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L?émission de télé-réalité était un canular
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L?émission de télé-réalité était un canular
L?émission de télé-réalité néerlandaise controversée, où des candidats à une greffe du rein étaient censés persuader une femme atteinte d?un cancer de leur donner ses reins après sa mort, s?est avérée en fait être un énorme canular.
Identifiée sous le nom de Lisa, 37 ans, la ?malade? en phase terminale était en fait une actrice. Les trois demandeurs de rein étaient en revanche réels, mais ils savaient à l?avance qu?il s?agissait d?un canular et ont accepté de jouer le jeu.
L?imposture a été révélée vendredi soir par le présentateur dans les toutes dernières minutes de l?émission, intitulée The Big Donorshow.
?La vie réelle est pour eux bien amère?, a noté le présentateur en désignant les trois demandeurs de rein après avoir révélé le canular, au moment où Lisa allait annoncer lequel des trois elle sauvait.
Le principe de l?émission, coproduite par Endémol, le producteur de Big Brother et programmée sur la chaîne publique BNN pour sensibiliser les téléspectateurs au sujet de la pénurie de donneurs d?organes dans le royaume, avait été condamné par le Premier ministre nééerlandais, Peter Balkenende, ainsi qu?à travers le monde.
?On ne peut faire qu?une fois ce genre d?émission?, a dit Paul Roemer, directeur d?Endemol Pays-Bas. ?Pour moi, elle a marché. Ce soir, nous avons eu 12 000 demandes de cartes de donneur.?
Le ministre de l?Education, Ronald Plasterk, biologiste moléculaire de formation et ancien directeur de l?Institut néerlandais du cancer, s?est quant à lui félicité que l?émission se soit révélée être ?un canular fantastique? et une façon intelligente, selon lui, de sensibiliser l?opinion publique à la question du manque de donneurs d?organes.
?Ce n?est pas la bonne façon d?obtenir davantage de donneurs?, a cependant déclaré Kuik Bas, porte-parole du ministère de la Santé.
Les Pays-Bas sont un des pays européens où la pratique du don d?organe est la moins répandue. Quelque 40 000 patients attendent une greffe dans les 27 pays de l?UE.
Cette émission devrait entraîner un débat passionné entre ceux qui considère que la télé-réalité est allée trop loin et ceux qui pensent que la publicité que l?émission a générée pour la cause du don d?organes en valait la peine.
Les producteurs de l?émission ont présenté leurs excuses aux téléspectateurs et exprimé le souhait que le scandale suscité par l?émission se transforme en révolte contre la pénurie des donneurs.
Les téléspectateurs néérlandais étaient, quant à eux, priés de donner leur avis par SMS tout au long de l?émission, qui a duré une heure et vingt minutes et a débuté à 18h30 GMT.
?Comme si j?étais Dieu?
Au début du programme, on a vu Lisa, censée être atteinte d?une tumeur au cerveau, sélectionner trois candidats parmi 25 demandeurs ayant le même groupe sanguin qu?elle. ?C?est comme si j?étais Dieu?, a-t-elle dit, visiblement stressée.
La toute fin d?émission a été marquée par un coup de théâtre lorsque le présentateur a affirmé qu?il s?agissait en réalité d?une comédienne en parfaite santé.
Cette annonce a été accueillie par la stupéfaction dans le public. Mais les éclats de rire ont vite eclipsé le silence, tandis que des clips de condamnation étaient diffusés.
Avant l?émission, l?Union néerlandaise des transplantations avait confirmé qu?aucun de ses sept centres de greffe rénale du pays ne procéderait à l?opération après l?émission.
Dès l?annonce de sa diffusion, ce nouveau concept d?émission de télé-réalité avait suscité pourtant la polémique.
La semaine dernière, le gouvernement néerlandais avait estimé que l?émission était contraire à l?éthique tout en soulignant qu?il n?était pas en son pouvoir d?empêcher sa diffusion.
Les ambassades des Pays-Bas dans le monde avaient été inondées de plaintes.
La Commission européenne, qui a dévoilé mercredi une proposition de carte de donneur d?organe européenne pour lutter contre la pénurie, avait quant à elle dénoncé elle le ?mauvais goût? de l?émission.
La direction de BNN mettait en avant la prise de conscience que son émission pourrait susciter dans l?opinion publique sur le problème des greffes d?organe. La chaîne rappelait que son fondateur, Bart de Graaft, était mort d?insuffisance rénale il y a cinq ans en dépit de plusieurs transplantations.
D?après des statistiques européennes, 12 % seulement des Européens portent sur eux une carte de donneur d?organes quand une large majorité d?entre eux (56 %) sont favorables à des prélèvements post-mortem.
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