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La boathouse fait des vagues

12 janvier 2006, 20:00

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La construction d?une boathouse sur la plage publique du Morne fait des vagues. Des plaisanciers et des associations socioculturelles expriment ouvertement leur opposition.

Ce complexe est un projet conjoint du gouvernement et du secteur privé pour permettre à un plus grand nombre d?estivants d?avoir accès aux sports nautiques.

C?est Karl Lamarque, membre de l?Association des plaisanciers et du Group pou aksyon reparasyon krim esklavaz qui a envoyé la lettre de protestation au conseil du district de Rivière-Noire le 15 novembre, à la veille de la date de l?expiration pour loger des protestations. Il affirme ne pas être le seul à protester.

?C?est à un ami qui a attiré mon attention sur ce projet au dernier moment. Je n?ai pas pu avoir des consultations avec les membres des autres associations étant donné que le temps était limité. Par contre, nous avons eu des réunions par la suite et ils sont d?accord avec moi?, déclare Karl Lamarque.

Le conseil du district avait convoqué le protestataire et le promoteur le 15 décembre pour des consultations, mais ce dernier ne s?est pas présenté. Une autre réunion a eu lieu le 27 décembre où chacun a pu s?exprimer. Un proche du conseil de district affirme que la protestation ne tient pas debout parce que Karl Lamarque est un plaisancier et que c?est pour des raisons personnelles qu?il proteste.

Le protestataire confirme qu?il parle au nom de l?association des plaisanciers et des pêcheurs car, dit-il, leur emploi est menacé. ?Nous sommes une trentaine de plaisanciers qui sont basés au Morne. L?ouverture de cette boathouse aura des conséquences graves sur nos bénéfices. Les touristes, qui sont nos clients, s?y rendront aussi?, estime-t-il. Il ajoute qu?il n?y a aucune garantie que la boat house n?offrira pas les mêmes services que les plaisanciers.

Interrogé pour savoir si les Mauriciens pourraient avoir accès aux prestations offertes par les plaisanciers, Karl Lamarque déclare qu?il y a des tarifs préférentiels pour eux.

D?ailleurs, dit-il, les plaisanciers ont fait entendre leur voix à chaque fois que leur emploi était menacé.

<B>Les plages rétrécissent</B>

De plus, il présente une lettre datant du 18 janvier 2005 adressée à Paul Bérenger et à Navin Ramgoolam Premier ministre et leader de l?opposition d?alors, dans laquelle le Group pou aksyon reparasyon krim esklavaz dont il est membre demande de protéger cette plage car elle est utilisée 1er février pour commémorer l?abolition de l?esclavage.

?C?est un lieu où nous nous réunissons chaque année. Nous ne pouvons avoir accès à la montagne, alors il ne faut pas toucher à cette plage. D?ailleurs, il y a aussi des projets pour la montagne du Morne?, dit-il. Il affirme que ce n?est pas une bataille sectaire, mais on se bat plutôt pour toute la nation.

Les pêcheurs de la région sont représentés par Luchman Aunand. Celui-ci ne comprend pas pourquoi on met des bâtiments et des hôtels sur les plages alors qu?à l?étranger les hôtels sont construits de l?autre côté de la rue, loin de la plage. ?Il y a une seule belle plage au Morne. Pourquoi construire une boathouse là-bas? ?, se demande-t-il.

Pour sa part, Joseph Layove, président de l?Union Créole de Baie-du-Cap et membre du Comité 1er février qui a assisté à la réunion du 27 décembre, est aussi contre le projet. Pour lui, cette plage est un lieu sacré qui se trouve juste en face de la montagne du Morne. Il rappelle qu?autrefois cette plage était plus large, mais dit-il, les hôtels ont pris beaucoup de place.

?Il devient de plus en plus difficile d?y commémorer l?abolition de l?esclavage car c?est une cérémonie qui attire de plus en plus de Mauriciens?, dit-il.

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