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L?élection présidentielle au Togo dimanche

23 avril 2005, 00:00

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lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

Le président par intérim du Togo a affirmé hier que l?élection présidentielle anticipée aurait lieu comme prévu dimanche, rejetant l?appel à un report lancé par son ministre de l?Intérieur, qui juge «suicidaire» la tenue d?un scrutin dans le contexte actuel de tensions. «Les forces de l?ordre et de la sécurité ont pris les mesures nécessaires pour que les élections présidentielles se déroulerant dans le calme et la sérénité», ajoute Abass Bonfoh dans un communiqué lu par son ministre de la Communication, Pitang Tchalla. «L?ordre public sera maintenu sans réserve», poursuit-il. Dans la nuit, le ministre de l?Intérieur, François Boko, avait plaidé pour un report de l?élection, estimant qu?il serait «suicidaire» d?organiser le scrutin à cette date eu égard aux tensions qui règnent dans le pays. «Il est impérieux que le président de la République prenne l?enjeu des risques réels qui se profilent à l?horizon en mettant fin à ce processus électoral suicidaire», avait déclaré le ministre lors d?une conférence de presse convoquée en pleine nuit à Lomé.

Abass Bonfoh, qui assure l?intérim en sa qualité de président de l?Assemblée nationale, a annoncé en outre qu?il avait décidé «face aux risques graves d?une interruption du processus» de remanier son gouvernement et de se séparer notamment de François Boko. «Le ministre de l?Intérieur sera changé», a-t-il dit à la presse. Il a expliqué vouloir s?en tenir aux dispositions constitutionnelles, qui prévoient la tenue d?une élection anticipée dans les 60 jours suivant le décès du président.

Après la mort, le 5 février, du général-président Gnassingbé Eyadéma, au pouvoir sans interruption pendant 38 ans, et la tentative avortée de l?armée de nommer l?un de ses fils, Faure, à sa succession, les autorités togolaises ont annoncé sous la pression internationale la tenue d?une élection présidentielle anticipée le 24 avril. Mais la campagne électorale s?est déroulée dans un climat tendu. Samedi, au moins sept personnes ont été tuées selon les médias dans des accrochages entre partisans de différentes formations à Lomé. «Les passions sont exacerbées et la campagne électorale a été émaillée de violences jamais rencontrées dans l?histoire électorale de notre pays», expliquant dans la nuit le ministre de l?Intérieur, évoquant les «risques réels de dérapage sanglants de ce scrutin». François Boko demandait la mise en place d?un processus de transition politique d?un à deux ans, avec un Premier ministre tiré des rangs de l?opposition «pour réconcilier le pays».

John Zodzi Silvia Aloisi

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