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Kher Jagatsingh se disqualifierait comme ministre de l?Education

7 juin 2004, 20:00

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Implacable est le verdict de plusieurs directeurs de collèges privés à l?égard de leur ministre de tutelle, Kher Jagatsingh. Ils l?estiment trop préoccupé par ses problèmes politiques et trop grossier pour faire un ministre de l?Education et de la Culture. Ils ne lui pardonnent pas d?avoir qualifié d??artificiels? leurs problèmes, d?autant plus que ceux-ci s?aggravent dans le temps. C?est du moins l?avis d'Ashok Roy du Mauritius College.

Claude Obeegadoo reproche à Jagatsingh de faire état de ?mauvaise gestion? des collèges privés alors que, en fait, il serait plus juste de parler de manque de moyens. Le gouvernement travailliste dépense annuellement Rs 5 700 par élève dans les collèges d?Etat, Rs 1 800 par élève dans les collèges confessionnels et seulement Rs 900 par an et par élève dans les collèges privés. Ce gouvernement prétendument socialiste favorise l?élite alors que la masse des élèves demeurent enfermés dans un système inique. Obeegadoo menace. Les collèges privés ont pu, à ce jour, contenir la colère de leurs élèves. Viendra le moment où ils ne pourront plus les empêcher de descendre dans la rue. Un nouveau Mai 1975 se prépare.

La situation est moins sombre du côté du tourisme. Le nombre d?arrivées augmente d?année en année, passant de 48 797 en 1972, à 67 994 en 1973, à 72 915 en 1974, 74 597 en 1975, à 92 651 en 1976, à 102 510 en 1977 et à 108 000 en 1978. De janvier à mars 1979, la hausse est de 17,51% (31 700 touristes au lieu de 26 975, soit 4 725 de plus). L?express attribue ces bons résultats aux campagnes touristiques et de rappels en Europe. Il cite, à cet effet, cinq pages consacrées à Maurice dans le magazine de mode Vogue.

La division de la gauche préoccupe Paul Bérenger. A propos de la prise du pouvoir, il note que MMM et les contestataires la veulent dans le respect de la légalité. Le MMMSP se montre plus évasif à ce sujet, sans doute par fidélité à la volonté initiale des révolutionnaires de ne pas passer par la voie électorale pour conquérir le pouvoir.

La deuxième façon d?analyser la division de la gauche concerne l?examen de la lutte des classes. Le MMM tient celle-ci pour une réalité première dans la société néo-coloniale et capitaliste mauricienne. La tendance Bizlall-Servansingh propose une stratégie de classes plus souple permettant une participation patriotique de certains capitalistes. Le MMMSP est du même avis, allant jusqu?à une participation conditionnelle de l?UDM et des contestataires. Les trotskistes sont d?un avis contraire, acceptant tout au plus une collaboration temporaire des petits planteurs. Les contestataires sont très évasifs à ce sujet, sinon ambigus.

La transition au socialisme doit respecter la légalité, le pluralisme et la liberté, selon le MMM. Des nuances existent au sein du parti quant au rythme des nationalisations. On chercherait en vain une telle clarté de la part du MMMSP et des contestataires.

En matière de politique étrangère, le MMM prône le neutralisme, rejette la caricature socialiste soviétique, condamne l?impérialisme soviétique à l?égard de l?Europe de l?Est et les relations mercantilistes de l?URSS et de la Chine à l?égard du tiers-monde. Le MMMSP s?aligne volontiers sur les positions de Pékin. Le MMM et le MMMSP condamnent ce qu?est devenu le PTr. Les contestataires n?ont pas encore abandonné la possibilité d?épurer ce parti de ses brebis galeuses. Le MMM demeure, bien sûr, allergique à l?impérialisme occidental et il n?est pas question, à l?époque, d?aucune ?chemistry? possible avec Washington.

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