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Kersley Bru vestige d?une culture oubliée
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Kersley Bru vestige d?une culture oubliée
Stade Maryse-Justin, samedi 26 mars. Alors que beaucoup sont là pour trouver leurs repères en marge de la saison qui s?annonce, Kerlsey Bru, 14 ans, est là pour tout autre chose. Il veut affoler le chrono sur 600 mètres. Il est fou !
Mais, c?est ce p?tit brin de folie qui révèle le génie? Il veut le record minimes de la distance, et il l?aura en 1:24.52. Plus de deux secondes de mieux que l?ancienne marque. Assistons-nous là, à la naissance d?une nouvelle étoile de l?athlétisme mauricien ? Seul l?avenir nous le dira? Mais une chose est sûre, Kersley Bru a, chez lui, un petit quelque chose, ce trait de caractère qui le différencie des autres. Rencontre?
Cette passion pour l?athlétisme, Kersley Bru l?a découverte il y a à peine deux ans et déjà il affiche son désir de la partager avec les autres. « J?aimerai que mon petit frère fasse également de l?athlétisme. Mais, il est encore trop jeune. Il se penche plutôt vers le foot. Et puis, il y a aussi ma petite s?ur de 3 ans. Ce serait bien qu?elle se dirige aussi vers l?athlétisme », lâche Kersley Bru, qui, tel un gamin qui aurait goûté à une friandise, voudrait partager son plaisir avec le monde.
Dans une vie, des gamins comme lui, on en rencontre que très peu. Et quand cette rencontre a lieu, on reste sans voix?
C?est sûr, on est dubitatif devant ce bonhomme de 14 ans. L?air fragile, un regard déterminé et une décontraction déconcertante. A lui seul, il est un paradoxe. Difficile, en effet, d?imaginer qu?un garçon aussi simple puisse être capable de tels exploits. Et pourtant, Kersley Bru est la promesse rare d?un don exceptionnel. C?est une claque dans notre vie, bien trop souvent pessimiste, qui nous réveille et surtout qui nous fait prendre conscience que rien n?est impossible.
<B>?Il faut croire en ses rêves?
Eh oui, dans cette atmosphère glauque qui règne au sein de l?athlétisme des jeunes aujourd?hui, Kerlsey Bru apporte une bouffée d?air frais.
Malgré ses 14 ans, ce p?tit gars de Tyack affiche une certaine maturité. Dans son regard, qui ne laisse certainement pas de marbre, on voit du vécu, une vie pas forcément facile, un courage et une combativité hors normes. Mais, ça c?est son jardin secret?
Et puis, il y a aussi un élément fort dans sa jeune vie d?athlète. Il porte le nom de Jacques Lebon, son entraîneur, qui semble être là depuis la nuit des temps. Des athlètes, il en a connus, il en a formés, et, aujourd?hui, il met sa maîtrise de l?athlétisme et son expérience de la vie au service de Kersley Bru.
Entre Kersley Bru et Jacques Lebon, il existe une relation forte, essentiellement basée sur la confiance et le respect.
« Jacques Lebon m?a donné le désir d?aller chercher l?impossible. Il a su me convaincre que croire dans des choses qui paraissent, a priori, impossible n?est pas ridicule. Il faut croire en ses rêves », confie Kersley Bru.
Comment rester insensible devant ce jeune athlète, qui réveille en nous la nostalgie d?une époque oubliée, d?un temps où l?athlétisme des jeunes avait cette hargne, ce charisme et ce sens du devoir ? Où la performance était la quête ultime !
Voilà donc comment Kersley Bru a été imprégné d?une culture que certains s?entêtent à tuer au grand dam de l?avenir de notre athlétisme. La trace de cette culture qui a fait de l?athlétisme des jeunes des années 90 une forteresse inébranlable, demeure Jacques Lebon ? l?un de ces hommes qui ont érigé le centre National de formation en athlétisme des années 90, le vrai? Et non cette pseudo structure qui existe aujourd?hui.
Kersley Bru, au-delà d?être un athlète doué, reste le vestige d?une culture oubliée que Jacques Lebon, tel un conservateur de musée, tente de sauver.
C?est une lueur d?espoir pour l?avenir de l?athlétisme mauricien qui a plus que jamais besoin des jeunes de cette trempe. Et pour avoir des jeunes de cette trempe, il faut impérativement avoir un encadrement qui reflète cette philosophie, non pas une structure fantôme?
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