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Kenya : les paysages de carte postale cèdent la place au chaos

3 janvier 2008, 20:00

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Les touristes qui arrivent sur la côte kenyane de l?océan Indien trouvent, en lieu et place de jolis étals de fruits et légumes, des pneus en feu, des bris de verre et autres signes des troubles qui affectent l?une des démocraties les plus stables d?Afrique.

A leur arrivée à l?aéroport international Moi de Mombasa, les touristes qui rêvaient d?admirer le coucher de soleil sur un estuaire bordé de palmiers sont escortés jusqu?à leurs hôtels par des policiers en armes.

Des coups de feu retentissent au loin tandis que d?épais nuages de fumée s?élèvent au dessus du port. «Je ne savais pas où je débarquais. Nous avons eu peur à l?aéroport, nous ne savions pas à quoi nous attendre», confie Katya Grineva, une pianiste russe vivant à New York.

Inquiète ? la manne du tourisme représente un apport annuel de 800 millions de dollars à l?économie kenyane ? la Fédération du Tourisme du Kenya a publié un communiqué exhortant la classe politique «à respecter la loi en réglant les différends électoraux d?une manière qui ne menace pas les importants acquis réalisés par l?économie».

Les visiteurs circulant le long de la côte éprouvent les plus grandes difficultés à faire le plein d?essence. «Je n?ai pas de carburant. Il n?y a pas d?argent à la banque. Je ne sais vraiment pas ce qui va se passer», dit un conducteur patientant devant un garage dans une file de 20 voitures.

Les expatriés venus passer les fêtes de fin d?année à Mombasa programment leur itinéraire de retour afin d?éviter les grandes villes. Ils vont plutôt traverser les réserves naturelles habituellement pleines de touristes.

Les pénuries de carburant ont aussi affecté Naivasha, dans la vallée du Rift, où les minibus utilisés pour les safaris sont immobilisés.

Seul dans sa station-service, Jack Kamamia explique que les propriétaires de camions- citernes craignent d?être pris dans les émeutes et que, pour le prochain ravitaillement, il faudra attendre que la paix revienne.

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