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La Bourse : une contribution positive au développement de l?économie

17 février 2004, 20:00

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Le développement d?un secteur financier dynamique à Maurice fait partie d?une stratégie bien réfléchie qui avait été initiée dans les années 80. Les événements durant les années 80 ont mis en évidence la nécessité de doter le pays d?infrastructures modernes en vue d?offrir aux opérateurs économiques une plate-forme appropriée pour mener les affaires d?une manière plus efficiente. C?est donc dans ce contexte que la Bourse de Maurice a été créée en juillet 1989 avec les objectifs suivants :

(i). Créer un marché organisé et réglementé pour la négociation des instruments financiers.

(ii). Offrir aux sociétés locales une plateforme pour lever des capitaux en vue de financer leur développement.

(iii). Offrir aux investisseurs un mode alternatif d?investissement.

(iv). Agir en tant que baromètre de l?économie et aider à mesurer la performance des sociétés cotées.

(v). Attirer des investissements étrangers et augmenter les réserves en devises étrangères.

(vi). Rehausser le niveau de bonne gouvernance au sein des entreprises, encourager une meilleure divulgation d?informations financières, renforcer la transparence et amener les entreprises mauriciennes à s?aligner aux pratiques internationales.

<B>Contribution à l?économie </B>

D?un marché pré-émergent avec 10 sociétés cotées, une capitalisation boursière de Rs 1,4 milliards et des transactions de Rs 14,2 millions à la fin de sa première année d?opération en 1989, le marché boursier mauricien a émergé durant les 15 dernières années comme l?un des marchés les plus performants de la région et du continent africain. 43 compagnies sont actuellement cotées sur le marché officiel et les titres de 75 sociétés sont négociés sur le marché hors cote. La capitalisation boursière a connu une croissance très importante et s?élevait à Rs 54,2 milliards au 31 janvier 2004, ce qui représente 35 % du produit intérieur brut.

L?impact positif d?une Bourse des valeurs sur l?économie d?un pays a fait l?objet de plusieurs études qui soulignent l?apport potentiel important d?une Bourse en termes de création de valeur pour les actionnaires, de réduction du coût de capital pour les entreprises et de stimulation de l?activité économique, moyennant l?existence de conditions favorables. A Maurice, même si le marché boursier, de par la taille de l?économie mauricienne et du paysage industriel, n?affiche pas la profondeur et l?efficience des grands marchés, il a contribué à la modernisation de l?économie mauricienne. Les analyses suivantes illustrent sa contribution.

Le marché boursier mauricien a permis aux entreprises cotées de lever des capitaux à moindre coût pour financer leur développement et leur expansion. Durant les 15 dernières années, plus de Rs 10,5 milliards ont été levées par les compagnies cotées en Bourse à travers de nouvelles émissions d?actions, des émissions numéraires et des émissions d?obligations.

Le marché boursier mauricien a aussi permis aux investisseurs individuels aussi bien qu?institutionnels d?avoir accès à une plus grande gamme d?instruments financiers et leur a permis d?avoir des rendements qui, en moyenne, ont été supérieurs aux rendements perçus sur d?autres instruments financiers ou sur les placements bancaires. C?est un fait connu que dans le long terme, un investissement boursier rapporte aux investisseurs de meilleurs rendements que ceux perçus sur d?autres instruments financiers. A Maurice, le rendement annualisé, dividendes inclus, sur le marché boursier durant les 15 dernières années a été de 19.3 % comparé à 8-9 % sur les placements bancaires pour la même période. Le marché boursier a aussi aidé à démocratiser l?économie mauricienne en assurant le développement de l?actionnariat. Ils sont près de cinquante mille individus à avoir investis dans les différentes sociétés cotées en Bourse de Maurice.

Le marché boursier a aussi attiré des investissements étrangers durant la période août 1994, date de l?ouverture du marché aux investisseurs étrangers, au 16 février 2004. Comme nous le démontre le tableau ci-contre, le marché boursier a attiré des flux nets de Rs 2,1 milliards durant cette période en dépit des désinvestissements importants de la part des étrangers pendant la période 1999-2000, au lendemain de la crise qu?avaient connue les marchés émergents.

En sus de permettre aux entreprises mauriciennes de se procurer des capitaux étrangers et au pays d?augmenter ses réserves étrangères, les investissements étrangers ont aussi eu un impact positif sur l?efficience du marché et sur sa croissance. De plus, les investisseurs étrangers ont tendance d?apporter des expertises techniques et des attentes par rapport à l?adhésion aux standards internationaux par rapport aux informations, réglementation et aux systèmes opérationnels. A Maurice, la présence des investisseurs étrangers a sans doute contribué à améliorer les infrastructures opérationnelles et réglementaires du marché boursier.

La tendance positive notée depuis l?année dernière en termes de l?intérêt des investisseurs étrangers pour le marché boursier mauricien a été confirmée depuis le début de l?année. Outre la présence des investisseurs étrangers, la bonne performance du marché depuis plusieurs mois est attribuable à la croissance enregistrée sur les revenus et bénéfices de certaines compagnies, la baisse des taux d?intérêt et les taux de rendements attrayants offerts sur un certain nombre de valeurs cotées.

La Bourse a aussi facilité le programme de privatisation du gouvernement.

