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L’île de Bali à nouveau frappée par une série d’attentats
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L’île de Bali à nouveau frappée par une série d’attentats
Trois ans après les attaques islamistes d’octobre 2002 à Bali, des attentats sanglants ont à nouveau frappé des zones touristiques de l’île des dieux samedi soir. Selon un bilan provisoire fourni par la cellule de crise de l’hôpital balinais Sanglah, au moins 26 personnes ont été tuées et et une centaine blessées.Une vingtaine de personnes, dont une quinzaine d’étrangers, étaient recherchées hier par des hôtels ou par leurs proches, a indiqué Vika Rahmayanti de la cellule de crise de l’hôpital.
De nombreux Indonésiens sont au nombre des victimes. Un Japonais et trois Australiens, dont un adolescent, ont été tués. Un bilan provisoire fait état de six Sud-Coréens, dix-sept Australiens, une Française, un citoyen britannique parmi les blessés.
Les cadavres des victimes ont été placés dans des housses mortuaires à l’intérieur de deux conteneurs réfrigérés devant la morgue de l’hôpital Sanglah de Denpasar. Au moins huit spécialistes en médecine légale indonésiens ont été envoyés en renfort pour aider à identifier les victimes.
Les explosions sont intervenues à quelques minutes d’intervalle dans les stations balnéaires de Djimbaran et de Kuta. La première explosion a dévasté le restaurant Raja à Kuta. Quelques minutes plus tard, deux autres explosions ont dévasté deux restaurants de bord de mer dans le pittoresque village de pêcheurs de Djimbaran, à 30 kilomètres de Kuta. “L’explosion de Kuta a eu lieu à 19 h 30 [13 h 30 à Paris]. A 19 h 40, la première explosion de Djimbaran a eu lieu, et la seconde à 19 h 41”, a déclaré le porte-parole de la police de Bali, A. S. Reniban.
Un mode opératoire connu
Les victimes ont eu le corps criblé de petits clous qui avaient probablement été placés dans les engins explosifs. Les premières constatations sur les lieux des attentats ont permis de retrouver des corps décapités ainsi que des pièces de sac à dos suspectés d’appartenir à des kamikazes, a expliqué Ansyaad Mbai, chef de la section antiterroriste au ministère de la sécurité.
“Le mode opératoire est très similaire à de précédents attentats(-suicides), avec l’utilisation de sacs à dos, dont des morceaux ont été retrouvés sur les sites des attentats”, a-t-il déclaré à l’Agence France Presse. “Nous avons retrouvé des corps dont les jambes et la tête sont manquantes”, a-t-il ajouté.
“Il s’agit clairement d’attaques terroristes” qui ont frappé “au hasard et dans des endroits publics”, a pour sa part affirmé le président indonésien Susilo Bambang Yudhoyono dans une intervention télévisée.
Rohan Gunaratna, spécialiste du terrorisme à l’Institut de défense et d’études stratégiques de Singapour, a aussi évoqué la piste du réseau terroriste régional Jamaah Islamiyah. “La Jamaah Islamiyah est la seule organisation qui a la volonté et la capacité de mettre sur pied et de coordonner des attaques simultanées contre une cible occidentale en Indonésie”, a estimé cet expert.
Plusieurs attentats meurtriers en Indonésie ont été imputés ces deux dernières années à la Jamaah Islamiyah, réputée liée à Al-Qaida, dont ceux de Bali en octobre 2002, qui avaient fait 202 morts, principalement des touristes étrangers.
“Les auteurs des précédents attentats sont encore pour la plupart en li-berté, [cela] nous faisant courir un risque certain”, a déclaré le porte-parole de la diplomatie indonésienne, Marty Natalegawa.
Des attaques meurtrières contre l’hôtel Marriott de Jakarta (12 morts le 5 août 2003) et contre l’ambassade d’Australie (12 morts le 9 septembre 2004) ont également été attribuées à des activistes musulmans présumés membres de la Jamaah Islamiyah.
Le 3 mars 2005, le chef religieux indonésien Abou Bakar Bachir a été condamné à deux ans et demi de prison ferme pour son rôle dans les attentats d’octobre 2002. Plus de trente autres personnes ont été condamnées pour ces attentats, dont trois à la peine capitale.
© Le Monde Distribué par
The New York Times Syndicate
Avec AFP, Reuters et AP
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