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La campagne présidentielle bat son plein
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La campagne présidentielle bat son plein
À l’approche de l’élection présidentielle, Marc Ravalomanana, et Jean Lahiniriko, trésorier de la FLM, se disputent les suffrages des fidèles luthériens.
“90% des membres des comités locaux de soutien de Jean Lahiniriko sont des pasteurs issus de la FLM (Eglise luthérienne de Madagascar)”. Ce proche de l’ancien président de l’Assemblée nationale est catégorique dans ses affirmations. Il veut surtout souligner que le camp Lahiniriko ne craint pas les opérations de séduction lancées par le pouvoir.
“Avec les luthériens, tout est déjà bien en place”, poursuit-il encore avec assurance. à l’en croire, rien de ce que le camp Ravalomanana entreprendra, ne pourra altérer la cote de popularité du trésorier de la FLM auprès de ses “co-fidèles”.
Le pasteur Endor Modeste Rakoto a, plus d’une fois, souligné que l’église luthérienne ne soutient aucun candidat à l’élection présidentielle. Aussi les hommes politiques, du moins ceux qui misent sur les voix chrétiennes, se battent-ils pour tenter d’en séduire le maximum.
<B>Promesses</B>
Le proche de Jean Lahiniriko a beau souligner que son patron était “à Ankaramalaza pour prier”, il n’a pu s’empêcher de révéler que celui-ci “a accordé des audiences aux pélerins qui le lui demandaient”. La veille de sa destitution de son poste de président de l’Assemblée nationale, l’élu de Betioky a déjà pris de l’avance en offrant aide et appui aux pasteurs et associations luthériens qui lui ont rendu des visites de courtoisie à Tsimbazaza.
Pour rattraper son retard, le pouvoir multiplie, depuis quelques semaines, les petits gestes à l’endroit des fidèles luthériens. Avant-hier, le président de la République a promis aux représentants de la jeunesse de la confession, de tout faire pour envoyer certains d’entre eux “explorer d’autres horizons à l’étranger”.
Une semaine plus tôt, il a tenu à être présent à l’inauguration des travaux entrepris au Centre de réveil d’Ankaramalaza et financés par l’état sur son initiative.
Lors d’une visite à Manakara, en marge des festivités du jubilé du Centre d’Ankaramalaza, le président de l’Assemblée nationale, Samuel Mahafaritsy Razakanirina, a promis la réfection du temple d’une paroisse locale.
Comme pour lancer un message aux fidèles, un communiqué de la Chambre basse, lu dans un journal de la TVM, informe que les quelque 200 pasteurs reçus par Samuel Mahafaritsy Razakanirina soutiennent le pouvoir en place.
À Antsahamanitra, devant les nouveaux pasteurs de la FJKM (église de Jésus-Christ à Madagascar), le chef de l’état a récemment rappelé que ces derniers sont des modèles pour leurs fidèles.Une caractéristique qui doit aussi valoir pour les autorités cléricales des autres confessions.
Le mois de septembre risque de rimer avec inaugurations. à quelques mois des élections présidentielles du 3 décembre, tous les moyens sont bons pour faire bonne figure auprès de l’électorat. L’inauguration du by-pass de 15,5 km, reliant la RN2 à la RN7, fait partie des événements attendus d’ici peu de temps. L’avancée dans l’exécution des travaux laisse supposer la fin du chantier avant mars 2007, l’échéance prévue initialement. L’idée de l’ouverture officielle du tronçon le mois prochain fait son chemin dans les hautes sphères de l’état.
Série d’inaugurations </B>
Le chef de l’état ne va pas non plus se priver de la tribune offerte par la Maison de la Radio à Anosy. L’inauguration de celle-ci est prévue pour le mois de septembre. Les nouveaux studios des médias publics seront équipés par Canal France international (CFI).
Ils seront entièrement numérisés. La liste n’est pas encore exhaustive. La preuve, l’inauguration de la résidence présidentielle à Toamasina et l’ouverture de l’Institut national de leadership à Iavoloha doivent également figurer dans l’agenda du chef de l’état pour le mois de septembre.
