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Lévé voyaz ar li !

22 juillet 2006, 00:00

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Il s?avance. Sa longue et frêle silhouette déclenche un tonnerre d?applaudissements. Entre ses mains noires, sa ravanne, le symbole de tous ses combats, de toutes ses poésies, de tous ses rythmes. Quelques nuances de blues, sa voix qui s?élève, sa ravanne qui bat son rythme, et Menwar prend déjà toute la scène. Il égrène sa malancolie, sa nostalgie, sa foi. « Piti mo piti O? » Et le spectacle s?emballe.

Déjà. Aucun instrument autre que cette ravanne. Ce tambour battant, ses battements de c?ur. Les guitares se mêlent ensuite au chant du c?ur. Les notes de la guitare acoustique rehaussent le tout. La guitare basse joue ensuite sur les graves. La magie naît, captive. « Lévé voyaz ar nou ! Ca mem son sagaï. » Les corps balancent. L?Afrique se déhanche. A l?unisson de la ferveur qui emplit la salle, le public, venu en foule, hurle sa joie. Le continent noir s?étourdit de la frénésie du rythme. On vibre tous dans une rythmique serrée où les sons, recherchés et appuyés, au moyen d?instruments inventés et réinventés, sont totalement inédits.

Menwar, artisan du son, invente sa musique, la partage, la distille, la communique. Menwar Lelou ne joue pas sur les mêmes tableaux que d?autres artistes. Il est un être à part. Pris dans la fougue de son art, il bondit, virevolte. Les planches du vieux Théâtre de la capitale n?ont jamais autant résonné. Dans sa main, un clavecin miniature sur lequel pianote ses longs doigts. Derrière, le corps de percussions se déchaînent. Les dreadlocks de Menwar jusqu?ici relevés, se défont un à un.

Le bruit de la mer s?élève, le flux et le reflux des vagues simule la marée montante. Le spectacle est à son apogée. La voix chaude et vibrante de Menwar partie conquérir le monde, devient lumineuse. Cette machine à groove, qui marie à la fois le séga et toutes ses influences, se pose et s?installe. Le public en redemande. Les pulsions irrésistibles restent en mémoire. Et Menwar disparaît sur le côté de la scène. Du grand art, distillé dans toutes les règles de l?art. C?est cela, l?esprit sagaï.

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