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L?éducation supérieure redessinée
Sous les feux des projecteurs lors de cette dernière séance parlementaire, l?éducation supérieure. Deux textes de loi importants ont été votés hier avec amendements. L?Open University Bill et l?Education & Training (miscellaneous provisions) Bill revoient l?encadrement du secteur pour le rendre plus investor-friendly. Et permettre la création d?une troisième université publique pour répondre à la demande croissante.
Car si le pays ambitionne de devenir un regional knowledge hub, il n?en est pas moins vrai que chaque année les portes de l?éducation supérieure restent désespérément closes pour 3 000 des 5 500 jeunes diplômés du Higher School Certificate (HSC) pour différentes raisons.
En attendant, d?ici 2009; les estimations les plus conservatrices estiment que 8 500 jeunes termineront leur cycle secondaire avec un HSC en poche. Et aujourd?hui déjà, l?université de Maurice et l?université des Technologies sont saturées.
?Nous avons besoin d?une certaine flexibilité dans notre système éducatif?, explique le ministre de l?Education Steven Obeegadoo qui présentait les deux textes hier. L?Open University, mise sur pied en suivant le parcours du Mauritius College of the Air, offrira une alternative bon marché à ceux qui ne peuvent ou ne veulent pas accéder à la filière tertiaire ?classique?.
Cette troisième université publique permettra d?étudier à distance en utilisant tous les outils modernes, l?internet et l?audiovisuel, entre autres. La nouvelle université permettra également d?encadrer toutes les institutions qui offrent des cours à distance. Pour débuter, 300 étudiants seront probablement pris cette année et 4 000 d?ici cinq ans.
Le gouvernement aurait pu opter pour une université classique, mais pour plusieurs raisons dont le coût et la nature de la demande ont été déterminants. Cela permettrait notamment à l?étudiant de compléter son cours à son propre rythme alors qu?aujourd?hui, c?est impossible. Riche du succès d?autres universités de ce type en Inde, en Grande-Bretagne ou encore en Afrique du Sud, le ministre se montre très positif face à ce nouveau projet.
Le second projet de loi voté hier vient mettre de l?ordre dans l?éducation. Car le seul pan de la grande réforme de l?éducation resté quasi intouché est le tertiaire. Désormais, la Tertiairy Education Commission (TEC) s?occupera de tout ce qui concerne les universités publiques et privées. L?enregistrement de nouvelles universités privées et le suivi de leur qualité passeront désormais par elle. Une liste des institutions post-secondaires accréditées sera publiée annuellement.
?Knowledge hub?
La Mauritius Qualifications Authority (MQA) devient par là même plus flexible car auparavant, tout ce qui touche à la formation est placé sous l?égide de cette institution. Dans le passé, les rôles des différentes institutions étaient flous et pouvaient paralyser le développement du secteur.
Lors des débats, Pravind Jugnauth, vice-Premier ministre et ministre des Finances, s?en est pris à l?opposition qui était absente lors de la présentation des deux textes de loi. Cela leur a valu d?être qualifié de ?cancres?.
Le vice-Premier ministre est revenu sur le rôle de Maurice en tant que knowledge hub. C?est d?ailleurs pour cette raison que le budget présenté il y a deux semaines fait provision pour la mise sur pied d?un plan pour attirer des universités étrangères de renom. Paul Bérenger a également plaidé dans ce sens.
Actuellement, 20,4 % des jeunes détenteurs d?un HSC et qui ont entre 18 et 25 ans se dirigent vers l?éducation supérieure contre 12,9% en 2000. La progression est donc plutôt intéressante mais malheureusement insuffisante pour répondre à l?ambition mauricienne.
Singapour et l?Australie, pour ne prendre que ces deux exemples, en sont à respectivement 45 et 65 %. ?Nous le devons au pays de faire mieux au niveau du taux d?inscription. Le savoir devient le facteur principal de production à travers le monde?, soutient Steven Obeegadoo.
Un point que soulève également Anil Gayan, ministre du Tourisme. ?Nous avons besoin de gens qualifiés pour soutenir nos nouvelles activités économiques. L?éducation est un élément central pour une économie basée sur les services. C?est le seul moyen de rendre les gens socialement mobiles?, dira-t-il lors de son allocution. D?autres députés dont Rajesh Bhowon, Françoise Labelle ou encore la ministre des Arts et de la Culture, Leela Devi Dookun-Luchoomun ont aussi pris la parole pour applaudir ces nouvelles dispositions de la loi.
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