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L’amnistie approuvée massivement à Alger
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L’amnistie approuvée massivement à Alger
Les électeurs algériens ont approuvé à une majorité écrasante une “charte pour la paix et la réconciliation” octroyant une amnistie partielle aux islamistes pour tourner la page sur treize ans de guerre civile, indiquent les résultats du référendum de jeudi.
Le ministre de l’Intérieur, Noureddine Zerhouni, a annoncé que la charte avait reçu l’aval de 97,4 % des votants et que le taux de participation s’élevait à 80 % des 18,3 millions d’inscrits. Dans les provinces les plus durement frappées par la guerre civile, la participation a dépassé la barre des 90 %.
Ce haut niveau de participation et le poids du “oui” constituent un soutien solide au projet du président Abdelaziz Bouteflika, a déclaré Zerhouni à la presse.
Le scrutin a donné lieu à des violences dans l’est du pays, en Kabylie notamment où les partis d’opposition avaient appelé au boycottage de la consultation. La participation n’a pas dépassé 11,5 % à Tizi Ouzou.
“Ce projet de Charte n’a rien à voir avec la paix et la réconciliation. Il s’agit d’un plébiscite organisé par le régime pour réaliser les ambitions de Bouteflika et étendre encore ses pouvoirs”, déclare Hocine Aït-Ahmed, dirigeant du Front des forces socialistes (FFS) en exil à Lausanne.
Le référendum algérien n’était supervisé par aucune organisation indépendante et des observateurs ont dit douter du taux de participation annoncé du fait que beaucoup de bureaux de vote étaient à moitié vides. Zerhouni a assuré que le scrutin s’était déroulé dans une “transparence totale”.
Le conflit intérieur, qui a isolé l’Algérie du reste du monde, a été marqué par des atrocités commises par les rebelles et des crimes dans lesquels ont été mises en cause les forces de sécurité. Des rebelles opérant la nuit de village en village ont décapité des familles entières. Plus de 150 000 personnes ont été tuées. La charte du président Bouteflika propose une amnistie aux combattants acceptant de déposer les armes, à l’exception de ceux “impliqués dans des massacres collectifs, des viols ou des attentats à l’explosif dans des lieux publics”.
Les éléments impliqués dans des massacres en sont exclus, mais ses adversaires estiment que le système judiciaire algérien laissera passer des coupables entre les mailles du filet.
La plupart des Algériens se disent prêts à pardonner mais la cruauté des actes dont ils ont été témoins ne saurait tomber dans l’oubli.
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