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La canne pas aussi sucrée que prévu
C?est un hiver pas tout à fait idéal pour l?industrie sucrière. Au démarrage de la coupe, environ un mois plus tôt, la maturation de la canne était la principale source de préoccupation pour l?industrie. On espérait alors que le climat s?améliorerait et favoriserait une accumulation rapide de sucre dans les roseaux. Mais les choses ne se passent pas exactement comme on l?aurait souhaité.
A ce stade, le taux d?extraction tourne autour de 8,7 %. Durant la période correspondante en 2002 et 2001, il était supérieur à 9 %. Même dans l?ouest, région qui réunit les meilleures conditions de maturation dans toute l?île, le taux d?extraction est inférieur par presque un demi-point.
Cela ne fait que confirmer la tendance vers une production sucrière inférieure au potentiel. La production sucrière est estimée à 570 000 tonnes cette année.
L?Institut de recherches de l?industrie sucrière fait un suivi rapproché de l?évolution climatique. Ainsi, il conclut que l?Est et le centre ont reçu beaucoup trop de pluie en juin, situation qui ne favorise guère la maturation de la canne. En revanche, le Nord et l?Ouest ont connu des conditions climatiques optimales.
La canne a également besoin d?une grande fluctuation de température diurne et nocturne pour pouvoir fabriquer un maximum de sucre. Sur ce plan, juin n?a pas déçu. La température enregistrée durant le jour dans les régions sous canne a été proche de la normale saisonnière, sauf à Pamplemousses où il a fait légèrement plus froid.
<b>Nuits plus froides</b>
Et pour ne rien gâcher à l?équation, les nuits ont été plus froides que d?habitude. Les jours ont été plus ensoleillés, permettant à la canne d?optimiser sur la photosynthèse.
L?impact du climat sur la récolte est quantifiable. La productivité de la canne est de 7,1 tonnes de sucre à l?hectare. Elle est inférieure à celle de l?année dernière. En revanche, les champs ont été plus productifs que l?année dernière, ce qui est normal compte tenu du temps en début d?année. On récolte en moyenne 81 tonnes de cannes par hectare.
Le climat a eu un double impact sur la productivité au champ. L?excédent de pluie et les cyclones en début d?année ont fait que le rendement à l?hectare a été inférieur à 2001, année de référence.
Les tiges de cannes ont gagné plus de centimètres que la normale le mois dernier. La canne a des tiges bien plus longues que la normale, même si elles doivent encore atteindre la taille des cultures de l?année de référence. Encore que cela semble difficile vu que l?élongation de la canne s?est drastiquement ralentie avec l?entrée de l?hiver.
Le Nord est la seule région à y faire exception. Les cultures y sont plus jeunes et elles sont sujettes à une faible floraison, ce qui permet à la canne de continuer à grandir.
La fin de juin promettait une amélioration de la maturation de la canne. Même si, comme le souligne le Msiri, ce sera difficile pour la canne de rattraper le retard accusé en début d?année. Le climat reste un facteur clé dans la détermination du résultat final de la récolte 2003. La météo promet un hiver pluvieux en raison d?anticyclones visitant la région. C?est d?ailleurs à ces derniers qu?on doit les chutes peu ordinaires de la température. Voilà qui refroidit les espérances des sucriers.
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