La série d’inaugurations traduit la volonté du gouvernement de séduire l’électorat. Le choix du calendrier n’est pas non plus fortuit. Les infrastructures routières et de communication font partie des chevaux de bataille du régime actuel. L’inauguration des deux projets relatifs à ces secteurs constitue des signaux adressés à la population, à la veille des élections.
Iloniaina Alain
Lova Rabary-Akotondravony</B>
CODE ÉLECTORAL
<B>Ravalomanana adhère au bulletin unique</B>
■ La position du président Marc Ravalomanana sur le code électoral évolue. Selon Mgr. Rémi Joseph Rabenirina, président du Conseil chrétien des églises, le chef de l’état n’est plus contre le bulletin unique.
“Nos points de vue convergent pour la tenue d’une élection libre et transparente”, souligne le prélat anglican, hier à Iavoloha, à l’issue d’une entrevue entre le président et les quatre chefs d’églises chrétiennes. “Le chef de l’état est
d’accord sur le principe du bulletin unique, c’est l’essentiel. Pour ce qui est de son application, cela devra attendre les élections organisées après le 3 décembre”, ajoute-t-il.
Les chefs d’église ont proposé au chef de l’état d’étudier ce problème de code électoral . “Il a reçu une copie de notre projet et a promis de l’examiner. En tout cas, nous ne pouvons pas passer outre la législation pour son adoption”, remarque Mgr. Rémi Joseph Rabenirina.
Jusqu’ici, le président de la République a laissé ses lieutenants s’exprimer sur l’inopportunité de la révision de la loi électorale, se contentant de faire remarquer que “la loi électorale en vigueur est l’une des meilleures en Afrique”. Et ce, malgré les réclamations de plusieurs entités pour le toilettage du texte actuel. Il en est ainsi du Conseil national pour l’observation des élections (Cnoe) qui insiste sur la révision de la loi électorale. “Nous espérons le toilettage du texte en vigueur,” souligne Tanteliniaina Rakotoarison, secrétaire général adjoint du Cnoe. “Le président peut encore décréter sa révision. Nous pouvons nous servir de cachet si des électeurs éprouvent des difficultés à utiliser un stylo”, propose-t-il.
<B>I.A.</B>
CONVENTION
<B>Une Charte des partis politiques pour en réduire le nombre </B>
■ Quelques partis politiques se dotent d’une charte. S’étant rendu compte de leurs lacunes et faiblesses, les leaders de treize d’entre eux ont signé un document de dix articles, “détaillant les droits et devoirs des partis politiques”, selon Maurice Beranto, président de la Fidem (Union des démocrates malgaches). L’objectif de la Charte est, entre autres, d’arriver à réduire le nombre de partis politiques existant à Madagascar. “Il n’est pas normal qu’un petit pays de 16 millions d’habitants dispose de plus de 180 formations politiques”, reconnaît Maurice Beranto. Les critères de création et d’existence ne sont pas encore définis, mais “ils seront déterminés par la loi sur les partis”. En attendant que cette loi soit publiée, “sans doute lorsque l’un de nous arrivera au pouvoir”, ainsi que l’affirme le président de la Fidem, la Charte prône la création d’une “maison des partis”. “Il s’agira d’une plate-forme de discussions des leaders politiques”, explique un de ses concepteurs. “En faisant des échanges, nous nous découvrirons des idées communes, et finirons peut-être par fusionner nos groupements”, poursuit-il. à en croire Maurice Beranto, “les partis poussent comme des champignons parce que les citoyens n’ont ni les moyens d’échanger leurs opinions, ni de communiquer leurs convictions respectives”. Cent soixante-dix partis n’ont pas encore paraphé la Charte, mais les signataires ne désespèrent pas de voir leurs rangs grossir. “Beaucoup de partis ont promis leur adhésion plus tard”, lance l’un d’eux, traduisant l’avis des autres. Ceux qui ont signé le pacte du mois de mars sont attendus. Pour l’instant, seuls les partis d’opposition ont manifesté leur intérêt.
<B>L.R.R.</B>
CONTESTATION
<B>L’opposition amorce un difficile retour</B>
L’opposition tente un nouveau forcing. Les 3FN tiendront meeting à Toamasina le 3 septembre. Une manifestation dont l’objectif est de contester l’organisation de l’élection présidentielle du 3 décembre. Il y a de l’électricité dans l’air.
