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L’« acte de foi » de Médine

25 juin 2006, 00:00

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«Un acte de foi dans le pays. » C’est ainsi que Pierre Doger de Spéville, président de Médine Sugar Estates, qualifie le plan directeur des terres de Médine, lancé vendredi dernier à Bambous.

Préparé par le cabinet d’architectes-urbanistes Maurice Giraud, qui avait fait appel au sociologue Malenn Oodiah pour le volet socioéconomique, le plan directeur a nécessité une année de travail par une équipe pluridisciplinaire avant d’être finalisé en décembre 2004.

Dans la forme, le rapport d’une centaine de pages est de belle facture – format, mise en page, illustrations – promet une lecture agréable. Dans le fond, il frappe tant par son approche novatrice et visionnaire, que par l’étendue des propositions formulées pour l’aménagement du territoire et l’intégration de la population au processus de développement.

« Cette vision est d’autant plus valable aujourd’hui, à un moment où les défis de la restructuration de l’industrie sucrière et de la démocratisation de l’économie se font de plus en plus pressants. Ces deux thèmes ont été au centre de la réflexion lors de la préparation du plan directeur », a insisté Daniel Giraud, Chief Executive Officer (CEO) de Médine Sugar Estates.

Le Master Plan englobe en effet une nouvelle vision de l’aménagement-développement de Maurice post-sucre sur une partie importante du territoire – à savoir, 5,5 %. Il s’étale sur 21 ans en des phases de 7 ans bien distinctes.

À partir d’un constat de la conjoncture socio-économique du pays – restructuration de secteurs économiques traditionnels, émergence de nouveaux pôles de croissance –, et des réalités socio-démographiques et socioéconomiques de la région concernée, le MMP propose un aménagement – développement qui vise, sur le plan de l’aménagement du territoire, à s’éloigner définitivement du « développement sauvage ».

Un cadre de vie de qualité

Les objectifs sont ici, une cohérence avec une vision d’ensemble et une articulation des développements à court, moyen et long termes. De nouvelles normes urbanistiques, un habitat et un cadre de vie de qualité sont proposés. La valorisation du patrimoine naturel – dont la re-création d’une forêt endémique et historique de la région de Médine – tient également une place importante dans le plan.

Ainsi, de nouveaux paramètres touchant à l’aménagement du territoire sont posés. Toutes les composantes du développement sont prises en compte : zones pour le développement des secteurs économiques et pour les PME ; infrastructures pour soutenir l’aménagement proposé ; habitat de qualité pour toutes les catégories de la population à travers des développements résidentiels ; équipements collectifs de culture, de loisir et de détente.

Les propositions tiennent compte d’un certain nombre de paramètres fondamentaux que sont la nécessité de la diversification de la base économique et d’une aspiration pour une démocratisation de l’économie avec l’émergence d’une nouvelle classe d’entrepreneurs pour animer les PME et PMI. Cela tout en prenant en considération le rôle et l’importance des autres régions, dans un « souci de cohérence et de conformité aux grandes orientations touchant le développement économique, social et culturel ».

La nouveauté du plan directeur de Médine Sugar Estates est la philosophie du développement qui le sous-tend, celle d’un développement durable, qui intègre et articule dans un tout les dimensions environnementales et sociales.

« Voir loin et regarder près »

Les auteurs exposent ainsi la démarche qui a guidé le Plan : « Le développement actuel peut potentiellement engendrer de sérieux et graves déficits sociaux qui se traduisent par l’exclusion, la précarité, la marginalisation, la disparition des petits ateliers et commerces. Dans un tel cas, ce type de développement n’est porteur d’aucun projet social. Laissé à sa logique dominante, il ne fera que creuser les déficits. Il appartient aux acteurs-partenaires du développement d’imaginer des nouveaux rapports de partenariat pour un développement qui vient adresser ces déficits et les combler. L’entreprise privée peut, sans se substituer à l’État, apporter sa contribution à la promotion d’un développement intégré. »

Les propositions d’aménagements, de même que les institutions dont la mise en place est recommandée pour la mise en œuvre de la dimension sociale du développement – le Fonds d’aide à l’intégration sociale (FAIC) et le Médine Capital Venture Fund (MCVF) – sont les déclinaisons du concept clé d’intégration socio-spatiale.

Lors de son allocution, le CEO de Médine Sugar Estates a annoncé que le conseil d’administration a voté pour les deux prochaines années, une somme de Rs 100 millions pour les projets sociaux qui vont traduire dans les faits la philosophie d’intégration socio spatiale dans les deux prochaines années. Ces projets sont le lancement du FAIC, la mise en place du MCVF, la création d’une bibliothèque multimédia, la création d’un centre de forma-tion, et l’aménagement d’un marché à Bambous. Médine Sugar Estates va aussi, pour les deux prochaines années, donner des terres pour la construction d’infrastructures scolaires.

Pierre Doger de Spéville insiste que la mise en œuvre du plan directeur repose sur un autre concept clé, qui est celui du partenariat, avec tous les autres stakeholders, de l’État aux forces vives en passant par les autres opérateurs locaux, régionaux et nationaux, les collectivités locales, entre autres.

« Voir loin et regarder près » : – la devise du plan directeur – est une approche fort louable qui a justement fait défaut jusqu’ici…

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