D?une part, elle a offert aux investisseurs un mécanisme de sortie, sans lequel la privatisation des entreprises contrôlées par l?Etat aurait été moins facile et attrayante.

D?autre part, elle a offert au gouvernement une référence pour évaluer les instruments en vente. Deux entreprises appartenant à l?État ont été cotées sur le marché boursier, permettant au gouvernement de lever Rs 2 milliards à travers la vente d?actions détenues par l?Etat au sein de ses entreprises.

<B>Amélioration de l?infrastructure </B>

Avec l?émergence d?un environnement financier international où les marchés n?ont plus de frontières, les Bourses à travers le monde sont contraintes d?être plus compétitives en vue de répondre aux standards internationaux et d?améliorer leur efficience et profitabilité. La Bourse de Maurice a eu à suivre cette tendance en apportant des changements importants à son infrastructure opérationnelle.

? Création d?une Centrale Dépositaire de Titres

En 1997, la Bourse de Maurice a mis sur pied une centrale dépositaire de titres pour assurer la déposition et le règlement des titres. La mise sur pied de la CDS a permis un règlement efficient tout en réduisant les risques inhérents.

L?harmonisation aux normes internationales a été un objectif important dans la création de la CDS. Les standards sont alignés aux recommandations G30 et aux principes de IOSCO. De plus, en vue de réduire le cycle de règlement au niveau de plusieurs Bourses à travers le monde, la CDS est passée de T+5 à T+3 en moins de trois ans d?opération.

? Introduction d?un système de cotation automatisé (SEMATS)

SEMATS a été en opération pour plus de 2 ans. Ce système de cotation automatisé constitue une étape importante pour positionner la Bourse de Maurice comme une Bourse oeuvrant vers l?excellence. SEMATS est un système qui est facile à gérer et incorpore une base de données accessible aux utilisateurs et donne aux investisseurs la possibilité de passer des ordres à travers l?internet.

SEMATS a été bien accueilli par la communauté des affaires et a aidé à rehausser la qualité des transactions à Maurice au même niveau que ceux d?autres bourses bien établies.

? Création d?un Département de Listing à la SEM

Avec le transfert du rôle régulateur au Département de listing en l?an 2000 et l?entrée en vigueur de nouvelles règles d?admission en 2001, la Bourse de Maurice veille à ce que les sociétés cotées adhèrent aux nouvelles règles. La Bourse de Maurice, à travers le Département de Listing conseille les compagnies cotées sur leurs obligations.

<B>Changement du cadre réglementaire</B>

La Bourse de Maurice a entamé un programme de réforme pour rehausser les standards réglementaires au même niveau que ce qui est pratiqué ailleurs. Le cadre réglementaire dans lequel opère la Bourse a connu des développements importants durant les dernières années :Le Securities (Central Depository, Clearing & Settlement) Act 1996 a été promulgué pour réglementer les opérations de la CDS, une compagnie subsidiaire de la Bourse.

De nouvelles règles d?admission ont été introduites en février 2001. Ces règles, qui sont calquées sur les règles d?admission de la Bourse de Londres et celles de la JSE, reflètent des procédures et standards répondant aux normes internationales.

Les règles de cotation qui sont en vigueur depuis 2001, avec l?entrée en opération du système automatisé, assurent la transparence du marché.

En vue de promouvoir le marché boursier mauricien comme un lieu attrayant et sûr, la Bourse a mis en place des systèmes de contrôle basés sur les principes de IOSCO.

<B>Démocratisation de l?actionnariat

Les Bourses sont maintenant contraintes de changer leur structure et de s?engager à générer de la valeur pour leurs actionnaires tout en préservant les intérêts de leurs clients et de la communauté en général.

L?ouverture de l?actionnariat de la Bourse de Maurice à des sociétés autres que les sociétés de Bourse en 1999-2000 avait pour objectif de doter la Bourse de Maurice d?une structure qui est en ligne avec la démocratisation en cours dans d?autres bourses à travers le monde. Dans ce contexte, 52.5 % du capital de la Bourse, qui étaient détenus par les sociétés de Bourse ont été vendus à 14 nouveaux actionnaires dont des fleurons de l?économie nationale.

<B>L?engagement régional </B>

Durant les récentes années, la Bourse de Maurice a émergé comme un important acteur au niveau de la région dans le domaine du développement des marchés de capitaux. La Bourse de Maurice s?est vu octroyer un contrat pour mettre sur pied une Bourse régionale en Afrique centrale.

La CDS, compagnie subsidiaire de la Bourse de Maurice a été sollicitée pour mettre son expertise au service d?autres Bourses africaines. La CDS a été choisie pour mettre en place un système de cotation automatisé à la Bourse de Nairobi. La Bourse de Maurice a été admise comme membre de SAFE, qui regroupe les Bourses de l?Asie du Sud. La Bourse de Maurice a aussi joué un rôle important dans la mise sur pied de COSSE, (Comité qui regroupe les Bourses de la SADC).

L?encadrement réglementaire et opérationnelle de la Bourse de Maurice a été complètement revu durant la dernière décennie et a permis à la Bourse de se positionner comme un acteur important de l?économie. Elle a connu des réformes importantes qui ont contribué à améliorer l?efficience, la transparence et la fiabilité du marché et a contribué au dévelop-pement économique du pays. La Bourse devrait continuer à se développer pour contribuer davantage à l?économie du pays.

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