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Koïshiro Matsuura : ?Les cultures sont inextricablement mêlées?

17 février 2004, 20:00

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ACCOMPLIR un difficile mais nécessaire travail de mémoire, c?est à quoi tend la proclamation de 2004 comme ?année internationale de commémoration de la lutte contre l?esclavage et de son abolition?. Koïchiro Mat-suura, directeur général de l?Unesco en visite à Maurice pour l?occasion, a procédé au lancement hier soir au Sir Harilal-Vaghjee Hall. Etaient notamment présents Paul Bérenger et les ministres des Arts et de la Culture de Madagascar, du Mozambique, des Seychelles et de Zanzibar.

Pour le directeur de l?Unesco, il s?agit de rappeler au monde qu?il n?existe aucune civilisation qui n?ait été enrichie par le contact et l?échange durant la période de l?esclavage. ?Nous poursuivons un travail de longue haleine en ce sens depuis des décennies.? Selon lui, le travail de l?organisation est de mettre en avant que les cultures et les civilisations sont inextricablement mêlés. ?C?est absurde de vouloir les hiérarchiser ou les opposer. Le projet La route de l?esclave, lancé par l?Unesco, veut mettre en lumière les conséquences de ces interactions que ces rencontres forcées ont générées entre les peuples.?

Il souhaite que Maurice soit signataire de la convention pour la sauvegarde du patrimoine culturel im-matériel. ?Cette convention comble un vide majeur dans l?arsenal juridique de protection du patrimoine culturel.?

Cette commémoration, a dit Motee Ramdass, est un signal fort au monde. ?Le chemin vers la liberté a été éprouvant. L?occasion est donnée d?hono-rer ce devoir de mémoire.? Il rappele que Maurice a approché l?Unesco pour que la montagne du Morne et l?Aapravasi Ghat figurent sur la liste du patrimoine mondial de l?humanité et sur la route de l?esclave. ?C?est un projet fédérateur mais il nous reste encore un long chemin à parcourir.?

Le Premier ministre poursuit : ?Tout est mis en ?uvre pour protéger le lieu de mémoire qu?est la montagne du Morne. J?ai déjà parlé de l?histoire de l?esclavage à Maurice comme d?une succession de trous de mémoire, mais qu?on a comblés depuis. Beaucoup a été fait pour que notre pays puisse remplir son devoir de mémoire auprès des victimes de l?esclavage.? Avec pour preuve le 1er février, date de l?abolition à Maurice, décrété congé public.

Evoquant le travail abattu par le Centre Nelson-Mandela, Paul Bérenger assure que tous les moyens seront mis à sa disposition pour qu?il puisse ?accomplir pleinement sa mission?. Il a ensuite procédé au dévoilement d?une plaque commémorative.

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