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L?école allemande
Le football est un jeu très simple. Vingt-deux joueurs courent après un ballon et, à la fin, évidemment, c?est toujours l?Allemagne qui gagne?
En une phrase, devenue célèbre depuis, Gary Lineker avait tout résumé.
Ce soir de juin 1990, dans les couloirs du Stadio Delle Alpi de Turin, l?Angleterre, majestueuse et conquérante, avait perdu, face à l?impitoyable Mannschaft, une demi-finale de Coupe du monde qu?elle aurait certainement gagnée si seulement elle avait eu la chance d?être tombée sur un autre adversaire.
Avant les Anglais, les Hongrois de 1954, les Hollandais de 1974 et les Français de 1982 ont longtemps nourri, vis-à-vis du onze germanique, le même sentiment d?injustice, de révolte. Vous savez, cette terrible impression d?avoir mieux joué, d?avoir fait le plus dur, d?avoir amplement mérité la victoire, mais d?avoir, malgré tout, et de façon parfois inexplicable, perdu la bataille.
Davantage que pour la qualité de leur football, les Allemands, et c?est un secret de polichinelle, sont surtout réputés pour leur combativité à toute épreuve, leur abnégation.
Et l?héritage a été savamment transmis de générations en générations. Il y a eu la bande à Fritz Walker, la bande à Franz Beckenbaueur, la bande à Karl-Heinze Rummenige, la bande à Lothar Matthaüs et maintenant la bande à Michael Ballack.
Ce soir, dans l?Allianz Arena de Munich, la Mannschaft jouera, devant son public, pour une place dans le grand huit du Mondial 2006. Son Mondial.
Et il est fort à parier, face à un adversaire suédois autrement plus crédible et plus menaçant qu?on veut bien le croire, que la jeune sélection dirigée par Jürgen Klinsmann s?inspirera de ses glorieuses devancières pour gagner son périlleux pari.
Mais une donnée a toutefois changé. L?Allemagne cuvée 2006 est moins calculatrice, plus humaine. On a eu l?occasion de s?en apercevoir face au Costa Rica, face à la Pologne et face à l?Équateur.
Rassurée par Jens Lehmann, relancée par Phillip Lahm, inspirée par Michael Ballack, sublimée parfois par Miroslav Klose, cette Allemagne-là est étonnamment joueuse.
Reste maintenant à savoir si la Suède ne lui coupera pas l?herbe sous les pieds.
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