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La «réticence à agir» des autorités étonne la MCB
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La «réticence à agir» des autorités étonne la MCB
Vingt mois après la découverte de la fraude massive à la Mauritius Commercial Bank (MCB), le président sortant, Jacques Harel, a longuement évoqué cette affaire. C?était lors de l?assemblée générale de la banque, hier matin.
Le nouveau président élu est Gérard Hardy, qui occupait jusqu?à hier le poste de vice-président. Il est remplacé à la vice-présidence par Jacques Mamet, qui a auparavant travaillé pour la firme Ernst and Young.
La MCB reste intriguée sur les enquêtes menées tant par la police que par l?Independent Commission against Corruption (Icac) sur le détournement de fonds au détriment du Fonds national de pensions (FNP). C?est ainsi que Jacques Harel a soulevé de nombreuses interrogations qui restent toujours sans réponse pour la banque. «Pourquoi les autorités politiques du pays semblent-elles si réticentes à agir laissant ainsi planer soupçons et souillures qui ont de graves conséquences pour l?image et la crédibilité du pays.»
La MCB reste perplexe sur d?autres volets de la fraude. Elle se demande donc «pourquoi l?enquête initiée par la déclaration de la banque le 21 janvier 2004 sur le fait que Robert Lesage a personnellement bénéficié de la fraude à hauteur de Rs 586, 244,45 ne fait encore l?objet d?aucune action». Jusqu?ici, l?ex-chief manager de la MCB, Robert Lesage, à qui la banque impute l?entière responsabilité de la fraude, s?est rendu à plusieurs reprises à la police dans le cadre de l?enquête.
L?institution bancaire dit aussi ne pas comprendre « comment l?enquête policière sur le vol déclaré par la banque aux Casernes centrales depuis le 26 septembre 2003 a tardé à démarrer ».
La MCB s?interroge sur le fait que «tous ceux, en dehors de la MCB, cités dans les différentes enquêtes, y compris le NPF, n?ont pas tous encore été inquiétés».
Le cas de Teeren Appasamy suscite toujours des questions : «Pourquoi Teeren Appasamy, bénéficiaire principal des fonds volés, selon le DPP lui-même, n?a pas encore été interrogé et encore moins extradé malgré des annonces qui remontent à mars 2003 et qui ont été répétées en 2004 ?» Au mois dernier, l?Icac n?avait encore initié aucune procédure d?extradition de l?homme d?affaires mauricien en Grande-Bretagne.
<B>Aveux de robert lesage</B>
La direction de la banque, qui a toujours maintenu qu?elle n?était pas au courant du détournement de fonds, se demande «comment, au vu de tout ce que les instances responsables de l?enquête et d?actions en justice savaient et savent sur cette affaire, c?est le general manager qui a fait l?objet d?une accusation formelle.» Pierre-Guy Noël est accusé de blanchiment d?argent.
Cette interrogation est d?autant plus pertinente pour la banque maintenant que Robert Lesage a «avoué à plusieurs reprises qu?il n?agissait pas sous instructions» : « No, I did it on my own initiative» ou encore «I used the funds without instructions and on my own initiative.»
La banque ne s?explique pas comment ayant connaissance d?une telle déclaration, «l?Icac a malgré tout décidé de référer sur la base des allégations du même Robert Lesage, les cas de Pierre-Guy Noël et de Philippe A. Forget au DPP alors qu?aucune action n?a été prise contre Robert Lesage ou Teeren Appasamy. Au contraire, Robert Lesage a bénéficié d?une immunité quelconque.»
De plus, Jacques Harel note que les dépositions de l?ex-principal accountant du FNP, Ameena Rojoa, et du secrétaire permanent du ministère de la Sécurité sociale, viennent «confirmer les dires du directeur général de la banque à propos d?une lettre qu?on a tenté vainement de lui faire signer et qui n?était qu?en fait qu?une conspiration pour étouffer l?affaire».
<B>Moody?s rassuré</B>
Par ailleurs, Jacques Harel a rappelé les démarches entreprises par la banque depuis l?assemblée générale 2003. En début d?année, une délégation de l?agence de notation, Moody?s, est venue faire le point sur la fraude. La banque a tenu à les rassurer sur les moyens mis en ?uvre en matière de gestion de risques. Cette mission a été «positive, permettant ainsi d?enlever la banque de leur watchlist».
La banque a aussi logé en Cour suprême une plainte contre ses assureurs, la Mauritius Union, relative à la réclamation de Rs 737 millions, faite en juin 2003. La MCB espère, par ailleurs, que le Main Case sera pris sur le fond dans un avenir proche.
Les nouveaux membres du conseil d?administration, qui s?est réuni, hier après l?assemblée générale, sont : Patrick Ducray, membre du conseil d?administration du groupe Union St Aubin, Bertrand de Chazal, expert-comptable, qui a travaillé 20 ans à la Banque mondiale et Mary Wong Ping Lun, également expert-comptable. La première femme à siéger au conseil d?administration de la MCB est chargée de cours à l?université de Maurice, membre du listing committee à la Bourse et membre du comité sur les normes de comptabilité à Maurice.
<B>L?Equity Fund lancé dans deux semaines</B>
Jacques Harel a indiqué aux actionnaires que l?Equity Fund dans lequel la banque investira Rs 1 milliard de roupies est finalisé. Une fois les permis obtenus, ce fonds devra être lancé dans deux semaines. L?objectif principal du fonds est de stimuler l?investissement privé et créer de nouveaux emplois.
Le président sortant a aussi soutenu que «dans un contexte difficile, la banque a continué à développer ses activités et à lancer de nouveaux produits qui ont connu un franc succès sur le marché (prêt-logement, prêts rapides à court terme?)»
La banque peut donc «regarder l?avenir avec confiance sans pour autant relâcher ses efforts». Il a fait ressortir que les bénéfices opérationnels du groupe ont franchi pour la première fois, la barre des Rs 2 milliards alors que les résultats nets atteignent Rs 1,488 milliard.
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