en raison de sa maladie soudaine, “était nommée une personne, qui apparemment pourrait avoir été liée au meurtre” de la journaliste russe d’opposition, tuée à Moscou le 7 octobre, avait-il dit.

<B>Victime de Poutine</B>

La personne qu’Alexandre Litvinenko avait rencontrée dans un restaurant de sushis a été ensuite identifiée comme l’Italien Mario Scaramella. Il n’aurait pas joué de rôle dans l’empoisonnement, selon les amis de M. Litvinenko.

Selon Alexandre Goldfarb, avant de rencontrer Mario Scaramella le 1er novembre, Alexandre Litvinenko avait pris le thé dans un hôtel du centre de Londres avec deux Russes dont l’un serait un ancien membre du KGB.

L’ancien espion est lui-même convaincu avoir été victime du président russe Vladimir Poutine. “Il est sûr que l’ordre a été “directement donné par Poutine”, a affirmé mardi soir à l’AFP l’homme d’affaires russe controversé Boris Berezovski, qui a rendu visite à plusieurs reprises à l’ex-agent russe à l’hôpital.

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