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L?épopée des Afro-américains

21 février 2005, 00:00

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La nomination de Condoleezza Rice, une Afro-américaine au poste de secrétaire d?Etat dans le gouvernement de George. W. Bush, fait d?elle une des femmes les plus puissantes au monde. Cette nomination est remarquable quand on sait qu?elle est originaire d?Alabama où hier encore, le droit à l?éducation était dénié aux enfants noirs, descendants directs des esclaves africains, venus de force dans le cadre de la traite servile outre-Atlantique qui s?étendit de 1451 à 1870.

Alors que lors de la célébration de l?abolition de l?esclavage à Maurice, nous nous accordons un instant de réflexion sur ce que fut le régime servile et le sort peu enviable de nos concitoyens, victimes des tares et des séquelles de l?esclavage, faisons état du chemin parcouru par les Afro-américains qui ont été embarqués de force à bord de négriers à destination du Nouveau Monde pour suppléer à une main-d??uvre défaillante des Amérindiens dit ?Peau Rouge.? Ils travailleraient dans les plantations de tabac, de coton et de canne à sucre.

Si les Mascareignes ont connu un peuplement tout au plus de 180 000 esclaves, s?étendant de la période 1723-1827, la traite outre-Atlantique a été porteuse d?environs 14 000 000 d?individus comme le démontre le tableau :

D?autres sources estiment que pas plus de 12 000 000 d?esclaves ont fait le voyage entre 1480 ?1900. Les premiers esclaves débarquèrent en Amérique du Nord en 1609, plus précisément dans l?Etat de Virginie. En 1785, la Caroline du Sud possédait plus de 45 000 esclaves.

La main-d??uvre en provenance d?Afrique fut considérée plus apte pour le travail dans les champs. Les esclaves issus du peuple bantou sont plus civilisés que nombre d?Indiens. Alors qu?Aztèques et Incas sont à l?âge du bronze, les Africains travaillent le fer. Les Amérindiens sont nomades alors que les Africains sont sédentaires.

Malgré l?étendue du continent Nord américain, il n?y avait pas plus de 1 500 000 Indigènes. La population d?Amérindiens en Amérique Centrale et en Amérique du Sud était estimée à 35 millions avant la venue des Européens.

Vu les difficultés rencontrées pour sédentariser ces derniers, le Pape Urbain V11 devait, en 1639, émettre un ordre (bulle) interdisant que l?on réduise à l?esclavage le peuple indigène d?Amérique. La traite outre-Atlantique reprit force et vigueur.

Dans le Nord, des colonies américaines ne dépendent pas de la main-d??uvre servile pour mener à bien leurs activités, (cette région est engagée dans l?élevage, l?industrie et le commerce). La population noire ne dépasse guère les 300 000 individus.

Les Etats du sud dépendaient grandement des esclaves dans les plantations de coton, de canne à sucre, de maïs et de tabac, lesquelles représentent le pilier de leur économie. En 1860, il y avait environ 347 000 petits cultivateurs blancs qui dépendaient d?une population servile, estimée 3 500 000.

Quelle était la condition des esclaves dans ces colonies d?Amérique ? Pour les historiens, leur sort était peu enviable par rapport à leurs congénères dans les colonies latino-américains. Selon Frank Tennebaum, auteur du livre The Negro in the Americas, le préjugé envers le Noir fut horrifiant et fut semblable aux mêmes traitements infligeaient aux Noirs dans les colonies françaises et britanniques. L?Amérique anglo-saxonne est hostile au mélange des races alors que l?Amérique latine tolère le métissage

I F Tennenbaum écrit : ?The adventure of the Negro in the new world has been structured differently in the United States than in the other parts of this hemisphere. In spite of his adaptability, his willingness and his competence, (?), he is excluded and denied. A barrier has been drawn against the Negro. This barrier has never been completely effective but it has served to deny to him the very things that are of great value amongst us ? equality of opportunity for growth and development as a man amongst men.? L?auteur ajoute : ?The shadow of slavery is still casts on us and we behave towards the Negro as if the imputation of slavery had something of a slave by nature in it. Emancipation may have legally freed the Negro but it failed morally to free the white man and by that failure, it denied to the Negro the moral status requisite for effective legal.?

Société matriarcale

Ce préjugé de race s?explique par le fait que durant trois siècles, les droits les plus élémentaires leur fut dénier. Considérés comme sous-humains et sans défense, inférieur à l?homme blanc dans tous les domaines, une série de lois des plus invraisemblables fut promulguée pour bien les différencier de l?homme blanc. En absence d?un projet de loi fédérale pour réglementer l?activité de l?homme esclave, chaque Etat avait sa propre loi.

Mais ces lois et autres règlements avaient d?étranges similarités avec les lois existantes dans les colonies françaises et britanniques en vigueur dans les Caraïbes et aux Mascareignes, toutes inspirées du Code Noir dit Code Colbert de 1685.

Comme nos congénères, ils étaient assimiler aux mobiliers comme le démontre bien cette annonce : ?Negros on sale. A negro women, 24 years of age and her two children, one eight and the other three years old. Said Negroes will be sold separately or together as desired. The woman is a good seamstress. She will be sold low for cash or exchanged for groceries.?

Tout comme à Maurice, l?esclave ne pouvait rien posséder en son nom. En Caroline du Sud, il était même défendu à un esclave de posséder des animaux de basse-cour.

La société servile était matriarcale. L?enfant esclave s?identifiait plus à son maître qu?à son père. L?essence même de la vie de famille était inexistante. L?esclave n?ayant pas de statut légal ne pouvait témoigner en cour contre son maître ou tout autre agresseur blanc.

Les punitions pour désertion pouvaient être sanctionnées en cas de récidive par la mort. La moindre incartade était punie par le fouet.

COLONIE NOMBRE D?ESCLAVES

Américaines 3 953 742

Espagnoles 1 087 000

Antilles britanniques 2 443 000

Françaises 1 655 000

Portugaises 4 190 000

Hollandaises 500 000

Europe 300 000

Total 14 128 742

(1re partie)

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