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L?élevage de moutons et de cabris rend un nouvel essor

16 juin 2008, 00:00

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L?élevage de moutons et de cabris voit de nouveaux horizons avec la crise alimentaire. Au lieu d?élever du bétail à des fins d?abattage, quatre sociétés, déjà en partenariat pour d?autres activités, ont décidé d?importer des moutons et des cabris pour la reproduction. Une première cargaison de 150 cabris et moutons arrivera dans une semaine d?Afrique du Sud.

Jusqu?ici, ces quatre sociétés, à savoir la Société de développement industriel et agricole Ltée (SODIA), qui est une filiale de la sucrerie Médine, Socovia Ltée, Cattleco Ltd et Agromaster Co. Ltd. limitaient leurs activités à l?importation du bétail destiné à l?abattage. Mais, avec les nouvelles opportunités qui se dessinent, elles vont diversifier leurs opérations dans l?importation des animaux.

Les élevages de moutons et de cabris ont périclité ces dernières années, principalement en raison des coûts d?opération. La consommation annuelle tourne autour de 4 500 à 5 500 tonnes alors que la production locale est de 300 tonnes. La majeure partie des besoins pour la consommation locale est donc importée.

<B>«Les conditions sont aujourd?hui propices»</B>

«Aujourd?hui, le prix du produit fini a beaucoup augmenté, qu?il s?agisse de viande bovine, caprine ou ovine. Cette situation devrait permettre d?assurer la rentabilité des exploitations. Auparavant, les coûts de production n?étaient pas compétitifs par rapport aux produits importés», estime Roland Nicolin, qui a été pendant longtemps responsable des élevages au sein de la sucrerie de Savannah.

«Il y a aussi aujourd?hui la disponibilité de terres marginales à faibles rendements sucriers qui peuvent être utilisées pour les pâturages, ajoute-t-il. Cela ne pouvait pas se faire dans le passé. Les conditions sont aujourd?hui plus propices pour la relance des élevages malgré le coût élevé des intrants.»

Optimiste également, Michel Sauzier, directeur de SODIA, souligne que l?importation de ces premières bêtes pour l?élevage et la reproduction se fera sur une base pilote. La relance sera un peu lente au départ en raison des infrastructures à mettre en place. «Si cette expérience donne les résultats escomptés, nous pourrons le faire sur une plus grande échelle. La hausse du fret provoquée par la flambée des prix des produits pétroliers devrait faciliter la relance», dit-il.

D?ailleurs, Ahmed Seerally, un des responsables de Socovia Ltée, fait ressortir que le transport des bêtes venant d?Afrique du Sud coûte environ Rs 6 millions, soit 211 500 dollars. S?ils viennent d?Australie, il faut compter Rs 9 millions. Le fret pour la prochaine cargaison de bêtes sud-africaines coûtera Rs 1,2 million aux importateurs.

«Le prix à l?achat augmente aussi. Car les éleveurs en Afrique du Sud achètent le maïs plus cher des pays d?Amérique du Sud. Surtout que le maïs est aujourd?hui utilisé de plus en plus pour la production d?éthanol.»

Azad Dookhit, directeur de Cattleco, ajoute : «Depuis deux semaines nous avons fait venir une trentaine de génisses, actuellement en quarantaine. Mais les acheteurs ne se précipitent pas. Il y a encore d?autres génisses qui arrivent. Les conditions de transport maritime des animaux sont aujourd?hui très strictes et il y a des normes internationales à respecter.»

D?ailleurs, une responsable de recherches en production animalière à l?Agricultural Research and Extension Unit du ministère de l?Agro-industrie fait ressortir que les éleveurs seront «empowered» pour l?élevage des animaux de reproduction. «Il y a un besoin d?importer des animaux de races supérieures pour améliorer le cheptel local. Nous souhaitons que les animaux importés aident à améliorer la race locale et à pallier le problème de manque d?animaux de reproduction sur le marché», dit-elle.

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