L’opposition regroupée dans les Trois forces nationales (3FN) débute, à Toamasina, ses meetings en provinces. Le rendez-vous risque d’être explosif, car celui-ci va conditionner la suite de la contestation quant à la tenue de l’élection du 3 décembre.
L’opposition tente d’attirer l’opinion publique. Elle débutera ses tournées provinciales à Toamasina, pour dénoncer l’élection présidentielle du 3 décembre. “Nous organisons un rassemblement de grande envergure dans le Grand Port, le 3 septembre”, révèle Tabera Andriamanantsoa, membre des 3FN.
“Le 2 septembre, nous nous rendrons à Brickaville pour une cérémonie de réconciliation nationale. Nous invitons tout le monde à ce rendez-vous. Comme c’était déjà le cas entre les ex-réservistes et la famille des victimes des événements de 2002”, ajoute-t-il.
La décision a été prise à l’issue de la réunion du bureau national du Comité pour la réconciliation nationale (CRN), à Ivandry. Celle-ci devra être entérinée au niveau des 3FN dont fait partie le mouvement dirigé par le Professeur Zafy Albert. Le rendez-vous est donc pris, “à moins d’une entrave de la part du gouvernement”, selon Ndremanjary Jean-André.
Septembre houleux</B>
Le choix de ces deux villes n’est pas fortuit. “C’est à Brickaville que des barrages ont été mis en place. Il y eut également des affrontements lors de la crise post-électorale de 2001. Il est normal d’y organiser une séance de réconciliation entre les protagonistes”, explique Tabera Andriamanantsoa.
Pour ce qui est du choix de Toamasina, “celle-ci relève plutôt de l’organisation locale”, indique le responsable du Conseil national des états fédérés. Mais la réputation du Grand Port comme bastion du précédent régime n’y est pas étrangère.
Le rendez-vous dans la capitale de la région d’Atsinanana remet au goût du jour, la logique d’affrontement entre gouvernement et opposition. C’était déjà le cas lors de la série de meetings organisée, il y a huit mois, dans les provinces.
Cette fois-ci, le discours de l’opposition sera axé sur la contestation sur la tenue de l’élection présidentielle au 3 décembre. De son côté, le gouvernement fait tout son possible pour la réalisation du scrutin.
Le rassemblement à Toamasina va influer sur la suite de l’offensive des 3FN. L’appel de leur antenne locale en direction des forces armées, la semaine dernière, n’est pas innocent. Les signataires du communiqué tentent de convaincre les éléments des forces de l’ordre de se ranger de leur côté. Mais le message de l’opposition se heurte à une mise en garde à répétition du gouvernement contre toute tentative de créer un foyer de tension.
“Redescendre dans la rue”</B>
Après huit mois d’interruption, voilà donc les 3FN qui tentent de regagner l’opinion publique. C’est une suite logique de leur promesse de “redescendre dans la rue”, selon Avonel Andriantsilavo. Après Toamasina, elles iront à Mahajanga, puis à Toliara. Aucune date n’est encore révélée pour ces rendez-vous. Mais le mois de septembre risque d’être chargé pour l’opposition. Pour ce qui est de son retour dans la capitale, rien n’est encore décidé. Mais les multiples réunions des responsables des 192 fokontany à l’Akany Lovasoa constituent un signe d’effervescence dans les préparatifs en ce sens. Les ténors des 3FN tentent de revenir sur le devant de la scène, après le coup d’arrêt du 17 décembre 2005. à l’époque, les dirigeants de la troïka ont essayé d’organiser un meeting sur la Place du 13 Mai. Le rendez-vous de la capitale devait boucler la boucle d’une tournée provinciale.
Mais la réunion a tourné court, suite à l’intervention de la population, selon Patrick Ramiaramanana, maire de la Commune urbaine d’Antananarivo. Des membres de l’opposition, dont le député Faharo Ratsimbalson, ont été tabassés.
Après le rassemblement du 17 décembre, le mouvement des 3FN sur le terrain connaît un fléchissement. L’incarcération du député Voninahitsy Jean Eugène n’arrange pas les affaires de l’opposition.
<B>Alain Iloniaina</B>
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