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La BAT veut jouer la carte sociale

16 septembre 2004, 20:00

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Les compagnies de tabac doivent se montrer bonnes jongleuses. Elles doivent ménager l?opposition d?associations antitabac et atténuer les réactions hypocrites des autres, de ces gouvernements qui les grondent publiquement mais qui récoltent les taxes payées par l?industrie. Pour éviter d?être marginalisées, elles doivent accomplir un travail supplémentaire de relations publiques.

Alors qu?en Grande-Bretagne, 80 % des entreprises listées en Bourse soumettent volontairement des rapports retraçant leurs performances sociales, éthiques et environnementales, la British American Tobacco (BAT) est la seule entreprise mauricienne à le faire. Elle publie annuellement un rapport social.

Le fait que la compagnie produise des cigarettes peut expliquer cette prise en compte d?aspects qui ne sont pas directement liés aux affaires. Car, dans le business, une bonne réputation est cruciale. ?Il est encore plus important pour une compagnie qui fournit un produit aussi controversé que le nôtre de maintenir un très haut niveau de responsabilité sociale. Le rapport social n?est pas une tentative d?excuser ce que l?on fait. C?est une volonté de dire ce qu?on représente et ce qu?on est d?accord de changer?, dit le directeur général de la BAT, Jean-Pierre Mamet.

Un rapport social est une évaluation de la performance sociale d?une compagnie, ou l?interprétation a une bonne place. La BAT a invité des partenaires, le gouvernement, les cultivateurs de tabac, les associations anti-tabac, des fournisseurs et des fumeurs, à des discussions.

Leurs attentes étaient axées autour d?activités de soutien à la communauté, des projets liés à l?environnement, une meilleure communication avec les fournisseurs, plus d?information par rapport aux risques du tabac et une campagne antitabac nationale pour les jeunes.

A partir de ces recommandations, la BAT a établi des stratégies afin de satisfaire ces attentes. Pour décourager les jeunes de fumer, la BAT s?engage, par exemple, à distribuer des posters antitabac aux détaillants, à coopérer avec des centres de jeunesse et des conseils de village pour distribuer des brochures éducatives et s?assurer d?un contrôle plus strict de la vente des cigarettes aux mineurs.

Ceci étant dit, l?industrie du tabac génère Rs 1, 8 milliard par an en taxes. Le rapport social aura peut-être un impact positif sur l?image de la compagnie ou des répercussions sociales positives, mais les organisations antitabac voient dans cette industrie un marchand de mort, de poison. Elles ne perçoivent absolument pas cette démarche comme bénéfique.

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