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Légumes rares et chers

22 mars 2005, 00:00

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lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

<B>Certains légumes sont détruits à 80 %. Un comité étudie aujourd?hui des mesures pour s?approvisionner à l?étranger. Sans ensoleillement, la canne pourrait souffrir davantage.</B>

Sale temps pour l?agriculture. Les intempéries devraient persister jusqu?à vendredi, avec une accalmie aujourd?hui, annonce Sok Appadu, le directeur des services météorologiques. Cela ne va pas arranger les choses pour la canne à sucre et les légumes. Le temps donne des sueurs froides aux planteurs, mais également aux consommateurs qui voient les prix flamber.

Au niveau de la culture vivrière, la note est très salée. Un premier relevé effectué par l?Agricultural Research & Extension Unit (AREU) hier, montre que plusieurs légumes sont détruits de 50% à 80 %. Ramesh Rajkumar, un des responsables du dossier à l?AREU, affirme que la situation est grave pour les haricots verts, la laitue, les brèdes, les carottes. Il en est de même pour la pomme d?amour, dont le prix pourrait atteindre Rs 120 le demi-kilo dans les jours qui viennent. D?autres légumes, tels les calebasses, chouchous, choux, concombres, pâtissons, giraumons, sont affectés de 30 % à 40 %. Les lalos et aubergines sont les moins touchés et sont facilement disponibles.

L?AREU estime que si le temps s?améliore d?ici quelques jours, il faudra attendre au moins quatre à six semaines pour un retour à la normale.

Les planteurs et maraîchers affirment que les prix vont augmenter de plus de 50 % pour de nombreux légumes, soit Rs 20 à Rs 25 le demi-kilo. L?AREU n?est pas du même avis. Ramesh Rajkumar estime que les prix des légumes devraient coûter au moins 20 % de plus, sauf pour la pomme d?amour qui pourrait être plus chère que prévu.

L?importation de certains légumes a été évoquée hier, à l?Hôtel du gouvernement. Aujourd?hui, une réunion présidée par Nando Bodha, ministre de l?Agriculture, doit passer en revue la situation dans le secteur agricole et annoncer les mesures nécessaires pour les planteurs et les consommateurs. Certains légumes comme les carottes, les choux et la laitue, pourraient être importés d?Inde, d?Australie, ou d?Afrique du Sud. Le problème est le prix. Ces produits devraient coûter cher et ne seraient pas à la portée de tout le monde.

Il est hors de question d?importer la pomme d?amour pour des raisons phytosanitaires. Cela pourrait transmettre certains parasites à d?autres plantes, estime l?AREU.

Érosion des terres saturées d?eau

La pomme de terre demeure le légume le plus prisé, en raison de son prix peu élevé, moins de Rs 9 le demi-kilo. L?Agricultural Marketing Board a indiqué à l?express que le pays détient un stock suffisant pour subvenir à la demande. Le secteur privé a même obtenu un quota d?importation de 3 000 tonnes de ce féculent.

La canne elle aussi souffre. Le dernier relevé effectué par le Mauritius Sugar Industry Research Institute hier, note des accumulations d?eau dans des champs de canne mal drainés. Les fortes précipitations, souligne le Dr Jean- Claude Autrey, directeur du MSIRI, ont également entraîné une certaine érosion des terres en pente qui étaient déjà très humides, voire saturées par endroits.

Il a expliqué qu?avec un manque d?ensoleillement prolongé, ces conditions pourraient ralentir la croissance de la canne. Pour un retour à la normale, un temps sec et ensoleillé pendant 7 à 10 jours est nécessaire.

<I>Voir aussi:</I> Une île détrempée

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