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Khushboo-E-Ghazal trouver les voix de l?amour

4 décembre 2004, 00:00

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Dès notre entrée dans le studio, nous voici projetés dans un décor des mille et une nuits. A gauche, le groupe de musiciens, Bahaar-E-Mowsiqui, discute entre eux. En même temps, un homme recouvre les chaises en plastique d?un fourreau blanc. Les candidats viennent tour à tour répéter leur morceau. Ils ont déjà répété hors studio avec les musiciens. Ces derniers ont ainsi pu apprendre les différents airs. Le calme et l?ordre règnent sur le plateau. Chacun sait à quel moment il passe et ainsi, il n?y a aucun cafouillage. Le fait de ne pas être accompagnés de leurs propres musiciens contribue aussi à maintenir l?ordre.

Suren Raghoo, réalisateur de l?émission, est concentré. Il s?assure que tout est en place. Avec le décorateur, Patrick Beesoon, il discute de certains changements qu?il voudrait apporter à l?ensemble. L?homme est méticuleux. Avec un décor oriental digne d?une scène d?Aladdin, le studio A est transformé.

A gauche, les musiciens sont installés devant un panneau aux couleurs multicolore. Au milieu du plateau, de cercles parsemés de confettis qui ont au centre deux surai en cuivre, sorte de grande carafe avec lesquels on servait autrefois les rois. Une fontaine laisse s?écouler l?eau dans un doux murmure. A droite du plateau, le candidat s?installe devant des colonnes sur un coussin couleur or entouré de trois traversins.

Lorsqu?il a été contacté pour s?occuper du décor de cette émission, Patrick Beesoon s?est tout d?abord entretenu avec le réalisateur.

«J?ai essayé de l?imaginer après en avoir discuté avec Suren Raghoo. Il m?a dit un peu ce qu?il voulait car le décor d?une émission de ghazal n?est pas le même que celui d?une autre émission de musique orientale. J?ai fait une maquette par la suite», explique-t-il. Alors que les décors sont, en général, créés en deux semaines, il a fallu trois semaines pour celui-ci.

Cela s?explique par le fait qu?il y a en ce moment une forte demande car de nombreuses émissions se font en même temps.

Patrick Beesoon et Suren Raghoo se sont régulièrement entretenus lors de l?enregistrement, signe que quelques changements sont à prévoir. Lors d?un précédent entretien avec lui, le réalisateur nous avait d?ailleurs déclaré qu?il comptait apporter certaines améliorations notamment au décor au fond du plateau. Indifférents aux discussions qui se font à voix basse, les candidats enchaînent les répétitions.

Alors que s?élèvent leurs voix, on ne peut que se laisser porter par le romantisme ambiant. Le ghazal est en effet de la poésie romantique chantée. La plupart des chanteurs de ghazal au début du vingtième siècle étaient des chanteurs de musique orientale classique. Mais contrairement à la musique classique qui est perçue aujourd?hui comme étant élitiste, le ghazal est devenu populaire à travers la hiérarchie sociale. Le lyrisme couplé à la voix des chanteurs de ghazal laisse une trace indélébile dans la tête de ceux qui l?écoutent. D?ailleurs, le ghazal est considéré par nombreux comme de l?art musical.

Toujours dans les premières décennies, le ghazal a aussi été le genre musical utilisé dans de nombreux films. Durant ces cinquante dernières années, le ghazal s?est décliné en plusieurs langues outre l?ourdou dont le punjabi, le marathi, le gujarati, le bengali, le pashtu et l?hindi. Cette compétition de ghazal a le mérite de faire découvrir à de nombreux Mauriciens cette délicieuse et envoûtante musique. D?autre part, ses participants sont d?excellents ambassadeurs de cet art musical. Choisis parmi plus de deux cent cinquante candidatures, à travers un casting, seulement quarante d?entre eux ont été choisis. Seulement dix d?entre eux seront sélectionnés pour la finale qui se tiendra le 26 décembre.

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