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L’Europe mène la danse des fusions et acquisitions

29 mars 2006, 00:00

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Alcatel-Lucent, Mittal-Arcelor, Gaz de France-Suez, Bayer-Schering. Partout, dans le monde, les fiançailles et les mariages se multiplient. Au premier trimestre 2006, les opérations de fusions et acquisitions annoncées ou conclues ont ainsi représenté 881,4 milliards de dollars (731,8 milliards d’euros), selon l’institut spécialisé Thomson Financial. Soit 44 % de plus qu’à la même période en 2005.

L’Europe a été particulièrement active. Les transactions y ont doublé, pour représenter 386,1 milliards de dollars au premier trimestre. Les secteurs les plus actifs ont été l’énergie (21,3 % des montants), les télécommunications (18,6 %) et la finance (14,1 %).

Les acquéreurs industriels ont repris l’avantage sur les financiers. Les fonds d’investissement restent très présents sur les opérations inférieures à 1 milliard de dollars, mais ils sont quasi absents des grandes opérations.

La frénésie d’acquisitions de la fin des années 1990 s’était soldée par des endettements records pour nombre d’entreprises, quelques faillites retentissantes – les Américains Enron, WorldCom – et un krach boursier mondial – en mars 2000 à Wall Street et à l’automne de la même année à Paris.

Aujourd’hui, le retour des fusions-acquisitions ne semble pas inquiéter les investisseurs. Et ce d’autant plus que, comme le pointe la banque américaine Goldman Sachs, les deux tiers des offres de rachat se font sur la base d’un paiement 100 % en cash, contre moins d’un tiers des opérations entre 1998 et 2004. Chaque annonce est donc suivie d’une très forte hausse des cours des entreprises concernées.

Dans ce contexte, les indices européens flambent. Le CAC 40 – qui a atteint 5 218,71 points, vendredi 24 mars – a ainsi gagné plus de 10 % depuis le 1er janvier. Et les analystes de Goldman Sachs pensent que ce mouvement devrait continuer, vue la “puissance de feu” dont disposent les entreprises. “Il y a encore un potentiel de 630 milliards d’euros de trésorerie disponible – soit 8,6 % de la capitalisation européenne totale – pour des fusions”, estiment-ils, dans une note du 17 mars.

Les analystes de la Société générale sont également optimistes : “Le cycle de fusions qui a redémarré en 2005 est très puissant, en raison des faibles endettements des entreprises et des coûts de financement peu élevés.” Ils estiment que les indices boursiers peuvent encore gagner 10 % à 14 % sans que l’on puisse pour autant parler de bulle.

Le courtier français Global Equities, lui, se montre en revanche plus réservé : “Les marchés actions plafonnent en ce moment. Ils restent calés sur des niveaux de croissance des bénéfices par actions qui peuvent difficilement être révisés en hausse, car les perspectives économiques, aussi bonnes soient-elles, ne l’autorisent pas.” “D’autre part, ajoute le courtier, ils sont nourris de craintes de hausse des taux d’intérêt, courts et longs, de baisse des prix moyens de l’immobilier, de flambée du pétrole et de l’inflation, de baisse du dollar...”

<B>© Le Monde 2006 Distribué par

The New York Times Syndicate</B>

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