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L?île Maurice des dodos inspectée

6 août 2007, 20:00

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Reconstituer les morceaux disparus de la nature de notre pays, ceux qui ont formé le puzzle où a évolué le dodo. C?est une des missions du Dodo Research Programme, une équipe d?experts qui a commencé hier de nouvelles fouilles sur le site de Mare-aux-Songes.?Il n?y a pratiquement plus de nature indigène ici. Elles ont été remplacées par des plantes exotiques, c?est-à-dire étrangères à l?écosystème de base?, révèle le paléontologue mauricien Anwar Janoo, membre de l?équipe dirigée par le Hollandais Kenneth Rijsvijk. Cette équipe, une cinquantaine de savants et autres compétences tant locales que hollandaises et anglaises, est notamment sponsorisée par la World Wildlife Fund. Pour parvenir à reconstituer une partie de l?habitat du dodo, différentes autorités sont appelées à contribuer : l?étude du pollen conservé par la terre peut en dire long sur le régime alimentaire de l?oiseau. Si l?on veut retrouver un maximum d?informations sur l?univers du dodo, il convient de conduire des fouilles en remuant ou déplaçant les éléments le moins possible. Ce qui n?a pu être évité lors de l?utilisation d?un bulldozer auparavant.

?Nous tâchons, avec l?aide de Perry, d?assécher un périmètre d?environ quatre mètres carrés, isolé par des feuilles de tôle, en pompant l?eau?, indique Anwar Janoo. Le système mis en place (depuis samedi), les travaux peuvent se dérouler patiemment en terrain sec et les différentes strates mises au jour. ?C?est une mine de renseignements : ils indiquent quels types de sédiments ? sable, noue ? ont prévalu au temps du dodo.?

Le temps du dodo vivant s?est achevé aux alentours des années 1690. ?On accuse un peu vite les seuls Hollandais. En vérité, une foule de facteurs a prévalu à la disparition de l?animal.? Les Portuguais auraient aussi, lors de leur passage, décimé une partie de la population de cet animal. Des esclaves marrons sous l?occupation hollandaise en auraient également consommé. ?Des restes trouvés en hauteur à Baie-du-Cap, où l?animal n?aurait pas eu accès de lui-même, l?établissent. N?ayant pas de bétail, les esclaves se sont aussi nourris de poules rouges.? Peu farouche, l?animal manifestait une curiosité qui lui a été fatale. Mais les dodos sont aussi morts de l?introduction d?espèces animales qui sont venues rompre son cycle de reproduction. Les fouilles à Mare-aux-Songes bénéficient du soutien logistique de Mon-Trésor and Mon-Désert Ltd. Déjà, certains n?hésitent pas à évoquer la possibilité d?élever le site, le plus riche et le plus jeune cimetière fossile du monde (avec des restes datés de moins de 5 000 ans), au rang de Patrimoine mondial.

Parallèlement, deux professionnels égyptiens, les docteurs Faleh Fathe et Hala Barakat, tous deux de la CULNAT (Centre alexandrin spécialisé dans la documentation culturelle et le patrimoine), sont arrivés hier dans le cadre de la numérisation prochaine de la galerie du dodo au musée de Port-Louis. C?est ce que nous a indiqué Gorah Beebeejaun, président du Mauritius Museum Council.

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